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28 avril 2014

Développement Durable : Phase 2

Le développement durable est aujourd’hui irrigué par les tendances fortes de la société du partage et de la culture « engagée »Les artistes, entrepreneurs, « makers » et penseurs « rupturistes » sont non seulement les traducteurs et les passeurs du nouveau paradigme en marche, mais donnent aujourd’hui un relais inédit, attirant et riche au développement durable. Ils lui apportent la part sensible manquante à son humanisation et l’adhésion nécessaire à son accélération. Ces mouvements inaugurent la phase 2 du développement durable, celle de son intégration.

La culture, c’est officiel.
Confronté depuis 25 ans à l’inertie, le développement durable se retrouve au pied du mur et demande pour la première fois un renfort au champ du « sensible », à l’univers culturel et créatif. L’évolution des représentations, des habitudes et des désirs, indispensable à l’avancée du développement durable, dépend du ressenti et de la sensibilité. Au-delà des discours scientifiques et techniques qui s’adressent à la raison, les cinq sens, les émotions, l’esthétique et l’expérience, sont les véritables moteurs du changement. Une nouvelle phase démarre actuellement, dans laquelle le développement durable intègre les dimensions esthétiques, immatérielles et sensibles. Dans ce nouveau cadre, la culture prend pleinement sa place et le développement durable est lui-même considéré comme une nouvelle culture, dans laquelle l’art jouent un rôle d’accélérateur du changement.
Les faits démontrent ce tournant. Les Nations-Unies ont voté fin décembre dernier leur première résolution sur la culture et le développement durable et le 5 mai, le premier colloque onusien consacré à « prendre en considération le rôle de la culture » pour les questions de développement durable aura lieu. Les centres dédiés à la relation entre la culture, les citoyens et l’environnement se multiplient, comme Flora à Bogota (Colombie), le PAV (Parco Arte Vivente) à Turin (Italie), ainsi que les expéditions d’artistes sur des « zones sensibles », organisées par exemple par Cape Farewell (Angleterre). Sur les 50 projets artistiques finalistes depuis 2010 du Prix Coal sur les enjeux du développement durable, plus de 60 % ont déjà été mis en oeuvre, prouvant le rôle de l’artiste en tant qu’acteur du changement à l’échelle locale. Les expositions sont également de plus en plus fréquentes sur les enjeux du développement durable. En France, les expositions en cours de Lionel Sabatté à l’Aquarium de Paris ou de Daniaux Pigot au Jeu de paume, et celles à venir, comme Vivre(s)  au domaine de Chamarande (24 mai) ou « Food, water, Life » de Lucy+Jorge Orta au Parc de La Villette (20 mai), témoignent d’une forte dynamique. La mobilisation du secteur culturel pour promouvoir des solutions citoyennes s’accélère particulièrement sur l’enjeu du climat. La COP 21 (21 ème Conférence des Parties sur le Climat), dernière échéance en 2015 pour un accord « post Kyoto » contre le réchauffement climatique, sera une rencontre majeure entre la culture et le développement durable. Les initiatives sont déjà en marche, par exemple à Fribourg en Suisse, avec l’exposition « L’oracle du papillon » qui mixe actuellement l’art et la science dans une approche performative sur la réduction des émissions de CO2, ou en Angleterre avec  Invisible Dust une plateforme artistique dédiée.

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Lucy+Jorge Orta, Passport Antractica

