Archive for septembre, 2006

19 septembre 2006

Cape Farewell: les artistes face au réchauffement climatique

Cape Farewell est une initiative anglaise invitant des artistes à constater in situ le réchauffement climatique. Créé par David Buckland, Cape Farewell a d’ores et déjà mené trois expéditions (2003, 2004, 2005) dans les eaux gelées du pôle Nord, avec à bord des artistes de renom international comme Antony Gormley, Rachel Whiteread, Siobhan Davies, Gary Hume, etc. Le but de la démarche est que les artistes prennent pleinement conscience du réchauffement climatique et des atteintes à la biodiversité et qu’ils transmettent ensuite au « grand public » leur expérience au travers de leur domaine d’expression (chorégraphie, musique, sculpture, poésie, peinture, installation…) Les oeuvres issues de ces voyages sont exposées Outre-manche (Natural History Musuem, Université d’Oxford…) et ont fait l’objet d’un reportage de la BBC. Leur beauté et leur diversité sont éloquentes, une peinture évoque les malformations génétiques des grands ours blancs dues à des intoxications chimiques, une chorégraphie s’inspire de la chute de la biodiversité à travers un jeu de tiges métalliques accrochées au corps, une sculpture en squelette de baleine étincelante de cristaux de sel illustre les déboires des grands mammifères marins, une nouvelle île née de la fonte des glaces fait l’objet d’une installation par un artiste qui s’en déclare propriétaire.

 

capefarewellŒuvre de David Buckland

Au moment où le réchauffement climatique est présent dans les médias à la façon d’une information alarmiste et scientifique, la présence de l’émotion et de l’imaginaire montre la limite de notre façon de prendre le problème, par la technique et non par l’art. Pourtant, si les écrivains, les scénaristes, les peintres, les photographes, les humoristes, les chorégraphes, les musiciens assimilaient ce thème et le déclinaient dans leur espace créatif, il ferait en conséquence partie de notre culture et
de fait, serait plus enclin à changer notre vision du monde et donc nos habitudes.
www.capefarewell.com

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro Septembre-octobre 2006

12 septembre 2006

Le Slow accélère

Le Slow est un mouvement international qui prône le ralentissement, soit un rapport au temps opposé à celui dans lequel nous vivons qui, vous l’avez constaté, est très Fast. Le mouvement a démarré en Italie avec la Slow Food. Il s’agissait de prendre le temps de connaître et de savourer les aliments et saisons, et de redonner leur sens social à la cuisine et au repas. Aujourd’hui, le Slow se décline dans de nombreux domaines et devient un mouvement fort, avec toujours la même revendication : ralentir. Le Slow Design, de culture plus anglo-saxonne, propose une nouvelle approche des objets, intégrant les besoins humains, favorisant le dialogue, invitant au temps de vivre et s’alignant aux rythmes de planète dans l’usage des matériaux et leur cycle de vie. Pas de gâchis, pas de culture jetable, le Slow est fait pour durer. Les Slow Cities (villes lentes) défendent un nécessaire ralentissement pour prendre le temps de vivre. Les villes lentes sont « riches en théâtres, squares, cafés, ateliers, restaurants, lieux spirituels, ont de beaux paysages, des artisans, les hommes y sont curieux du passé, contemplent le passage des saisons et savourent des produits de la terre respectant la santé, le goût et les traditions ». Près de cinquante petites villes italiennes sont déjà signataires de la charte des « cités lentes » et le mouvement s’élargit à l’Europe entière.

slow-city
Attention, le Slow ne s’applique pas à tout ce qui est lent (l’accent suisse n’est pas un Slow Langage et un puzzle géant n’est pas un Slow Jeu !) mais seulement à ce qui se fait aujourd’hui trop rapidement donc mal et qui doit ralentir pour retrouver un sens ou une saveur. L’ensemble de ces nouveaux domaines de lenteur confluent au final dans la Slow Theory, dont l’influence ne fait qu’augmenter. La raison est simple, en favorisant les rythmes lents et naturels, la Slow Theory croise tous les principes du développement durable : les espaces verts, l’économie locale, les produits biologiques, le dialogue avec les parties prenantes, etc. Le Slow a de bonnes chances de devenir de guide de tous ceux qui veulent intégrer le développement durable dans leur quotidien sans renoncer à l’hédonisme.

Sites Internet :
www.slowdesign.com
www.slowfood.com
www.cittaslow.net
Livre : Éloge de la lenteur, de Carl Honoré (éditions Marabout)

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro septembre-octobre 2006