Archive for septembre, 2007

28 septembre 2007

Consommer responsable en ligne

Comment faire ses courses lorsqu’on est un consom’acteur qui n’a pas de point de vente approprié à proximité? Une solution est de les faire sur des sites spécialisés. Il existe plusieurs sites d’achats en ligne qui proposent une gamme de produits verts. 2050 vous propose sa sélection. Pour une première approche, des annuaires www.abcvert.fr, www. lemarchecitoyen.net (organisé par région, très utile et bien fait), www.consoglobe.co m

et www.eco- boutique.zlio.com (qui a en plus un comparateur) sont utiles.

A savoir : faire ses courses sur Internet divise par huit les émissions de gaz à effet de serre par rapport aux courses traditionnelles en supermarché (étude Estia pour Telemarket.fr). Tous les sites ci-dessous possèdent un paiement sécurisé et permettent l’identification facile de la société.
De plus tous proposent un droit de rétractation, pour la plupart dans un délai de 7 jours à compter de la livraison.

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Article publié dans 2050, numéro septembre-octobre 2007

18 septembre 2007

Interview de Max Kaiser, le financier révolutionnaire

Interview croisé inédit entre Stéphane Voisin, Head of Sustainable & Responsible Investment Cheuvreux, Credit Agricole et de Max Keiser, Fondateur de Karmabanque, organisé par Alice Audouin.

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A.A : Max et Stéphane, vous êtes des financiers et connaissez parfaitement les entreprises cotées sous l’angle du développement durable. Tout d’abord, quelle est votre réaction à la crise financière de cet été ?

S.V : Les crises sont des corrections quasi inévitables du marché, le risque le plus important de mon point de vue, c’est qu’elles ont tendance à restreindre la hiérarchie des priorités et que les enjeux de développement durable n’ont pas encore atteint un niveau tel qu’ils en sortiraient indemnes. Le danger, si cette crise s’aggravait, c’est que les investisseurs et les sociétés les passent par dessus bord pour sauver les meubles…

M.K.  : Les Allemands ont su créer de la fausse monnaie pendant la guerre et cela a beaucoup énervé les Anglais, où est la différence avec ces garanties reposant sur du vent, ce sont des faux titres ! Qui ont en plus été bien notés par les agences de rating ! C’est le monde à l’envers, alors que les financiers font de la magie avec zéro risque à court terme, les ONG continuent de penser que la place est imprenable. Les enjeux sociaux et environnementaux défendus par les ONG ont-ils leur place à la Bourse?
S.V. : Aujourd’hui les campagnes d’ONG n’ont pas d’influence sur le cours d’une entreprise cotée. Mais les enjeux sociaux et environnementaux pour lesquelles elles mènent ces campagnes commencent à influencer les entreprises et donc à terme le cours de bourse. Le changement climatique, la contrainte carbone ou encore les enjeux de santé publique
vont modifier la valeur des entreprises. L’ISR sert à évaluer précisément cela. Mon job consiste à conseiller de grands investisseurs institutionnels qui tiennent d’ores et déjà compte de ces critères-là dans leur propre politique d’investissement de long terme. Pour que des critères comptent sur un marché, il faut qu’ils comptent pour ceux qui y investissent.
M.K.  : Les ONG boudent les marchés donc ne peuvent l’influencer, elles ont tort, car le marché boursier est bien le seul lieu où les entreprises sont vulnérables. Les ONG visent le risque image de l’entreprise, mais seul le risque financier compte. Si les ONG lançaient un boycott des produits d’une entreprise cotée conduisant à une baisse de ses ventes et donc de son cours de bourse, cela ferait beaucoup de bien à la multinationale en question. Elle changerait ses habitudes pour reconquérir ses clients, rachèterait ses stocks ce qui lui éviterait de les investir ailleurs de façon irresponsable, bref, elle assainirait la situation. Et cette chute créerait un enrichissement énorme pour les ONG. Prenons Coca-Cola, c’est une entreprise très vulnérable car elle dépend directement de ses consommateurs, une baisse de 5% de ses ventes peut la déstabiliser financièrement. Elle est capitalisée 120 milliards. Une chute de 50% représente 60 milliards de dollars, or il ne faut que 40 milliards pour résoudre le problème de la faim dans le monde. Avec l’aide des hedge funds….
A.A. – L’aide des Hedge Funds ?!
M.K. – Pourquoi un hedge fund ne verrait-il pas son intérêt dans une action influençant le cours de bourse à la baisse ? Il devrait faire des partenariats avec les ONG ! Il est indifférent au fait que le cours monte ou descende, seul le profit compte.
A.A – Ca va Stéphane, tu ne t’es pas évanoui?

S.V :  C’est un scénario fascinant mais irréaliste selon moi. Cela étant l’évolution des comportements des

consommateurs est lente mais certaine, et impliquera de nouveaux critères d’achat. Je pense par exemple que cela jouera un rôle vis-à-vis des constructeurs automobiles. Il y a trois types majeurs d’influence sur les entreprises : règlementaire, sectoriel ou sociologique. Des trois c’est bien le dernier, celui des comportements qui est le plus radical.
A.A. : Quel est le réel pouvoir des ONG selon vous ?
S.V : Elles ont moins de pouvoir qu’un politique, qu’un scientifique de renom ou que le journal de 20 heures. Je crois plutôt à leur influence directe, comme la campagne des Amis de la Terre sur le secteur bancaire.
M.K. : Enorme à condition de lever deux obstacles, 1° l’absence de leader charismatique, il leur faut leur Martin Luther King capable d’entraîner les foules et 2° leur idéologie déconnectée du monde actuel, notamment du marché, alors qu’il est ouvert à l’action de tous. L’opinion influence le marché, pourquoi pas celle des ONG ? En attendant leurs comptes en banque alimentent le marché..
Interview publié dans 2050, numéro septembre-octobre 2007