Greenwashing, le retour de bâton ?

2 janvier 2008

Greenwashing, le retour de bâton ?

Il n’y a pas qu’en France avec la campagne de l’Alliance pour la planète puis le Grenelle de l’environnement que le greenwashing déclenche de vives réactions. Le mouvement est devenu international. Non seulement les ONG, mais aussi les professionnels du marketing et même de lobbyistes se mobilisent. Sur le site www.worstlobby.eu qui désigne chaque année le pire lobbyiste de l’année auprès de l’Union Européenne, une nouvelle catégorie est apparue pour 2007 “le pire Eco-blanchiment de l’UE“, désignant entre autres les publicités “vertes“ d’Airbus et de Shell. Aux Etats-Unis, l’Enviromedia Greenwashing Index initié par Enviromedia Social marketing est le premier site d’éducation des consommateurs sur le greenwashing et de collecte d’exemples de greenwashing (mais aussi de bonnes pratiques) envoyés par les consommateurs. Ca chauffe là-bas, où le syndicat des travailleurs de l’acier (United SteelWorkers) accuse Dupont de

greenwashing ! La fameuse Federal Trade Commission s’y colle et veut réformer ses “Green Guides“. Au Canada TerraChoice Environmental Marketing a donné son verdict : sur 1018 produits de consommation utilisant un argument écologique, 99% sont coupables de greenwashing ! Six types de greenwashing sont répertoriés d’après les 1753 promesses environnementales déclinées sur ces produits : le camouflage, l’absence de preuve, l’imprécision (avec les adjectifs “naturels“, “sans produit chimique“ ou encore “eco-conscious“) ,et plus rare, la pratique de la non pertinence (affirmer “sans CFC“ alors que ce gaz est interdit), du mensonge… Le problème est de taille, 90% des participants à la Conférence des Nations Unis sur le réchauffement climatique de Bali estimaient que les entreprises pratiquent le greenwashing !
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Quel est le vrai problème du greenwashing ? C’est que comme le montre le sondage Ipsos BVP 2007, lorsque l’on demande aux Français s’ils croient un argument environnemental d’une publicité… 61 % répondent oui. Les négos post-Grenelle vont-elles régler le problème ? La réforme du BVP est en cours avec deux projets, la création d’une part d’un Conseil paritaire de la Publicité avec des ONG à bord qui aura pour mission de participer à l’élaboration des règles déontologiques, alerter et évaluer les pratiques du BVP, et de l’autre d’un Jury de l’Ethique Publicitaire chargé de traiter des plaintes. Le BVP a décidé de renforcer sa méthodologie
et son reporting. A suivre !
www.ecologo.org
www.greenwashingindex.com
Article publié dans 2050 numéro janvier-mars 2008

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