All posts in Art Contemporain engagé

18 avril 2016

Inauguration des acquisitions 2016 de la Collection Greenflex « art et développement durable »

La Collection Greenflex est la première collection dédiée à l’art contemporain et au développement durable.

Elle a été impulsée par les dirigeants de Greenflex, Frédéric Rodriguez et Elizabeth Pastere-Reiss et Alice Audouin (auteur de ce blog).

Le 7 avril 2016, les nouvelles acquisitions de la Collection ont été inaugurées.
Alice Audouin Conseil a été en charge de l’organisation du comité de sélection de ces acquisitions.

Cinq nouveaux artistes entrent dans la collection en 2016 :

PHOTOMisty City #2 (1)

Yang YONGLIANG

Phantom Landscape III, n°04 Misty City 2, 2007
27×120 cm, édition de 8

Inspiré par la culture ancestrale et le fameux Shanshui, ces paysages de montagnes calligraphiés par les plus grands artistes classiques chinois depuis plus d’un millénaire, Yang Yongliang crée de toute pièce un nouveau monde d’illusions, une vision entre rêve et cauchemar, à la fois futuriste et séculaire.
Utilisant la photographie, Yang Yongliang développe une approche critique de la réalité et vise à interroger les bouleversements dont il est témoin, en particulier l’expansion urbaine et son impact négatif sur l’environnement. Ainsi, l’imagerie urbaine contemporaine est omniprésente dans ses oeuvres.
Yang Yongliang bouscule notre conscience collective, questionnant nos problèmes économiques, environnementaux et sociaux, anticipant les effets dévastateurs de l’urbanisation sauvage et de l’industrialisation.

L’usage des longs rouleaux panoramiques, l’impression sur papier coton, l’apposition de sceaux classiques à l’encre rouge, le tout  composé en noir et blanc comme à l’encre de Chine, font de l’œuvre de Yang Yongliang le renouveau contemporain du shanshui.

 

mapping paradise

Elise Morin

Mapping Paradise

Création pour la Collection Greenflex, 2016.
Tickets de jeux agglomérés (partenariat avec la française des Jeux) et fraisage numérique

C’est un paradis sur terre, l’archipel polynésien des Tuvalu, qui est aussi l’une des premières victimes du réchauffement climatique, qui a inspiré l’artiste Elise Morin.
Son propos est de reconstituer l’île principale de cet archipel et d’alerter sur la diminution de sa surface due à la montée des eaux. Pour cela, elle utilise une matière inédite et métaphorique, les tickets-topos (des « tickets topographiques »). Ils sont composés de tickets de jeux périmés ou jetés, agglomérés via un processus de chimie verte mis au point par l’artiste, produisant une matière qui se sculpte comme le bois et dont les joints sont visibles à la manière d’une assiette de porcelaine brisée puis recollée.
Ce paysage tragi-comique évoque la « Pierre de Rêve » et la Renaissance qui exprimait ses utopies par des paysages.
Oeuvre à la fois d’alerte et de solution, étant elle-même une mise en application de l’économie circulaire, elle joue de l’effet d’optique. Au fur et à mesure que l’on s’approche, le paysage, son relief puis les fragments de jeux apparaissent, telles les traces d’un monde qui aurait laisser passer sa chance.

les sables retrouvés #2 vue2

Thomas Tronel-Gauthier

Les sables retrouvés #2, 2015

Photogravure sur granite noir d’Afrique. Pièce unique

Thomas Tronel-Gauthier développe une pratique protéiforme de la sculpture qui oscille entre l’objet et l’installation, interroge les matériaux et leur devenir.

Les sables retrouvées #2 est une gravure sur granite noir d’Afrique issue d’une photographie qui représente une empreinte laissée naturellement par l’écoulement des eaux usées de la ville du Havre sur sa plage. L’image se fait témoin de l’étroite coexistence d’un site naturel maritime avec une zone d’urbanisme très industrialisée. Le travail numérique sur la teinte et les textures, permet de simuler une minéralité proche de celle du granit, tendant à figer doublement par la photographie et l’ébauche de fossilisation, cet éphémère phénomène.

Thomas Tronel-Gauthier est un explorateur-voyageur qui traque, capture et retranscrit par le volume ou l’image, les origines, les mutations et les bouleversements des formes et des phénomènes naturels ou spontanés. Ses œuvres sont autant de liens tissés entre l’éphémère et le pérenne, pariant ainsi sur un monde qui ne perdra pas le fil de son histoire.

Abinitio3

Angèle Guerre

Ab initio, 2014

Trois dessins sur papier Artistico Fabriano 150g, scalpel et cutter, incisions sur papier

Les paysages que dessine Angèle Guerre ne sont pas inspirés du réel mais de son imaginaire alimenté par sa curiosité pour la géologie et la gravure ancienne. Ils ne sauraient dévoiler une roche, un arbre, une fleur ou une rivière, et pourtant leur forme organique reflète parfaitement le mouvement ininterrompu, chaotique et complexe de la vie.

Ab initio est une série de dessins sur papier dont la surface est sculptée au scalpel et au cutter. La lumière, rasante ou frontale, décide du paysage final qui, blanc sur blanc, n’a que l’ombre pour exister. Le maniement d’un outil rudimentaire et la lumière, en toute simplicité, suffisent à la création.

Banquise qui se détache, forêt assiégée, littoraux inviolés, l’imaginaire galope face à cette surface blanche qui fait saillir un relief comme en expansion.
Jaillissements d’une page nue, rupture d’un monde étal, Ab initio illustre le commencement de la vie et les forces géologiques qui la sous-tendent.

Angèle Guerre balafre la page pure pour révéler sa puissance cachée. Par la beauté de son résultat, elle dévoile l’immensité des possibles et invite à les explorer.

CJ_2012_TOKYO_012_small-460x307
Christophe Jacrot
Tokyo
Photographie, 2012

Christophe Jacrot aime photographier les grandes métropoles dans un contexte bien particulier : en période d’intempéries. Cette ligne directrice est née du hasard d’une commande contrariée, devoir réaliser des photographies de Paris sous le soleil lors d’un printemps qui n’a connu qu’averses. Course aux abris des habitants, beauté du béton mouillé : les richesses de la pluie se révélèrent alors aux yeux du photographe.
Christophe Jacrot crée une encyclopédie des mauvaises surprises du temps sur les grandes villes : Typhon à Hong Kong, pluie à Tokyo, tempête à New-York, etc. Mais il ne saurait jouer les Cassandre du dérèglement climatique, car ce n’est pas sous l’angle de la catastrophe qu’il veut raconter ces épisodes climatiques.

Christophe Jacrot vise davantage à démontrer leur force de distraction d’un quotidien uniformisé et minuté. L’imprévisibilité des assauts du ciel qui floutent et changent nos perceptions sont autant de déstabilisations esthétiques qui nous font voir et vivre le monde autrement. Et c’est une chance que le photographe nous aide à saisir.

 

8 janvier 2015

Exposition Post Carbone : 12 artistes face au climat

Post Carbone est la première exposition d’art contemporain dédiée à la transition énergétique. Elle offre un regard riche et inédit sur le réchauffement climatique, à onze mois de la COP 21 (Conférence du Climat, Paris 2015). Elle a pour vocation de complémenter et enrichir les approches scientifiques, économiques et politiques de la transition énergétique par des voies plus sensibles, esthétiques et immatérielles, indispensables à la prise de conscience et au changement.

affiche - jpeg

Une exposition organisée en trois univers, « Réexpédition », « Énergie en transit » et « Circuit recommandé »

« Réexpédition » reprend la légende des expéditions vers les pôles pour illustrer cette fois les impacts du réchauffement climatique.
« Énergie en transit » offre un regard décalé tant sur le constat que sur les solutions engagées par une société libérée des énergies fossiles.
« Circuit recommandé » est dédié à l’économie circulaire et propose des illustrations complètes d’un processus de création zéro déchet grâce à une gestion respectueuse des ressources de la planète.

