Archive for avril, 2016

18 avril 2016

Inauguration des acquisitions 2016 de la Collection Greenflex « art et développement durable »

La Collection Greenflex est la première collection dédiée à l’art contemporain et au développement durable.

Elle a été impulsée par les dirigeants de Greenflex, Frédéric Rodriguez et Elizabeth Pastere-Reiss et Alice Audouin (auteur de ce blog).

Le 7 avril 2016, les nouvelles acquisitions de la Collection ont été inaugurées.
Alice Audouin Conseil a été en charge de l’organisation du comité de sélection de ces acquisitions.

Cinq nouveaux artistes entrent dans la collection en 2016 :

PHOTOMisty City #2 (1)

Yang YONGLIANG

Phantom Landscape III, n°04 Misty City 2, 2007
27×120 cm, édition de 8

Inspiré par la culture ancestrale et le fameux Shanshui, ces paysages de montagnes calligraphiés par les plus grands artistes classiques chinois depuis plus d’un millénaire, Yang Yongliang crée de toute pièce un nouveau monde d’illusions, une vision entre rêve et cauchemar, à la fois futuriste et séculaire.
Utilisant la photographie, Yang Yongliang développe une approche critique de la réalité et vise à interroger les bouleversements dont il est témoin, en particulier l’expansion urbaine et son impact négatif sur l’environnement. Ainsi, l’imagerie urbaine contemporaine est omniprésente dans ses oeuvres.
Yang Yongliang bouscule notre conscience collective, questionnant nos problèmes économiques, environnementaux et sociaux, anticipant les effets dévastateurs de l’urbanisation sauvage et de l’industrialisation.

L’usage des longs rouleaux panoramiques, l’impression sur papier coton, l’apposition de sceaux classiques à l’encre rouge, le tout  composé en noir et blanc comme à l’encre de Chine, font de l’œuvre de Yang Yongliang le renouveau contemporain du shanshui.

 

mapping paradise

Elise Morin

Mapping Paradise

Création pour la Collection Greenflex, 2016.
Tickets de jeux agglomérés (partenariat avec la française des Jeux) et fraisage numérique

C’est un paradis sur terre, l’archipel polynésien des Tuvalu, qui est aussi l’une des premières victimes du réchauffement climatique, qui a inspiré l’artiste Elise Morin.
Son propos est de reconstituer l’île principale de cet archipel et d’alerter sur la diminution de sa surface due à la montée des eaux. Pour cela, elle utilise une matière inédite et métaphorique, les tickets-topos (des « tickets topographiques »). Ils sont composés de tickets de jeux périmés ou jetés, agglomérés via un processus de chimie verte mis au point par l’artiste, produisant une matière qui se sculpte comme le bois et dont les joints sont visibles à la manière d’une assiette de porcelaine brisée puis recollée.
Ce paysage tragi-comique évoque la « Pierre de Rêve » et la Renaissance qui exprimait ses utopies par des paysages.
Oeuvre à la fois d’alerte et de solution, étant elle-même une mise en application de l’économie circulaire, elle joue de l’effet d’optique. Au fur et à mesure que l’on s’approche, le paysage, son relief puis les fragments de jeux apparaissent, telles les traces d’un monde qui aurait laisser passer sa chance.

les sables retrouvés #2 vue2

Thomas Tronel-Gauthier

Les sables retrouvés #2, 2015

Photogravure sur granite noir d’Afrique. Pièce unique

Thomas Tronel-Gauthier développe une pratique protéiforme de la sculpture qui oscille entre l’objet et l’installation, interroge les matériaux et leur devenir.

Les sables retrouvées #2 est une gravure sur granite noir d’Afrique issue d’une photographie qui représente une empreinte laissée naturellement par l’écoulement des eaux usées de la ville du Havre sur sa plage. L’image se fait témoin de l’étroite coexistence d’un site naturel maritime avec une zone d’urbanisme très industrialisée. Le travail numérique sur la teinte et les textures, permet de simuler une minéralité proche de celle du granit, tendant à figer doublement par la photographie et l’ébauche de fossilisation, cet éphémère phénomène.

Thomas Tronel-Gauthier est un explorateur-voyageur qui traque, capture et retranscrit par le volume ou l’image, les origines, les mutations et les bouleversements des formes et des phénomènes naturels ou spontanés. Ses œuvres sont autant de liens tissés entre l’éphémère et le pérenne, pariant ainsi sur un monde qui ne perdra pas le fil de son histoire.

Abinitio3

Angèle Guerre

Ab initio, 2014

Trois dessins sur papier Artistico Fabriano 150g, scalpel et cutter, incisions sur papier

Les paysages que dessine Angèle Guerre ne sont pas inspirés du réel mais de son imaginaire alimenté par sa curiosité pour la géologie et la gravure ancienne. Ils ne sauraient dévoiler une roche, un arbre, une fleur ou une rivière, et pourtant leur forme organique reflète parfaitement le mouvement ininterrompu, chaotique et complexe de la vie.

Ab initio est une série de dessins sur papier dont la surface est sculptée au scalpel et au cutter. La lumière, rasante ou frontale, décide du paysage final qui, blanc sur blanc, n’a que l’ombre pour exister. Le maniement d’un outil rudimentaire et la lumière, en toute simplicité, suffisent à la création.

Banquise qui se détache, forêt assiégée, littoraux inviolés, l’imaginaire galope face à cette surface blanche qui fait saillir un relief comme en expansion.
Jaillissements d’une page nue, rupture d’un monde étal, Ab initio illustre le commencement de la vie et les forces géologiques qui la sous-tendent.

Angèle Guerre balafre la page pure pour révéler sa puissance cachée. Par la beauté de son résultat, elle dévoile l’immensité des possibles et invite à les explorer.

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Christophe Jacrot
Tokyo
Photographie, 2012

Christophe Jacrot aime photographier les grandes métropoles dans un contexte bien particulier : en période d’intempéries. Cette ligne directrice est née du hasard d’une commande contrariée, devoir réaliser des photographies de Paris sous le soleil lors d’un printemps qui n’a connu qu’averses. Course aux abris des habitants, beauté du béton mouillé : les richesses de la pluie se révélèrent alors aux yeux du photographe.
Christophe Jacrot crée une encyclopédie des mauvaises surprises du temps sur les grandes villes : Typhon à Hong Kong, pluie à Tokyo, tempête à New-York, etc. Mais il ne saurait jouer les Cassandre du dérèglement climatique, car ce n’est pas sous l’angle de la catastrophe qu’il veut raconter ces épisodes climatiques.

Christophe Jacrot vise davantage à démontrer leur force de distraction d’un quotidien uniformisé et minuté. L’imprévisibilité des assauts du ciel qui floutent et changent nos perceptions sont autant de déstabilisations esthétiques qui nous font voir et vivre le monde autrement. Et c’est une chance que le photographe nous aide à saisir.