Blabla Carte.
Le développement durable est concomitamment dans une croissance protéiforme. Il se transforme et s’enrichit par de nouveaux termes, de nouveaux modes de vie émergents, ainsi que de nouveaux modèles économiques associant les performances sociales, environnementales et économiques, sa « triple bottom line ». La terminologie qualifiant une économie plus solidaire et écologique ne cesse de s’élargir : Economie Inclusive, Redistribuée, Positive, Nouvelle, Contributive, Sociale, Solidaire, Collaborative, de Fonctionnalité, Circulaire, Création de Valeur Partagée, etc.  De même à l’échelle de l’individu, de nouvelles manières de consommer, produire et entreprendre ne cessent d’avancer. Autoconsommation, Fab Labs, Upcycling, Financement Participatif, Microcrédit Solidaire, Entrepreneuriat social, Consommation Biologique, Locale et Collaborative, sont, entre autres, les nouvelles ramifications, extensions et expressions du développement durable et cela tombe bien, car elles donnent envie. Ces nouvelles voies constituent des tendances desquelles s’exclure signifie désormais s’exclure de l’avenir. Car via Internet et les réseaux sociaux, elles galopent. Les faits attestent l’ampleur du mouvement. Le financement participatif (crowdfunding) a augmenté de 81 % en 2012 dans le monde. SnappCar (co-voiturage) vient de lever 560000 € de la part de 481 « crowdfunders ». En France, 38 % des français se déclarent désormais prêts à investir de cette manière. La culture du partage rassemble désormais des villes entières, les « Sharable Cities » (Etats-Unis). Dans le domaine du co-voiturage, pilier de la culture du partage, la France compte trois millions d’adeptes. Selon l’agence Bio, 8% des Français sont aujourd’hui des « Bio quotidiens » et 15% des Français sont des « Bio hebdos ». En Chine, 380 000 exemplaires du livre « La Troisième révolution industrielle » de Jeremy Rifkin, plaidant un modèle de décentralisation des énergies renouvelables, ont été vendus. Dans le domaine des marques, de nouveaux territoires se dessinent et se développent sur ce nouveau modèle, en cosmétique, alimentation, transport, équipement de la personne, etc. Des marques de niche comme Veja (chaussures « responsables ») ont une croissance à deux chiffres, en pleine période de crise. Ces pionniers dévoilent les signaux faibles d’un monde en mutation, aujourd’hui moteur d’inspiration et d’innovation pour les acteurs plus traditionnels, comme les grandes entreprises et les institutions.

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Tomas Seraceno, Cloud City, Hamburger Bahnhof, 2011

Ces deux phénomènes se rejoignent. Acteurs, inventeurs et pionniers créent une même avant-garde et participent au même phénomène culturel préfigurant une société dans laquelle le citoyen utilise et partage les nouveaux moyens d’exercer sa responsabilité et de participer au changement du monde. Cette direction nouvelle de nature bottom-up, va agglomérer les acteurs traditionnels par contrainte d’innovation et accélérer la réponse aux enjeux du monde actuel, c’est-à-dire le développement durable.

Alice Audouin
28 avril 2014

14 avril 2014

Le Prix COAL 2014 prime deux artistes pionnières de l’éco-citoyenneté

L’édition 2014 du Prix COAL Art & Environnement met à l’honneur l’action éco-citoyenne, en récompensant deux projets artistiques, l’un autour de la culture de pommes de terre, High Diversity d’Åsa Sonjasdotter, et l’autre sur la reforestation, One Beat One Tree de Naziha Mestaoui. Ces deux artistes comptent parmi les pionnières d’un nouveau mouvement à la fois artistique, participatif et écologique.

Le Prix COAL Art et Environnement qui avait cette année pour thème ”Paris”, a engagé la participation de plus de 200 artistes provenant de plus de 30 pays. La cérémonie du Prix COAL Art et Environnement 2014, qui célébrait le lauréat parmi 10 finalistes, s’est tenue le 10 avril au Musée de la Chasse et de la Nature.

Deux projets lauréats accélérateurs de biodiversité et de citoyenneté

Le lauréat du Prix COAL 2014 : Åsa Sonjasdotter pour son projet High Diversity

High Diversity d’Åsa Sonjasdotter, consiste à réintégrer la culture d’une douzaine de variétés de pommes de terre apparues au cours des XVIIIe et XIXe siècles à Paris. Ce projet artistique explore les liens entre évolution du tubercule et histoire politique française. Inspirée par les lieux de culture historique du féculent et l’esprit de résistance face à la standardisation et la production de la nourriture qui émerge à Paris au travers des initiatives des jardins partagés, l’artiste suédoise repère cinq zones de culture possibles parmi lesquelles les Jardins des Plantes et des Tuileries.