« Post Carbone » présente une variété d’expressions artistiques allant de l’installation participative à la vidéo documentaire en passant par la sculpture, la photographie et l’opéra.

10347725_875417112479369_1899704229911283848_n

Human-Dynamo – installation de Yann Toma

BJ5A2751:R

Vue de l’exposition, oeuvres de Springerparker et David Buckland, canapé d’écoute de l’Opéra composé par Springerparker

Artistes et oeuvres

Anti (Urbanoïde Bear, 2014, Urbanoïde Kong, 2014),
Art Orienté Objet (Polar Trash, 2010, Peau de chagrin, 2009-2010, L’empreinte écologique, 2010),
David Buckland (Burning Ice, 2005-2009),
Olafur Eliasson (IceWatch, 2014, Kids Studying, 2012, Little Sun Garden, 2012, Shop lady in Burundi, 2012, Little Sun, 2012),
Sven’t Jolle (Meltdown, 2009),
Élise Morin (Glowing Memories #2 2015, Le Baron, 2014),
Lucy + Jorge ORTA (Antarctica World Passport Delivery Bureau, 2012),
Springer Parker (Permafrost 70°10‘37 “N / 24°54‘20“ E, 2008, Permafrost 71° 8‘27“ N / 25°39‘39“ E, 2008, Polar circle Fig. 01, 2011, Polar circle Fig. 02, 2011, Polar circle Fig. 04, 2011, Polar circle Fig. 06, 2011, There Are Places In Our Heads We Can Travel To, 2011),
The Polyfloss Factory (Polyfloss Factory, 2012),
Lionel Sabatté (Avril, 2012, Infusion volatile, 2014, La délicate sagesse de la tortue des profondeurs, 2012),
Société Volatile (Bât solaire, 2013, Épave, 2013, Light, 2013, Monument, 2013, Monture, 2013),
Yann Toma (Human-Dynamo, 2014, Sculpture de CO2 1 et 2, 2009, Les Restitutions, 2014).

Ice_Watch_3

Olafur Eliasson, IceWatch, 2014

ELIASSON LIGHT

Olafur Eliasson, de LittleSun à IceWatch

FullSizeRender - copie 6

Installation monumentale d’Elise Morin

L’annonce de l’engagement des artistes pour la COP 21

La transition énergétique est une mutation de société qui implique un changement culturel. L’accès et le partage des ressources, la citoyenneté mondiale, le bien commun, le partage équitable de solutions d’atténuation et d’adaptation : ces enjeux de la vie postcarbone relèvent tous de la culture.

Dans moins d’une année, la 21e Conférence des parties sur le climat (COP21), marquera une date historique dans le champ de l’art, avec l’engagement des artistes en tant qu’acteurs de la transformation vers la société post-carbone. Certains des artistes exposés dans cette exposition portent d’ores et déjà des projets monumentaux pour ce grand rendez-vous et sont engagés dans Art of Change 21, un projet international visant à influencer positivement les négociations. L’exposition « Post Carbone » entend jouer un rôle annonciateur de ce mouvement en cours et en défriche les principales tendances.

ANTARCTICA-PassPort-COUV5

Antarctica World Passport, Studio Orta

ORTA LIGHT

Vue d’ensemble, au premier plan, le bureau des passeports de Lucy + Jorge Orta

Une exposition écoconçue

Cette exposition, écoconçue, observe quatre principes majeurs : le réemploi de matériaux pour la scénographie (avec Co-Recyclage), le choix de solutions locales évitant le transport, l’utilisation de papiers recyclés certifiés pour les éditions.

AVEC POLYFLOSS LIGHT

Vue d’ensemble, au premier plan, Polyfloss Factory

Commissariat d’exposition

Cette exposition est organisée pour La Poste par Alice Audouin Conseil.

PEGASE LIGHT

Pégase, de Société Volatile

Télécharger le catalogue

Télécharger le communiqué de presse

Album photo (facebook)

Exposition du 13 au 23 janvier. 
Siège National de La Poste.
Entrée nominative (sur invitation).

Alice Audouin
14 janvier 2015

8 décembre 2014

Art et ISR : rencontre inédite

Le 5 décembre 2014 a eu lieu le Colloque Novethic (groupe Caisse des Dépôts) « Stratégies ESG pour investisseurs responsables ». Il fut l’occasion de créer une rencontre inédite entre les acteurs du secteur financier le plus en avance en matière de développement durable et trois artistes engagés : Olivier Darné, Elise Morin et Lionel Sabatté.

Le Colloque Novethic est l’évènement annuel européen, réservé exclusivement aux investisseurs institutionnels, sur la prise en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans la gestion financière. Pour son édition 2014, Novethic a demandé à Alice Audouin une programmation artistique inédite, visant à nouer un dialogue sur les valeurs du développement durable entre les principaux investisseurs institutionnels européens et des artistes engagés. Un dispositif complet a été mis en place : exposition, prise de parole des artistes durant le colloque et temps d’échanges autour des oeuvres entre les participants et les artistes.
Cette rencontre fut très fructueuse. Les échanges ont été riches et foisonnants de curiosité. De nombreuses correspondances et pistes de collaborations entre les deux univers ont été identifiées. Une première passerelle entre les deux univers est née.

IMG_9543

« Avril », 2012 de Lionel Sabatté, au fond sur le mur, photographies d’Olivier Darné

Lionel Sabatté

Peintre et sculpteur, Lionel Sabatté explore dans son travail l’origine des ressources, l’expression du temps long et la transformation des éléments. Concerné par les enjeux liés à l’énergie, ses toiles sur le pétrole en confrontent les dimensions polluante et géologique. La réutilisation, au cœur de sa création, est poussée à son paroxysme. Il recycle ses propres matières organiques ainsi que la poussière en sculptures somptueuses, et s’inscrit ainsi dans l’économie circulaire et le « Upcycling ». Il a eu quatre expositions personnelles en 2014, dont une carte blanche à l’Aquarium de Paris, avec la « Fabrique des profondeurs ». Né à Toulouse en 1975, il vit et travaille à Paris. Il a été formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et a reçu le prestigieux Prix Yishu 8 à Pékin en 2011.

Œuvre exposée : “Avril”, 2012, Loup, moutons de poussière, structure métal.

Elise Morin

Elise Morin développe des installations et des vidéos empreintes de références au paysage et à l’industrie. Ses installations monumentales sont conçues à partir de matériaux recyclés dans un processus inédit. L’une d’elles, « Waste Landscape », est un paysage recouvert par plus de 65 000 CD invendus ou collectées, qui ont été triés et cousus à la main. Son engagement dans la création a été récompensé en 2012 par l’attribution du prix Solomon R. Guggenheim |USA| the Best of Lab art and sustainability. Elise Morin a exposé en France au Centquatre, au Jeu de Paume, au Grand Palais, au Musée d’art contemporain de Tokyo, etc. Née en 1978, Élise Morin a été formée à l’enseignement de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, du Central Saint Martins College de Londres, puis de la Tokyo National University of fine arts. Elle vit et travaille à Paris.

