Archive for novembre, 2007

20 novembre 2007

L’arbre, la vache et l’artiste contemporain

L’artiste contemporain a tendance à fuir la nature, sauf lorsqu’une très célèbre galerie s’y installe. La galerie italienne
Continua vient d’investir un 10 000 m2 en plein pays du Coulommiers, au moulin de Boissy-le-Châtel, ex- friche industrielle. L’installation de Chen Zhen illustrant la rencontre du bouddhisme et des déchets industriels, la Maserati recouverte de bouts de verre de Luca Pancrazzi, le monstre de papier mi-mammouth mi- critique viscérale des déchets papier de Pascale Marthine Tayou, y sont exposés à côté des bouses AOC.
Pendant ce temps là, au QG toscan de la Galerie, Gu Dexin, seul artiste chinois à s’inspirer des méthodes des agriculteurs français en colère, présente une œuvre sur les déchets organiques.
A Paris, la galerie Nuke expose actuellement les Blacks Palms de Douglas White. Sculptés dans les pneus de camions récupérés aux bords d’autoroutes amazoniennes, ses palmiers sont une ode sombre et odorante aux jungles primaires et au bas côté du fret routier.
Douglas-White--Black-Palm--2010
En octobre, la FIAC a également exhibé quelques poils de bêtes (des trophées « devant derrière » par Rodolphe Huguet), deux bicyclettes enlacées («Bicycles bound together» de Wilfried Preito, en face d’un stand où deux mini Porsche copulaient) et côté off (Bellevilloise) les œuvres d’Olivier Leroi ont rendu à la nature tout son humour et sa poésie.

Outre ces exceptions, la règle du marché de l’art est de rester froid devant la grande réconciliation nature-culture. Désenclaver l’art contemporain de ses géographies sociales, créer des oeuvres de Haute Qualité qui suggèrent aux rurbains que ça se passe aussi à côté de chez eux, exposer des artistes travaillant sur le thème de la nature, c’est pourtant tout simplement considérer l’artiste comme une partie prenante.

Artiste publié dans 2050, numéro novembre-décembre 2007