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Le Prix spécial des blogueurs : Naziha Mestaoui pour son projet One Beat One Tree

Artiste et architecte d’origine belge, Naziha Mestaoui utilise l’espace, l’image et les technologies pour créer des expériences sensorielles et « immersives ». Son projet One Beat One Tree associe nouvelles technologies et programme de reforestation. Dans un pavillon recouvert de miroirs, implanté de façon permanente dans le Jardin des Tuileries, l’artiste invite les Parisiens à planter un arbre réel, de manière interactive et sensorielle.

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Les dix projets nominés :

Verdecuratoda…voi, Ettore Favini (Italie, Né en 1974)
Archipels, Étienne de France (France, Né en 1984)
End of Life, Christina Hemauer et Roman Keller (Suisse, Nés en 1973 et 1969)
OOZ, Natalie Jeremijenko (Australie, Née en 1966)
Marcher, Photographier, Geoffroy Mathieu (France, Né en 1972)
A Lake for Les Halles, Helen Mayer et Newton Harrison (USA, Nés en 1929 et 1932)
One Beat One Tree, Naziha Mestaoui (Belgique, Née en 1975)
Plunge Paris, Michael Pinsky (Royaume-Uni, Né en 1967)
Urban Replanning, Igor Ponosov (Russie, Né en 1980)
High Diversity, Åsa Sonjasdotter (Suède, Née en 1966)

Voir le  du Prix Coal 2014, présentant l’ensemble des projets finalistes.

Un jury prestigieux et une innovation pour l’édition 2014 : le Prix Spécial des Blogueurs

Le jury  du Prix COAL 2014 est composé de Claude d’Anthenaisc, Conservateur en chef et directeur du Musée de la Chasse et de la Nature ; Patrick Degeorges, Chargé de mission Idées émergentes et stratégiques au Ministère de l’Écologie du Développement durable et de l’Énergie ; Valérie Duponchelle, Critique d’art au Figaro ; Pierre-Henri Gouyon, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle en botanique et en écologie ; Catherine Larrère, Philosophe, professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Présidente de la Fondation de l’Écologie Politique ; Dominique Lestel, Chercheur en philosophie au CNRS ; Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou Metz ; Jacques Martial, Président de l’Établissement public du Parc et de la Grande Halle de la Villette ; Raphaël Ménard, Directeur de la prospective, Groupe Egis ; Pierre Oudart, Directeur adjoint chargé des arts plastiques à la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et de la Communication.

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Le jury 2014 dans le jardin du Musée de la Chasse et de la Nature, le 10 avril 2014
Photographie Copyright Céline Gaille 2014

Le jury des blogueurs du Prix Spécial des Blogueurs 2014 est composé de Nicolas Baechel, WeGotalent ; Ganaël Bascoul, Soon Soon Soon ; Fabien Bouchard, Ufunk ; Alizée English, Dettachée de Presse ; Flore Michelot, Éco Créateurs ; Anne-Sophie Novel, De Moins en Mieux ; Nathalie Zaouati, The Parisienne.

Une cérémonie réunissant les acteurs de la science, de l’art et du développement durable

La cérémonie du Prix COAL a accueilli le 10 avril environ 250 personnes au Musée de la Chasse et de la Nature. Elle a été animée par Alice Audouin, présidente et co-fondatrice de Coal, qui a invité les chercheurs Luc Abbadie et Robert Vautard à ouvrir les festivités en partageant leurs derniers résultats de recherche sur l’avenir environnemental (climat, biodiversité, pollution) de Paris. L’assemblée a ainsi appris que l’épisode de la canicule de 2003 devrait se reproduire d’ici 2030 avec 3 degrés supplémentaires, et que la biodiversité parisienne, riche en variété mais faible en densité, était très menacée.
Les projets finalistes ont ensuite été dévoilés en direct par les artistes présents et par vidéoconférence, suivis de l’annonce et la remise des Prix. La dotation du Prix COAL, de 10 000 euros, a été attribuée au projet High Diversity d’Åsa Sonjasdotter. Le Prix Spécial des Blogueurs, honorifique, a été attribué à One Beat One Tree de Naziha Mestaoui. Pour le Prix Coal, un trophée spécial a été conçu par l’Ecodesignlab de Mozinor ayant une « performance d’usage » augmentée. Le trophée est un jeu eco-conçu en plus d’être un simple objet.