IMG_9565 2

Installation d’Elise Morin « Riverbed »

Oeuvre exposée : “Riverbed”, spécialement créée par Élise Morin pour le colloque Novethic 2014. L’artiste a jeté son dévolu sur la cour extérieure de la Maison des Travaux Publics et a imaginé d’installer au sol une surface de tuiles kaléidoscopiques : un paysage ondulant qui capte, renvoie et réfracte la lumière. Chaque tuile est fabriquée à partir de CDs invendus et broyés selon la norme de destruction officielle et sécurisée  « DIN 1 ». Les copeaux de CDs ont été moulés à la main et agglomérés à l’aide d’une réaction chimique à froid, un processus relevant de la chimie verte.

DSC_0375

De gauche à droite: Jean-Pierre Sicard, Elise Morin, Pascal Canfin, Alice Audouin

Olivier Darné

Plasticien et éleveur d’abeilles urbaines, Olivier Darné intervient d’une façon singulière, interrogeant les relations entre le sauvage et l’urbain, la « bio-diversité culturelle » de l’homme et de son milieu. Il gère depuis 2000 à Saint-Denis, un rucher expérimental, véritable « laboratoire urbain  à ciel ouvert » devenu aujourd’hui le plus important rucher urbain d’Europe avec plus de 7 millions d’abeilles. Il a présenté son travail en France au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, mais aussi à Utrech, La Haye, Londres, Tokyo, etc. Il a été lauréat en 2012 du Prix COAL avec l’installation « La Banque de reines » réalisée depuis, en 2012, au Centre d’art contemporain de la Ville de la Haye, aux Pays-Bas. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués de Paris et de l’école Estienne de Paris, Olivier Darné,  né en 1971, vit à Saint-Denis.

Oeuvres exposées : Sculpture “Banque des Reines” (2013), photographies “Compte Epargne Abeilles” et “Time is Honey”

IMG_9545

Photographies d’Olivier Darné « Time is Honey » et « Compte épargne abeilles »

 

 

22 septembre 2014

Art digital et énergies renouvelables au coeur de la Marche pour le Climat : une collaboration Art of Change 21 & Avaaz

Les artistes étaient au cœur de la Marche pour le Climat qui a rassemblé hier plus de 5000 personnes à Paris. Art of Change 21 a collaboré avec Avaaz pour y intégrer une dimension créative innovante, via une programmation d’art digital et de musique à base d’énergies renouvelables, avec le Solar Sound System et l’artiste Naziha Mestaoui.

 avaaz

« Paris Marche pour le Climat »  a réuni hier plus de 5000 personnes dans Paris, à l’initiative d’Avaaz, le plus grand mouvement citoyen en ligne, en collaboration avec de nombreuses organisations partenaires, dont Art of Change 21.  Cette marche parisienne s’intégrait dans une marche mondiale, de New York à Berlin, de Bogota à New Delhi, de Londres à Melbourne ainsi que dans des centaines d’autres villes, et a rassemblé près de 700 000 personnes dans le monde, dont plus de 350 000 pour la seule ville de New York. Cette mobilisation mondiale pour le Climat prenait place deux jours avant le « Sommet de Ban Ki-Moon » à New-York sur la question du réchauffement climatique et près d’un an avant la COP21 (Conférence des parties sur le climat) qui se tiendra à Paris fin 2015.

Art of Change 21 a collaboré avec Avaaz sur la Marche pour le Climat à Paris pour y insuffler une dimension créative innovante intégrant des dimensions digitales et l’utilisation des énergies renouvelables. Cette collaboration a abouti à la programmation de deux temps forts, l’un au départ, sur la place de la République, avec le Solar Sound System et ses DJ et l’autre à l’arrivée, place de l’Hôtel de Ville, avec une intervention inédite de l’artiste Naziha Mestaoui.

Départ Place de la République, avec le Solar Sound System
Qu’est-ce que le Solar Sound System ? Il s’agit d’un Sound System alimenté en énergies renouvelables, qui permet à des DJs de mixer en version vinyl ou numérique, sans prise électrique. Des DJ prestigieux ont d’ores et déjà mixé sur une telle plate-forme, comme Matt Black de Cold Cut ou encore dernièrement Alain HO aka DJ Yellow de la fameuse french touch. Pour la Marche pour le Climat à Paris, l’équipe du Solar Sound System, composée de Laure, DJ, Yannick, DJ, et David a animé le ralliement place de la République, grâce à deux vélos et des panneaux photovoltaïques. Le Solar Sound System a ensuite accompagné le cortège en musique, la machine étant en totale autonomie dans sa version ambulante.

solar21 solarrepu21

Arrivée Place de  l’Hôtel de Ville, avec Naziha Mestaoui
Naziha Mestaoui, fondatrice d’Electronic Shadow et pionnière de l’art digital, a créé spécifiquement Green Beats, une performance sonore interactive avec tambours, qui a fait battre à l’unisson le cœur des milliers de participants. « L’expérience Green Beats s’inspire de pratiques ancestrales. En respirant à l’unisson, nous nous reconnectons à nous-mêmes, aux autres et à la nature. En synchronisant nos coeurs, nous incarnons l’énergie positive qui nous permet de passer de la revendication au projet ! Inspirons le changement ! » témoigne Naziha Mestaoui après son intervention, qui a eu lieu juste avant celle de Nicolas Hulot et la montée sur scène du chanteur Patrice.

naziha21 naziha212

Art of Change 21 est jeune association créée à l’occasion de la COP 21, dans le but d’apporter de la créativité et de l’innovation dans la dynamique de mobilisation pour la COP 21. L’association conçoit et met en oeuvre le projet Art of Change 21, qui réunira des jeunes, des artistes et des entrepreneurs sociaux du monde entier à la Gaité Lyrique fin novembre 2014 , qui concevront de manière collaborative une action internationale à la veille de la COP21. Art of Change 21 a également pour mission  d’apporter une expertise, des idées et des réseaux auprès des organisations de la société civile mobilisées pour la COP 21 et désireuses d’intégrer une plus grande créativité. L’association est fondée par Alice Audouin, pionnière du développement durable et du lien entre l’art et l’environnement et co-fondatrice de l’association Coal.

Alice Audouin
22 septembre 2014

 

29 juin 2014

La seconde vie de l’exposition Monumenta 2014

L’exposition Monumenta 2014 démarre une seconde vie grâce au réemploi innovant et solidaire de son mobilier et de ses matériaux.

