Archive for janvier, 2008

24 janvier 2008

Quand la mode sociale et verte devient « hype »

Fini le style baba, la responsabilité est au design bobo. La France joue les pionnières ! Veja, NU, Article 23 donnent la tendance avec un sens aigu de l’environnement et du social… et de la mode actuelle. Mais avec A&K, on va encore plus loin. Le futur grand monsieur de la mode responsable sera incontestablement Chris Boston Ambraisse, le fondateur de A&K, responsable de l’association “mode et handicap“ et designer extrêmement talentueux. L’idée de ses vêtements ?
Pierre-Andre-Senizergues.-Un-ecologiste-freestyle
Donner un style aux handicapés et les non handicapés dans le même temps. Jouant des contraintes du handicap il crée un style qui ferait pâlir un designer japonais, ses vêtements sont d’une ingéniosité et d’une inventivité qui s’adaptent à tout. Le catalogue de K&A n’hésite pas montrer des mannequins sublimes en fauteuil roulant et donne une image toute différente du handicap. Et l’environnement fait également partie du projet ! Allez, on lui donne un coup de main pour la distribution !
Dans la même veine, il existe Habicap, une très belle initiative aussi. Aux Etats-Unis les spécialistes des vêtements pour la détente ou le sport font également figure de pionniers. Cette année, l’entreprise californienne American Apparel commencera à
utiliser du coton organique et local et favorisera ainsi une logique de circuit court moins énergivore. Dans cet Etat, le Sustainable Cotton Project promeut la culture du coton américaine avec moins de pesticides et compte sur la tendance de la mode vers l’organique. Toujours côte Ouest, Etnies, dirigée par le charismatique Pierre-André Senizergues (photo, ancien champion du monde de skate-board sensible à l’environnement, lance un nouvel étiquetage plus transparent des produits et le “SEED project“, une collection de vêtements responsables dont 1% du prix de vente finance des actions citoyennes.
Alice Audouin
Article publié dans  2050 N° janvier-mars 2008
16 janvier 2008

C’est au tour du citoyen

Selon les sondages, les citoyens des pays riches sont désormais tous concernés par le réchauffement climatique et souhaitent massivement acheter responsable. La force de l’intentionnalité d’achat vert fait la une des médias, même aux Etats-Unis où Tiller LLC affirme que 49% des américains ont une “green résolution“ pour la nouvelle année et que 31 % d’entre eux de sentent coupables vis- à-vis de l’environnement. Nuançons cette prophétie. La compensation carbone annoncée comme un vent de folie aux Etats-Unis n’a généré en fait que 91 millions de dollars en 2007, et même si elle quadruple d’ici 5 ans tel que le prédit Ecosystem Marketplace, elle restera encore en deçà du marché du peanut butter.
Carbon Dioxide
Pour le moment, le profil de l’éco-citoyen est loin d’être le “monsieur et madame tout le monde“ des sondages, selon l’IFEN le profil de notre consomm’acteur français est “trentenaire diplômé(e) sans enfant propriétaire de son logement
et de catégorie socio-professionnelle supérieure“ et “40-50 ans avec enfants habitant une maison individuelle“.
D’ailleurs, l’éco-citoyen est-il dans un pays riche ? L’étude internationale de HSBC “Climate Confidence Index“ montre que les citoyens qui affirment faire des efforts sont avant tout dans les pays en développement. Les derniers motivés sondés sont les Anglais, sans doute une expression de leur pessimisme, seulement 6% d’entre eux croient à la possibilité d’arrêter le réchauffement climatique, contre 45% des Indiens. Bref, tous les pays et tous les citoyens ne réaliseront pas l’oracle de l’eco-Delphes. Pour preuve ici en France, le détergent vert le plus génial ne dépasse pas 1% de parts de marché, même chose pour le commerce équitable. Alors que faire ?
Eco-étiquetage des produits ? TVA eco-variable ? Quotas individuels ? Marché carbone pour kids ? Au Japon, l’idée de départ de la campagne Team Minus 6% était bonne : donner une carte à tout citoyen s’engageant à diminuer ses émissions de CO2 au quotidien (slogan : 1 personne, 1 jour, 1 kg de CO2 en moins). Suite à quoi les commerçants se sont mis à remettre des avantages commerciaux pour les détenteurs de la carte. La lutte dans la tête du Japonais entre le neurone consommateur et le neurone citoyen a eu le mérite de démarrer.

Alice Audouin
Article publié dans la lettre 2050, numéro janvier-mars 2008

2 janvier 2008

Greenwashing, le retour de bâton ?

Il n’y a pas qu’en France avec la campagne de l’Alliance pour la planète puis le Grenelle de l’environnement que le greenwashing déclenche de vives réactions. Le mouvement est devenu international. Non seulement les ONG, mais aussi les professionnels du marketing et même de lobbyistes se mobilisent. Sur le site www.worstlobby.eu qui désigne chaque année le pire lobbyiste de l’année auprès de l’Union Européenne, une nouvelle catégorie est apparue pour 2007 “le pire Eco-blanchiment de l’UE“, désignant entre autres les publicités “vertes“ d’Airbus et de Shell. Aux Etats-Unis, l’Enviromedia Greenwashing Index initié par Enviromedia Social marketing est le premier site d’éducation des consommateurs sur le greenwashing et de collecte d’exemples de greenwashing (mais aussi de bonnes pratiques) envoyés par les consommateurs. Ca chauffe là-bas, où le syndicat des travailleurs de l’acier (United SteelWorkers) accuse Dupont de

greenwashing ! La fameuse Federal Trade Commission s’y colle et veut réformer ses “Green Guides“. Au Canada TerraChoice Environmental Marketing a donné son verdict : sur 1018 produits de consommation utilisant un argument écologique, 99% sont coupables de greenwashing ! Six types de greenwashing sont répertoriés d’après les 1753 promesses environnementales déclinées sur ces produits : le camouflage, l’absence de preuve, l’imprécision (avec les adjectifs “naturels“, “sans produit chimique“ ou encore “eco-conscious“) ,et plus rare, la pratique de la non pertinence (affirmer “sans CFC“ alors que ce gaz est interdit), du mensonge… Le problème est de taille, 90% des participants à la Conférence des Nations Unis sur le réchauffement climatique de Bali estimaient que les entreprises pratiquent le greenwashing !
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Quel est le vrai problème du greenwashing ? C’est que comme le montre le sondage Ipsos BVP 2007, lorsque l’on demande aux Français s’ils croient un argument environnemental d’une publicité… 61 % répondent oui. Les négos post-Grenelle vont-elles régler le problème ? La réforme du BVP est en cours avec deux projets, la création d’une part d’un Conseil paritaire de la Publicité avec des ONG à bord qui aura pour mission de participer à l’élaboration des règles déontologiques, alerter et évaluer les pratiques du BVP, et de l’autre d’un Jury de l’Ethique Publicitaire chargé de traiter des plaintes. Le BVP a décidé de renforcer sa méthodologie
et son reporting. A suivre !
www.ecologo.org
www.greenwashingindex.com
Article publié dans 2050 numéro janvier-mars 2008