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Alice Audouin, présidente de Coal, Claude d’Anthenaise, directeur du Musée de la Chasse et de la Nature. Photographies Copyright Céline Gaille 2014

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Igor Ponosov, Etienne de France, Ettore Favini, Cristina Hamaeur et Roman Keller, artistes.
Photographies Copyright Céline Gaille 2014

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Jacques Moussafir (Aria Technologies), Robert Vautard (CNRS-ENS-Paris 6 – Polytechnique) et Luc Abbadie (Paris 6), exposent l’avenir environnementale de Paris ; Naziha Mestaoui, Lauréate du prix Spécial des blogueurs avec Loïc Fel, secrétaire général et co-fondateur de Coal. Photographies Copyright Céline Gaille 2014

La cérémonie du Prix Coal bénéficie d’un partenariat avec Egis, Hédonie, l’Agence Limite, l’Ecodesignlab de Mozinor, et le Musée de la Chasse et de la Nature, ainsi que le MEDDE.

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Alice Audouin
14 avril 2014

7 avril 2014

Sakina M’Sa, la Mademoiselle Chanel du développement durable

Sakina M’Sa est une pionnière et leader en innovation à la fois esthétique, sociale et environnementale. Styliste de la marque de mode éthique Sakina M’Sa, fondatrice de l’entreprise d’insertion par la couture Trevo, pionnière du upcycling, activiste de la beauté plurielle, elle partage aujourd’hui son « logiciel » avec les autres créateurs et prône le développement durable comme la nouvelle définition du luxe.

Au-delà de l’exemplarité
Comme toute personne devenant lentement mais sûrement une légende, Sakina M’Sa se prête aux grands récits, riches en périples et en singularités. Le grand récit de la vie Sakina M’sa démarre par sa grand-mère, qui lui montre peu après sa naissance aux Comores, la direction : l’horizon. Le récit se poursuit à Marseille où elle arrive à l’âge de 7 ans, puis dans une tour de Bagnolet où elle devient, tout juste adolescente, créatrice de mode. Il s’accélère avec son succès, remarqué par des philosophes comme Jean Baudrillard, et son entrée dans le corner des jeunes créateurs des Galeries Lafayette, puis se stabilise dans le 18 ème arrondissement de Paris, où elle fonde son entreprise d’insertion par la couture Trevo, il y a plus de 5 ans. Son récit repart de plus belle en 2010, à la maison d’arrêt de femmes de Fleury-Mérogis, date historique de son premier défilé avec les détenues puis continue sa course pour arriver aujourd’hui, où elle s’apprête à ouvrir deux corners au BHV, à la fois  côté homme et côté femme. Il rebondira demain, quand Sakina M’sa ouvrira son propre concept store, sur son concept à elle, alliant insertion, environnement et style. Mais les grands récits ont leur limite : ils se ressemblent souvent par ce que l’on veut y trouver, l’histoire d’un courage à la hauteur des difficultés rencontrées. Admirer Sakina M’Sa sous l’angle du parcours du combattant, c’est défaire ce qu’elle a construit, c’est perpétuer les stéréotypes qu’elle a elle-même dénoués et c’est la réduire à une belle  « exception » chère à la République. Sakina M’Sa vaut mieux que d’être exemplaire. Le but n’est pas de créer des exceptions, mais de changer la norme.

Le style, c’est justement savoir oublier les stéréotypes, pour ne garder que la présence, c’est quitter le passé, pour vivre l’instant. C’est bien ce qu’attendent les femmes en insertion, ne pas être sans cesse ramenées à leur trajectoire, mais pouvoir démarrer une vie nouvelle. C’est aujourd’hui qui compte, et c’est la vocation de Trevo, l’entreprise s’insertion de Sakina M’Sa.