2139712475_800x533_cr Une innovation pour une exposition à fort impact environnemental. Du 10 mai au 22 juin 2014, l’exposition Monumenta 2014 L’étrange Cité d’Ilya et Emilia Kabakov a occupé la Nef du Grand-Palais sur près de 1500 m2 et a produit environ 200 tonnes de déchets (bois, peinture, crépis, moquette, mobilier, etc.) Consciente des enjeux environnementaux d’une exposition d’une telle envergure et déjà engagée sur le recyclage, la Rmn-Grand Palais a décidé d’aller plus loin à l’aide de spécialistes de l’économie circulaire et du développement durable, Alice Audouin*, consultante et co-fondatrice de l’association Coal et Renaud Attal, co-fondateur de Co-Recylage.com. Sous l’impulsion de Madame Valérie Vesque-Jancard, directrice générale déléguée de la Rmn-Grand Palais, ils ont conçu et mis en œuvre une solution novatrice au démontage de Monumenta 2014, un circuit de réemploi sur-mesure non seulement pour le mobilier (tables, bancs, bureaux d’accueil…) mais aussi les parquets, les moquettes, les moulures, les portes de l’exposition et une partie des cloisons. 10450837_10152485725932232_7773331909195035089_n Une solution solidaire vis-à-vis du secteur culturel Les bénéficiaires de ce circuit ont été sélectionnés avec la volonté de prolonger la dimension utopique et les valeurs de l’exposition. Il s’agit d’acteurs et de hauts lieux du « Do It Yourself », de la solidarité, du « Bio Hacking », de l’écologie, de l’économie sociale, de la culture et de l’open source : La Paillasse, Le Pavillon des Artistes (réseau RCube), Bâtisseurs d’Emmaüs, FreeSpace Paris, la Recyclerie, les festivals Krenchtown et WeLoveGreen, La Réserve des Arts, l’épicerie solidaire ASSECA du réseau WeArePhenix.com… Après avoir récupéré le mobilier et les matériaux de l’exposition, chacune de ces structures les réutilisera et les « upcyclera » selon ses besoins et ses envies. Dès juillet, l’exposition Japan Expo se servira des tables récupérées. Marie Schneegans de l’espace d’innovations collaboratives FreeSpace Paris, témoigne « Tous les meubles nous sont d’une grande aide. » Les acteurs du secteur culturel, que ce soient les associations, les festivals ou les artistes, sont très demandeurs de mobilier et de matériaux. Le réemploi et la réutilisation qui sont des étapes essentielles avant le « recyclage matière », permettent à l’économie circulaire d’être véritablement vertueuse. La démarche contribue à développer les principes de l’économie circulaire dans le secteur culturel, afin qu’il soit un promoteur mais surtout un acteur d’une société plus durable.

De la culture à la culture Cette action n’est pas seulement écologique et sociale, mais également culturelle. Elle prolonge l’univers symbolique et l’engagement d’Ilya et Emilia Kabakov et propose un regard inédit sur leurs thématiques de recherche. Dans leur exposition, les artistes ont mis en scène leur réflexion sur la disparition des tableaux dans la salle Le Musée Vide. Interroger l’art du point de vue de sa pérennité et de l’utilité des objets tout en ravivant les dimensions symboliques et sacrées, rejoint les préoccupations de l’écologie. Le philosophe Boris Groys commente la démarche atypique des artistes dans le dossier pédagogique de l’exposition (partie 2) : « Dans les faits, le musée ne se différencie pas essentiellement d’une décharge. Dans les deux cas, il s’agit d’une collection de choses superflues, inutiles, « mortes ». Seulement, le musée est un paradis pour ces choses mortes qui sont classées, conservées, entretenues et exposées comme objets dignes d’admiration. » Les artistes du Recycl’art, créant des oeuvres uniquement à partir d’objets récupérés comme l’artiste Anti impliqué dans le circuit mis en place pour Monumenta, répondent à leur manière à la question soulevée dans l’exposition. Les dimensions politiques et utopiques du travail d’Ilya et Emilia Kabakov continuent avec leurs « héritiers » qui défrichent de nouveaux sentiers et bâtissent une autre cité.

Renaud Attal et Alice Audouin, partenaires du démontage « responsable » de Monumenta.

* auteur de cet article et de ce blog

VOIR LE COMMUNIQUE DE PRESSE CP30JUN2014MONUMENTA

Alice Audouin 30 juin 2014

8 juin 2014

L’artiste, passeur vers la société post-carbone

Le moment est venu pour l’artiste de jouer un rôle clé face à l’enjeu du changement climatique, en témoignent l’augmentation du nombre d’artistes impliqués dans la recherche et la mise en oeuvre de solutions, les appels exprimés de la part des sphères scientifiques et la place émergente de la culture dans la politique internationale en matière d’environnement.

L’éminent scientifique Luc Abbadie (Université Pierre et marie Curie, ENS) lançait publiquement en avril dernier lors de la remise du Prix COAL Art & Environnement 2014 au Musée de la Chasse et de la Nature « Artistes, nous avons besoin de vous ! » Il révélait son sentiment d’impuissance à convaincre de l’ampleur du changement nécessaire pour limiter la crise environnementale et affirmait que les formes d’expression portées par les artistes étaient plus que jamais nécessaires « pour faire passer le message ».

Par ailleurs, le secteur culturel se trouve aujourd’hui encouragé par les plus hautes instances internationales qui plébiscitent enfin la culture comme moyen de prise de conscience et de changement. Les Nations-Unies ont voté fin décembre dernier leur première résolution sur la culture et le développement durable et le 5 mai 2014, le premier colloque onusien consacré à « prendre en considération le rôle de la culture » pour les questions de développement durable a eu lieu. (Voir http://www.aliceaudouin.com/2014/04/developpement-durable-phase-2/)

L’approche de l’artiste comme « partie prenante », thème du premier colloque sur ce sujet en France (conçu et organisé par Alice Audouin, porteuse du projet Art of Change 21) il y a dix ans, le 8 juin 2004, à l’Unesco, dépassait les notions d’objet d’art ou d’exposition, pour valoriser l’action et le rôle de l’artiste en tant qu’acteur dans la société. Aujourd’hui en 2014, les artistes contribuent à la transition écologique dans les domaines de l’agriculture, l’habitat, l’énergie, la mobilité, etc. Ils conçoivent et mettent en œuvre un nombre croissant de projets et d’actions, comme en témoignent les centaines de projets reçus chaque année par l’association française Coal. Sur l’ensemble des projets finalistes du prix Coal depuis 2010, plus de 60 % sont devenus réalité. Les artistes sont aujourd’hui du côté de la solution.

Dans le cadre des actions du MEDDE en faveur de la culture et de l’écologie, l’association COAL Art & Développement Durable a réalisé en 2011 un état des lieux international des initiatives « Art, écologie & développement durable » (voir l’étude complète sur le site de Coal).

Cette étude démontre que les initiatives culturelles « green » intègrent comme précurseurs le nouveau « logiciel » de la société pos-carbone et des approches collaboratives et citoyennes. Elles combinent trois dimensions essentielles à la société post-carbone : l’alliance des dimensions sociales et environnementales, l’approche multi partie-prenantes, et enfin une dimension anti-anxiogène et pro-active levant les verrous et les freins vis-à-vis  du changement.

Le développement durable dans toutes ses facettes est intégré à la démarche.

« Dimensions de l’action artistique »  :

facettes 

Loin d’être dans l’opposition ou le catastrophisme, l’action est orientée solution

« Objectifs des actions culturelles » :

 objectifs

 

L’approche artistique est « multi parties-prenantes »

« Publics associés aux actions culturelles «  :


publics

26 mai 2014

L’ART ACTEUR DE LA COP CLIMAT 2015

Les Conférences des Parties (COP) sur le Climat existent depuis 20 ans. Ces événements internationaux annuels sont des rendez-vous de travail intensif pour les négociateurs venus de 190 pays afin de trouver une solution commune à la crise climatique. Dans ces temps forts de la diplomatie mondiale, l’art n’a, a priori, pas sa place. Or depuis la COP 15 de Copenhague, l’art s’introduit dans les COP, y compris de manière officielle. Aujourd’hui, l’art rallie la dynamique citoyenne appelant au changement pour lutter contre le réchauffement climatique. Demain, les artistes seront-ils un levier important de la transition écologique ? Une nouvelle réponse sera donnée lors de la COP 21, à Paris en 2015.

Sommet de Copenhague : un lancement officiel
Il a fallu attendre quinze COP Climat avant que l’art y prenne pleinement sa place. Le « sommet de Copenhague » de 2009 (COP 15) marque l’entrée de l’art dans l’univers des COP. Dans la programmation officielle de la conférence des Nations-Unies, l’exposition RETHINK, Contemporary art and climate change (www.rethinkclimate.orgproposait 26 œuvres d’artistes nordiques et internationaux contemporains sur le changement climatique, dans quatre espaces de la ville. Le ministre danois en charge du Climat et l’Energie a annoncé cette exposition en affirmant que « l’art peut agir comme une source d’inspiration et initier une réflexion » et l’a défendue comme « l’opportunité de voir le changement climatique dans une perspective culturelle ». L’exposition a présenté, entre autres, des œuvres de Tomas Saraceno, Henrik Håkansson, The Icelandic Love corporation, Superflex, Olafur Eliasson. Nommée « Exposition de l’année » des pays nordiques, elle a ensuite circulé dans plusieurs pays nordiques au cours de l’année suivante.
Cette exposition de grande qualité n’a pourtant pas marqué l’opinion publique et a eu une influence mineure sur les négociations, car elle était cantonnée au territoire d’un art perçu comme une niche, « l’art écologique », tandis que les ONG et les négociateurs occupaient l’ensemble de l’arène. Ce manque d’écho s’explique aussi par la trop faible relation entre les univers artistiques et les organisations représentantes de la société civile, comme les ONG.

Image-57

COP 16 : la mobilisation citoyenne devient créative
Un an plus tard, en 2010, le mouvement leader de mobilisation de Bill McKibben 350.org, habitué aux campagnes d’envergure avec des centaines d’actions dans le monde, a donné une impulsion nouvelle pour la COP 16 de Cancun au Mexique, avec 350 ART . L’initiative reposait sur une conviction de Bill McKibben : « L’art peut faire comprendre différemment de la science la menace que le réchauffement climatique représente pour notre planète. » 350 ART a délivré le premier « kit » d’actions artistiques collectives  (« Make your own climate art ») dans le cadre d’une COP. Pour la première fois, la dimension créative était clairement désignée comme moyen d’action citoyenne pour une COP. Les moyens proposés étaient : flash mobs, street art, land art, peintures murales, etc. Des guides d’action très détaillés expliquaient comment mettre en oeuvre une création collective, comme par exemple créer une sculpture à partir de nombreux objets. Mais les idées créatives étaient limitées, car il s’agissait également de faire la promotion de 350, le nombre-signature du mouvement (en référence à 350 ppm, leur objectif de réduction de CO2). Les guides s’attachaient par exemple à montrer comment utiliser 350 objets pour faire une sculpture ou comment dessiner sur une plage le nombre 350, l’art devenant ainsi le support publicitaire du mouvement. Les actions issues de cette dynamique ont le plus souvent consisté à créer de manière collective des figures de grand format, souvent visibles depuis le ciel, apportant peu d’esthétique et d’inventivité, démontrant ainsi les limites de l’action collective « inspirée par l’art » mais « sans les artistes ». L’influence de cette initiative ne fut pas plus grande qu’un an auparavant à Copenhague et n’influença pas vraiment les négociations, car elle fut avant tout perçue comme militante, finalement très similaire à une ONG.

Shaping Our Future Event - Human Mosaic in the shape of a salmon in Homer Alaska 9/26/07

L’artiste peut-il sauver le climat ?  

En dépit de ces deux expériences limitées, de nombreux signes démontrent les forces de l’art en matière de lutte contre le changement climatique, en témoignent l’augmentation du nombre d’artistes impliqués dans la mise en oeuvre de solutions, les appels exprimés de la part des sphères scientifiques, ou encore la place naissante de la culture dans la politique internationale en matière d’environnement. L’éminent scientifique Luc Abbadie lançait publiquement en avril dernier « Artistes, nous avons besoin de vous ! » Il révélait son sentiment d’impuissance à convaincre de l’ampleur du changement nécessaire pour limiter la crise environnementale et affirmait que les formes d’expression portées par les artistes étaient plus que jamais nécessaires « pour faire passer le message ».  Le secteur culturel se trouve aujourd’hui encouragé par les plus hautes instances comme les Nations-Unies qui plébiscitent désormais la culture comme moyen de prise de conscience et d’accompagnement du changement et du développement. (Voir l’article Développement Durable : Phase 2)

Cette dynamique est également favorisée par l’évolution de l’art contemporain, valorisant de plus en plus la démarche par rapport à l’objet. L’approche de l’artiste comme « partie prenante », thème du premier colloque sur ce sujet en France il y a dix ans  (8 juin 2004, Unesco), permet de dépasser peu à peu les notions d’objet d’art ou d’exposition, pour entrer dans une dynamique d’action. L’image de l’artiste évolue elle aussi, à Copenhague en 2009 les artistes ont eu tendance à être perçus du côté de la contestation. Cinq ans plus tard en 2014, contribuant massivement à la transition écologique dans les domaines de l’agriculture, l’habitat, l’énergie, la mobilité, et développant d’innombrables projets : les artistes sont passés du côté de la solution.


L’oracle du papillon

Exposition, actuellement à Fribourg en Suisse (jusqu’en novembre 2014) une exposition entièrement dédiée à la réduction de CO2
20% DE REDUCTION D’ÉMISSIONS DE CO2 : mais que faire pour atteindre ce but et l’appliquer au quotidien? L’exposition présente des solutions concrètes dans les thématiques de l’énergie, de la mobilité, de l’habitat et de la consommation, permettant à chacun d’avoir un impact et de contribuer avec plaisir à cette action collective.
« Entre émerveillement et prise de conscience, les échos des visiteurs sont enthousiastes » affirme le journal La Liberté.  www.oraclepapillon.ch

COP 21 à Paris en 2015 : la carte collaborative 

Depuis la Cop 16 de 2010, les initiatives se sont multipliées et renforcées sur l’enjeu du climat. Des organisations culturelles de premier plan contribuent aujourd’hui fortement au lien entre l’art et l’enjeu climatique et témoignent d’un mouvement de fond. L’Europe, les Etats-Unis, l’Australie, les pays du Nord, sont des territoires leaders de cette dynamique. La COP 21 en 2015 à Paris est un enjeu majeur car elle est la « dernière chance » pour la négociation d’un accord « post-Kyoto », c’est un rendez-vous avec l’histoire dont les artistes sont parfaitement conscients. Ils se mobilisent actuellement pour cette COP 21, dans des approches orientées « solution ». Des initiatives sont déjà en marche, comme par exemple en Angleterre avec Invisible Dust ou Cape Farewell, ou en France, avec un projet d’exposition à Paris pendant la COP piloté par l’association COAL et le projet Art of Change 21.