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L’insertion par la mode.
Pourquoi avoir créé une entreprise d’insertion en France et non collaboré avec les pays du Sud ? Pour Sakina M’Sa, c’était pourtant facile de démarrer une entreprise de mode équitable à Madagascar, avec ses cousins et cousines. « Au moment où toute l’industrie partait pour l’étranger, pour baisser ses coûts de main d’oeuvre, j’avais le sentiment qu’elle partait  pour mourir » dit-elle. Elle décide alors d’agir ici, contre la pauvreté. Monter une entreprise d’insertion est la face Nord de la création d’emploi, car il faut recruter du personnel d’encadrement avant tout démarrage d’activité, à savoir un chargé d’insertion et un encadrant technique. Obtenir le statut d’entreprise d’insertion en 2009 fut la victoire de Sakina M’Sa après deux années d’efforts.
Aujourd’hui, plus de dix femmes ont bénéficié de cette insertion par la mode grâce à Trevo. Dans l’entreprise, chaque étape de la création trouve un sens nouveau et pas seulement au niveau des ressources humaines. Le upcycling (apporter de la valeur ajoutée aux déchets) permet de concevoir une mode à partir de chutes de tissu ou de vêtements récupérés, et de créer ainsi une géométrie nouvelle tout en préservant l’environnement. Les défilés sont eux-aussi reprogrammés avec le logiciel de l’innovation sociale. Ils cessent d’encenser l’uniformité, sur scène défilent des femmes de tous âges, de toutes tailles : la pub Dove avant l’heure, et en mieux. Le modèle est complet donc « transgressif » dans le secteur très normé de la mode, disqualifiant toute femme au-delà de la taille 38.
A la maison d’arrêt de femmes de Fleury-Mérogis où Sakina M’Sa a organisé deux défilés, en 2010 et 2011, les détenues ont non seulement créé les vêtements, mais ont elles-mêmes défilé, coiffées et maquillées. Dans ce processus, plusieurs d’entre elles ont retrouvé un CAP de coiffeuse longtemps oublié ou des talents de couturières abandonnés, et ont ainsi pu tracer une ligne entre leur passé et leur avenir, reprendre espoir. D’autres ont tout simplement repris confiance en défilant sous le regard bienveillant de Sakina M’Sa qui leur disait avant de s’élancer « n’oublie pas que tu es plus belle que Naomie Campbell. » Le troisième défilé est programmé pour la fin décembre 2014.
Par son style et ses valeurs, la marque Sakina M’sa séduit les grandes marques traditionnelles, au travers de créations en co-branding, avec Puma, La Redoute, Naturalia, etc. Le groupe Kering va plus loin, en créant un véritable partenariat visant à aider le développement de la marque Sakina M’Sa. La marraine du projet Sandrine Meunier, de l’enseigne Yves Saint Laurent, témoigne sur le site de la fondation d’entreprise « Ce qui me touche dans le projet de Sakina c’est sa volonté d’insérer par le beau : elle n’hésite pas à confier des tâches de haute couture à des femmes marginalisées. Elle les tire vers le haut, vers le beau. J’ai envie de l’accompagner dans son projet tant que je pourrai être utile. »

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Lancer la mode de l’insertion
Sakina M’Sa croise la chance, l’innovation, le goût, avec la vocation. Celle d’une styliste qui a compris que le style ne s’arrêtait pas au vêtement, mais à tout ce qu’il englobe : les parcours des femmes qui l’ont fabriqué et des matières qui l’ont constitué. Elle définit sa marque comme   » une marque durable et désirable, graphique et moderne. Elle est destinée à des femmes porteuses de sens. Je crois profondément que c’est la femme qui change la société. » Son mot d’ordre :  » le style, on achète un vêtement avant tout pour son style. »
Pour la créatrice « le luxe aujourd’hui, c’est le développement durable ». Une phrase à ne pas comprendre de travers : le développement n’est pas un luxe, c’est le le luxe qui doit intégrer le développement durable. Ce pourquoi Sakina M’Sa développe actuellement la phase deux du projet, donner aux marques de luxe les moyens d’expérimenter cette approche aujourd’hui considérée comme alternative comme moyen d’innover et d’apporter à la société de valeur ajoutée.
Sakina M’Sa lance la mode de l’insertion : oui, aider les femmes à s’insérer c’est utile, oui, faire des vêtements avec des chutes de textile, c’est beau, oui, ancrer la valeur de la mode dans sa fabrication et pas uniquement son image, c’est juste.