B50A9756net_cle412d88-17527 (1)

Le projet Art of Change 21 a justement pour ambition de mettre les artistes au service de l’action citoyenne afin de faire évoluer les idées d’action qui sont aujourd’hui principalement dans la sphère militante. Art of Change 21 reprend en quelque sorte l’esprit d’ART 350, mais en postulant que les actions collectives gagneraient à être conçues par des artistes et non seulement « inspirées par l’art ». Ce projet de mobilisation citoyenne rassemble les artistes, les jeunes et les acteurs du changement les plus reconnus et inventifs. En réunissant l’art, l’économie collaborative et la jeunesse, il a pour ambition de faire jaillir de nouvelles idées. Les pratiques actuelles, comme une chorégraphie géante sur une plage entre aérobic et cri primal (voir par exemple Dance for the Climate) ou l’arrêt de la lumière par les citoyens une heure par an (voir par exemple Earthour) doivent être dépassées. Imaginons un instant les idées d’actions qui pourrait naître d’un dialogue  entre par exemple Lucy et Jorge Orta, artistes champions des actions collaboratives sur les enjeux sociétaux, Neal Gorenflo, le premier animateur de la communauté de l’économie collaborative (Shareable) et Juliette Decq la directrice enjouée du programme « COP in my City » de l’association étudiante internationale Climates. Ensemble, ils seraient en mesure de définir une nouvelle forme d’action collective à la fois stimulante, transformative et esthétique.
Art of Change 21 a pour démarche « d’unir les énergies du changement pour repenser la mobilisation citoyenne, la rendre plus créative, innovante, performative et populaire, afin de mobiliser largement et susciter un changement, tant du côté de la prise de conscience que de l’envie et du plaisir d’agir. »  Il fait le pari « des cinq sens, des émotions, de l’esthétique et de l’expérience, comme moteurs du changement. »  Son objectif est de générer des actions positives à fort impact médiatique et symbolique, mobiliser un nombre important de citoyens, donner la primeur aux solutions et affirmer un goût pour le changement et l’avenir.

(www.artofchange21.com bientôt en ligne).

Alice Audouin
Initiatrice du projet Art of Change 21
26 mai 2014

28 avril 2014

Développement Durable : Phase 2

Le développement durable est aujourd’hui irrigué par les tendances fortes de la société du partage et de la culture « engagée »Les artistes, entrepreneurs, « makers » et penseurs « rupturistes » sont non seulement les traducteurs et les passeurs du nouveau paradigme en marche, mais donnent aujourd’hui un relais inédit, attirant et riche au développement durable. Ils lui apportent la part sensible manquante à son humanisation et l’adhésion nécessaire à son accélération. Ces mouvements inaugurent la phase 2 du développement durable, celle de son intégration.

La culture, c’est officiel.
Confronté depuis 25 ans à l’inertie, le développement durable se retrouve au pied du mur et demande pour la première fois un renfort au champ du « sensible », à l’univers culturel et créatif. L’évolution des représentations, des habitudes et des désirs, indispensable à l’avancée du développement durable, dépend du ressenti et de la sensibilité. Au-delà des discours scientifiques et techniques qui s’adressent à la raison, les cinq sens, les émotions, l’esthétique et l’expérience, sont les véritables moteurs du changement. Une nouvelle phase démarre actuellement, dans laquelle le développement durable intègre les dimensions esthétiques, immatérielles et sensibles. Dans ce nouveau cadre, la culture prend pleinement sa place et le développement durable est lui-même considéré comme une nouvelle culture, dans laquelle l’art jouent un rôle d’accélérateur du changement.
Les faits démontrent ce tournant. Les Nations-Unies ont voté fin décembre dernier leur première résolution sur la culture et le développement durable et le 5 mai, le premier colloque onusien consacré à « prendre en considération le rôle de la culture » pour les questions de développement durable aura lieu. Les centres dédiés à la relation entre la culture, les citoyens et l’environnement se multiplient, comme Flora à Bogota (Colombie), le PAV (Parco Arte Vivente) à Turin (Italie), ainsi que les expéditions d’artistes sur des « zones sensibles », organisées par exemple par Cape Farewell (Angleterre). Sur les 50 projets artistiques finalistes depuis 2010 du Prix Coal sur les enjeux du développement durable, plus de 60 % ont déjà été mis en oeuvre, prouvant le rôle de l’artiste en tant qu’acteur du changement à l’échelle locale. Les expositions sont également de plus en plus fréquentes sur les enjeux du développement durable. En France, les expositions en cours de Lionel Sabatté à l’Aquarium de Paris ou de Daniaux Pigot au Jeu de paume, et celles à venir, comme Vivre(s)  au domaine de Chamarande (24 mai) ou « Food, water, Life » de Lucy+Jorge Orta au Parc de La Villette (20 mai), témoignent d’une forte dynamique. La mobilisation du secteur culturel pour promouvoir des solutions citoyennes s’accélère particulièrement sur l’enjeu du climat. La COP 21 (21 ème Conférence des Parties sur le Climat), dernière échéance en 2015 pour un accord « post Kyoto » contre le réchauffement climatique, sera une rencontre majeure entre la culture et le développement durable. Les initiatives sont déjà en marche, par exemple à Fribourg en Suisse, avec l’exposition « L’oracle du papillon » qui mixe actuellement l’art et la science dans une approche performative sur la réduction des émissions de CO2, ou en Angleterre avec  Invisible Dust une plateforme artistique dédiée.

coal-directeur-artistique-premiere-collection-privee-art-contemporain-fran-aise-dediee-developpement-durable_1_700856

Lucy+Jorge Orta, Passport Antractica

Blabla Carte.
Le développement durable est concomitamment dans une croissance protéiforme. Il se transforme et s’enrichit par de nouveaux termes, de nouveaux modes de vie émergents, ainsi que de nouveaux modèles économiques associant les performances sociales, environnementales et économiques, sa « triple bottom line ». La terminologie qualifiant une économie plus solidaire et écologique ne cesse de s’élargir : Economie Inclusive, Redistribuée, Positive, Nouvelle, Contributive, Sociale, Solidaire, Collaborative, de Fonctionnalité, Circulaire, Création de Valeur Partagée, etc.  De même à l’échelle de l’individu, de nouvelles manières de consommer, produire et entreprendre ne cessent d’avancer. Autoconsommation, Fab Labs, Upcycling, Financement Participatif, Microcrédit Solidaire, Entrepreneuriat social, Consommation Biologique, Locale et Collaborative, sont, entre autres, les nouvelles ramifications, extensions et expressions du développement durable et cela tombe bien, car elles donnent envie. Ces nouvelles voies constituent des tendances desquelles s’exclure signifie désormais s’exclure de l’avenir. Car via Internet et les réseaux sociaux, elles galopent. Les faits attestent l’ampleur du mouvement. Le financement participatif (crowdfunding) a augmenté de 81 % en 2012 dans le monde. SnappCar (co-voiturage) vient de lever 560000 € de la part de 481 « crowdfunders ». En France, 38 % des français se déclarent désormais prêts à investir de cette manière. La culture du partage rassemble désormais des villes entières, les « Sharable Cities » (Etats-Unis). Dans le domaine du co-voiturage, pilier de la culture du partage, la France compte trois millions d’adeptes. Selon l’agence Bio, 8% des Français sont aujourd’hui des « Bio quotidiens » et 15% des Français sont des « Bio hebdos ». En Chine, 380 000 exemplaires du livre « La Troisième révolution industrielle » de Jeremy Rifkin, plaidant un modèle de décentralisation des énergies renouvelables, ont été vendus. Dans le domaine des marques, de nouveaux territoires se dessinent et se développent sur ce nouveau modèle, en cosmétique, alimentation, transport, équipement de la personne, etc. Des marques de niche comme Veja (chaussures « responsables ») ont une croissance à deux chiffres, en pleine période de crise. Ces pionniers dévoilent les signaux faibles d’un monde en mutation, aujourd’hui moteur d’inspiration et d’innovation pour les acteurs plus traditionnels, comme les grandes entreprises et les institutions.

Tomas Saraceno Cloud city

Tomas Seraceno, Cloud City, Hamburger Bahnhof, 2011

Ces deux phénomènes se rejoignent. Acteurs, inventeurs et pionniers créent une même avant-garde et participent au même phénomène culturel préfigurant une société dans laquelle le citoyen utilise et partage les nouveaux moyens d’exercer sa responsabilité et de participer au changement du monde. Cette direction nouvelle de nature bottom-up, va agglomérer les acteurs traditionnels par contrainte d’innovation et accélérer la réponse aux enjeux du monde actuel, c’est-à-dire le développement durable.

Alice Audouin
28 avril 2014

14 avril 2014

Le Prix COAL 2014 prime deux artistes pionnières de l’éco-citoyenneté

L’édition 2014 du Prix COAL Art & Environnement met à l’honneur l’action éco-citoyenne, en récompensant deux projets artistiques, l’un autour de la culture de pommes de terre, High Diversity d’Åsa Sonjasdotter, et l’autre sur la reforestation, One Beat One Tree de Naziha Mestaoui. Ces deux artistes comptent parmi les pionnières d’un nouveau mouvement à la fois artistique, participatif et écologique.

Le Prix COAL Art et Environnement qui avait cette année pour thème ”Paris”, a engagé la participation de plus de 200 artistes provenant de plus de 30 pays. La cérémonie du Prix COAL Art et Environnement 2014, qui célébrait le lauréat parmi 10 finalistes, s’est tenue le 10 avril au Musée de la Chasse et de la Nature.

Deux projets lauréats accélérateurs de biodiversité et de citoyenneté

Le lauréat du Prix COAL 2014 : Åsa Sonjasdotter pour son projet High Diversity

High Diversity d’Åsa Sonjasdotter, consiste à réintégrer la culture d’une douzaine de variétés de pommes de terre apparues au cours des XVIIIe et XIXe siècles à Paris. Ce projet artistique explore les liens entre évolution du tubercule et histoire politique française. Inspirée par les lieux de culture historique du féculent et l’esprit de résistance face à la standardisation et la production de la nourriture qui émerge à Paris au travers des initiatives des jardins partagés, l’artiste suédoise repère cinq zones de culture possibles parmi lesquelles les Jardins des Plantes et des Tuileries.

Asasonjasdotter

Le Prix spécial des blogueurs : Naziha Mestaoui pour son projet One Beat One Tree

Artiste et architecte d’origine belge, Naziha Mestaoui utilise l’espace, l’image et les technologies pour créer des expériences sensorielles et « immersives ». Son projet One Beat One Tree associe nouvelles technologies et programme de reforestation. Dans un pavillon recouvert de miroirs, implanté de façon permanente dans le Jardin des Tuileries, l’artiste invite les Parisiens à planter un arbre réel, de manière interactive et sensorielle.

naziha2

Les dix projets nominés :

Verdecuratoda…voi, Ettore Favini (Italie, Né en 1974)
Archipels, Étienne de France (France, Né en 1984)
End of Life, Christina Hemauer et Roman Keller (Suisse, Nés en 1973 et 1969)
OOZ, Natalie Jeremijenko (Australie, Née en 1966)
Marcher, Photographier, Geoffroy Mathieu (France, Né en 1972)
A Lake for Les Halles, Helen Mayer et Newton Harrison (USA, Nés en 1929 et 1932)
One Beat One Tree, Naziha Mestaoui (Belgique, Née en 1975)
Plunge Paris, Michael Pinsky (Royaume-Uni, Né en 1967)
Urban Replanning, Igor Ponosov (Russie, Né en 1980)
High Diversity, Åsa Sonjasdotter (Suède, Née en 1966)

Voir le  du Prix Coal 2014, présentant l’ensemble des projets finalistes.

Un jury prestigieux et une innovation pour l’édition 2014 : le Prix Spécial des Blogueurs

Le jury  du Prix COAL 2014 est composé de Claude d’Anthenaisc, Conservateur en chef et directeur du Musée de la Chasse et de la Nature ; Patrick Degeorges, Chargé de mission Idées émergentes et stratégiques au Ministère de l’Écologie du Développement durable et de l’Énergie ; Valérie Duponchelle, Critique d’art au Figaro ; Pierre-Henri Gouyon, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle en botanique et en écologie ; Catherine Larrère, Philosophe, professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Présidente de la Fondation de l’Écologie Politique ; Dominique Lestel, Chercheur en philosophie au CNRS ; Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou Metz ; Jacques Martial, Président de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette ; Raphaël Ménard, Directeur de la prospective, Groupe Egis ; Pierre Oudart, Directeur adjoint chargé des arts plastiques à la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et de la Communication.

jury
Le jury 2014 dans le jardin du Musée de la Chasse et de la Nature, le 10 avril 2014
Photographie Copyright Céline Gaille 2014

Le jury des blogueurs du Prix Spécial des Blogueurs 2014 est composé de Nicolas Baechel, WeGotalent ; Ganaël Bascoul, Soon Soon Soon ; Fabien Bouchard, Ufunk ; Alizée English, Dettachée de Presse ; Flore Michelot, Éco Créateurs ; Anne-Sophie Novel, De Moins en Mieux ; Nathalie Zaouati, The Parisienne.

Une cérémonie réunissant les acteurs de la science, de l’art et du développement durable

La cérémonie du Prix COAL a accueilli le 10 avril environ 250 personnes au Musée de la Chasse et de la Nature. Elle a été animée par Alice Audouin, présidente et co-fondatrice de Coal, qui a invité les chercheurs Luc Abbadie et Robert Vautard à ouvrir les festivités en partageant leurs derniers résultats de recherche sur l’avenir environnemental (climat, biodiversité, pollution) de Paris. L’assemblée a ainsi appris que l’épisode de la canicule de 2003 devrait se reproduire d’ici 2030 avec 3 degrés supplémentaires, et que la biodiversité parisienne, riche en variété mais faible en densité, était très menacée.
Les projets finalistes ont ensuite été dévoilés en direct par les artistes présents et par vidéoconférence, suivis de l’annonce et la remise des Prix. La dotation du Prix COAL, de 10 000 euros, a été attribuée au projet High Diversity d’Åsa Sonjasdotter. Le Prix Spécial des Blogueurs, honorifique, a été attribué à One Beat One Tree de Naziha Mestaoui. Pour le Prix Coal, un trophée spécial a été conçu par l’Ecodesignlab de Mozinor ayant une « performance d’usage » augmentée. Le trophée est un jeu eco-conçu en plus d’être un simple objet.

aadanthenaise

Alice Audouin, présidente de Coal, Claude d’Anthenaise, directeur du Musée de la Chasse et de la Nature. Photographies Copyright Céline Gaille 2014

ponosovPRIX COAL 2014
favinisuisses

Igor Ponosov, Etienne de France, Ettore Favini, Cristina Hamaeur et Roman Keller, artistes.
Photographies Copyright Céline Gaille 2014

scientifiquesnaziha
Jacques Moussafir (Aria Technologies), Robert Vautard (CNRS-ENS-Paris 6 – Polytechnique) et Luc Abbadie (Paris 6), exposent l’avenir environnementale de Paris ; Naziha Mestaoui, Lauréate du prix Spécial des blogueurs avec Loïc Fel, secrétaire général et co-fondateur de Coal. Photographies Copyright Céline Gaille 2014

La cérémonie du Prix Coal bénéficie d’un partenariat avec Egis, Hédonie, l’Agence Limite, l’Ecodesignlab de Mozinor, et le Musée de la Chasse et de la Nature, ainsi que le MEDDE.

L ‘association Coal

Alice Audouin
14 avril 2014

17 mars 2014

Les dix nominés du Prix COAL 2014 sur le thème « Paris »

Le Prix COAL Art et Environnement récompense chaque année depuis 2010, des projets d’artistes contemporains sur les enjeux environnementaux. Il est consacré cette année au thème : « Paris ». Les dix projets finalistes verdissent, bousculent et ré-enchantent Paris pour en faire la capitale du monde de demain. Le lauréat sera choisi par un jury prestigieux le 10 avril prochain au Musée de la Chasse et de la Nature et recevra 10 000 euros. 

Pour la cinquième édition du Prix COAL, près de 200 dossiers d’artistes provenant de plus de 30 pays ont été reçus. De nombreux artistes renommés et pionniers de l’art en lien avec l’écologie y ont participé. Ce succès reflète l’engagement toujours plus fort des artistes sur le thème de l’environnement et la montée en puissance du Prix COAL sur la scène internationale. La remise du prix aura lieu le 10 avril 2014 au Musée de la Chasse et de la Nature, en présence des artistes et du Jury.
Le Prix COAL est organisé par l’association COAL, présidée par Alice Audouin.

Les dix finalistes sont : Ettore Favini, Étienne de France, Christina Hemauer et Roman Keller, Natalie Jeremijenko, Geoffroy Mathieu, Helen Mayer et Newton Harrison, Naziha Mestaoui, Michael Pinsky, Igor Ponosov et Åsa Sonjasdotter.

Prix_Coal_2014_appel_VENOK-e1381310427588

10 PROJETS SUR PARIS, LE THÈME PROPOSÉ POUR LE PRIX COAL 2014

(Cliquer sur le nom du projet pour voir sa présentation)

Grâce au Baron Haussmann, Paris a de magnifiques avenues mais de minuscules parcs et jardins. Trois artistes ont choisi de modifier la morphologie urbaine de Paris et de donner à la nature une nouvelle place esthétique, écologique et politique. Par l’appropriation sauvage de l’existant et un esprit de dé- sobéissance civile pour un mieux-être urbain environnemental et social, le projet participatif Urban Replanning du russe Igor Ponosov, fondateur du mouvement mondial d’artivisme urbain PARTIZANING, consiste à détourner et inventer des éléments signalétiques urbains, comme les panneaux de la signalétique routière, dans le but de re-planifier la ville au quotidien. Artistes pionniers du mouvement “eco-art” aux États-Unis, le duo américain composé de Helen Mayer et Newton Harrison, réfléchit, à l’heure où la construction du nouveau Forum des Halles bat son plein, à y installer un lac, A Lake for les Halles, pour combler le manque de points d’eau existants dans la capitale et purifier l’eau de la Seine. La proposition de l’artiste new-yorkaise Natalie Jeremijenko, OOZ, replace la biodiversité au cœur de la capitale et donne la part belle aux insectes, grâce à plusieurs installations de grande ampleur comme des ponts à papillons ou une tour monumentale, véritable zoo urbain en faveur du bien-être des espèces.

Au sein de la capitale, plus de quatre cent parcs et jardins s’offrent aux habitants et visiteurs. Mais à l’évocation du vé- gétal parisien, les arbres et zones vertes de Paris semblent davantage avoir une fonction décorative qu’effective… En opposition à cette idée, trois artistes engagent les citoyens à devenir végétaliseurs de la ville. Le projet Verde Curato da… Voi de l’italien Ettore Favini consiste en l’implantation de distributeurs de graines dans la ville, afin de la reboiser et de stimuler la participation collective par le biais d’une interface Internet. La suédoise Åsa Sonjasdotter, propose de célébrer la pomme de terre, féculent de la révolution française, avec High Diversity et de réimplanter sa culture partagée au cœur historique de la capitale. La belge Naziha Mestaoui utilise les nouvelles technologies dans son projet One Beat One Tree pour aider les parisiens à prendre conscience de l’impact en CO2 de leurs modes de vie, qui nécessitent sans cesse, pour les compenser, de nouveaux puits carbones : des arbres. Avec son dispositif virtuel, les parisiens deviennent de réels planteurs d’arbres.

Paris est la capitale de la voiture. Le métro, le Vélib’ et plus récemment les véhicules électriques Autolib’ ne sont pas ar- rivés à la débarrasser de ses particules fines dues au diesel, de ses émissions carbone et de ses embouteillages. Deux artistes réinventent les modes de transports de la capitale en favorisant l‘humain, l’autonomie et la contemplation réflexive. Étienne de France imagine ainsi les nouveaux transports publics de demain avec Archipels, une série d’embarcations utopiques sur la Seine, où l’on cultive des aliments en même temps que l’on se déplace à l’aide d’énergies renouvelables. Rappelant à l’individu l’intérêt de la marche à pied, le photog- raphe Geoffroy Mathieu propose quant à lui d’expérimenter le Tiers paysage parisien avec son projet Marcher, Photographier. Par la réalisation de portraits et la captation d’éléments naturels rencontrés au gré d’une marche artistique sur les 120km de la « petite couronne » de Paris, l’artiste expérimente les zones périurbaines qui composent le futur Grand Paris.

Ville nostalgique de son faste et de sa renommée, Paris se transforme lentement en ville-musée. Il ne lui reste plus qu’à célébrer la fin de ses lumières, celles, incandescentes, que les artistes suisses Christina Hemauer et Roman Keller propo- sent d’éteindre pour la dernière fois devant le Grand Palais avec End of Life. La Parisienne ne reconnaît déjà plus les saisons. Les crues, les pics de pollution et les canicules vont se multiplier sous l’effet du réchauffement climatique. L’artiste d’origine écossaise Michael Pinsky avec Plunge Paris place une jauge faite d’un néon bleu translucide sur les œuvres verticales de Paris, de l’Obélisque à la Colonne Vendôme, pour indiquer le niveau de la mer dans un millier d’années. Les artistes imaginent ainsi la fin amère d’une ville célébrée pour son architecture, abritant les chefs d’œuvre du passé, et rappellent à tous les urgences auxquelles ils doivent faire face, pour prémunir Paris de l’oubli. La capitale accueillera la 21e conférence du climat l’an prochain. L’occasion pour Paris de révéler son engagement dans la lutte contre le change- ment climatique avec inventivité.

LE JURY DU PRIX COAL 2014

Claude d’Anthenaise, Conservateur en chef du Musée de la Chasse et de la Nature
Fabrice Bousteau, Rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine
Patrick Degeorges, Philosophe, idées émergentes et stratégiques au Ministère de l’Écologie
Valérie Duponchelle, Critique d’art au Figaro
Pierre-Henri Gouyon, Biologiste spécialisé en sciences de l’évolution, en botanique et en écologie, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle
Catherine Larrère, Philosophe, professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Présidente de la Fondation de l’Écologie Politique
Dominique Lestel, Chercheur en philosophie au CNRS, affecté à l’Université de Tokyo
Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou Metz
Jacques Martial, Président de l’Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette
Raphaël Ménard, Directeur de la prospective, Groupe Egis
Pierre Oudart, Directeur adjoint chargé des arts plastiques à la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et de la Communication

LAURÉATS DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS

En 2013 Architectures transitoires de Laurent Tixador sur le thème Adaptation ; en 2012 La Banque de reines d’ Olivier Darné, sur le thème de la ruralité ; en 2011 Marbre d’ici de Stefan Shankland, ainsi que Folia Atropoïca d’Art Orienté Objet et Beuy’s Acorns d’Ackroyd & Harvey dans une catégorie spéciale Forêts ; en 2010 Assolement de Thierry Boutonnier.

En savoir plus : www.projetcoal.fr