Prenons l’exemple de Chanel. Karl Lagerfeld a souvent d’excellentes inspirations pour ses défilés de la Fashion Week au Grand Palais, comme des champs d’éoliennes, des terres post-apocalyspe ou des oeuvres d’art contemporain. Mais son dernier défilé, qui avait pour décor un supermarché, semble exprimer la fin d’un cycle. En conduisant les mannequins à déambuler dans ce faux supermarché comme s’il s’agissait d’un décor amusant, à l’heure où cette réalité écrase une majorité de la population, Chanel perd le fil du sens. Or la seule manière aujourd’hui de défendre une légitimité, c’est justement de produire du sens et l’une des plus belles manières de le faire est l’approche collaborative et solidaire, au coeur du développement durable et de la démarche de Sakina M’Sa. Karl collaborera-t-il un jour avec Sakina ? Sans doute. Parce que Mademoiselle Chanel, aujourd’hui, c’est elle.

Alice Audouin
7 avril 2014
Entretien avec Sakina M’Sa, le 4 avril 2014

27 mars 2014

Hélène Le Teno, la nouvelle ambassadrice de la transition écologique

La lutte contre le réchauffement climatique garde sa main de fer mais se gante de velours. Le visage angélique et juvénile d’Hélène Le Teno masque habilement sa colère contre la société du gâchis, sa détermination à toute épreuve et son Q.I. qui n’a rien à envier à celui de ses patrons Alain Grandjean et Jean-Marc Jancovici (Cabinet Carbone 4). Aujourd’hui, Hélène Le Teno prend la suite de « Janco » et publie avec Alain Grandjean  « Miser (vraiment) sur la transition écologique », aux Editions de l’Atelier (parution le 13 mars 2014). 

Après le choc du duo « Janco-Grandjean », qui expliquait sans ménagement que, d’accord ou pas d’accord, tout le monde allait atrocement souffrir à l’avenir à cause du climat et ferait mieux d’apprendre à bêcher et pédaler sur de longues distances immédiatement :-), voici le tandem de charme « Le Teno-Grandjean ». Davantage « ying & yang », ce nouveau duo joue une carte plus en rondeur, invitant davantage les lecteurs à désirer le changement.
Diplômée de l’École nationale des Ponts et chaussées, Hélène Le Teno a déjà publié une Cartographie de la transition carbone, par la fondation The Shift Project.

Interview.

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Alice Audouin : Pourquoi avoir étendu la notion de transition énergétique à celle de transition écologique ? Quelle est la différence entre les deux ?
Hélène Le Teno : La transition écologique, c’est passer d’un système économique vorace en ressources, près de 12 tonnes de matières par habitant et par an en France, à un système qui permettra de faire « beaucoup mieux avec beaucoup moins », moins de pétrole, mais aussi moins d’eau, moins de terres arables, moins de minerais, et de générer beaucoup moins de pollutions. C’est donc beaucoup plus large que la transition énergétique qui ne couvre que le passage vers des énergies vertes et une meilleure maîtrise de la demande en énergie. Faire la transition écologique, c’est donc un défi plus vaste, mais qui permet de rassembler plus largement les citoyens: ceux qui se soucient de manger « bon et sain », tout comme ceux qui veulent isoler leur maison, ou ceux qui veulent financer divers projets porteurs de sens tout près de chez eux.

A.A. : Quel est le secteur économique le plus avancé sur le chemin de la transition écologique ?
H. L. T. : Il est difficile de dire quels secteurs devraient monter sur le podium à ce jour. Dans la construction, les transports, l’agriculture, l’industrie, nos progrès sont plutôt timides. La ponction sur les ressources et les pollutions induites baissent à très petite vitesse, et de nombreux progrès technologiques sont annulés par l’effet rebond: si j’ai une maison mieux isolée, je vais souvent en profiter pour me chauffer un peu plus et gagner en confort… Rappelons que les émissions de gaz à effet de serre liées à la consommation des ménages français continuent à monter, en raison de la grande quantité de produits importés, produits de plus en plus complexes, fabriqués dans des pays qui n’ont pas toujours de politique énergétique ou écologique forte.
Si l’on est positif, dans chaque secteur, on trouve heureusement des pionniers, des projets qui sont des « graines de transition » qui nous indiquent ce que pourrait être le monde de demain. Pour un avenir moins hasardeux, il est essentiel de les aider à s’épanouir et de favoriser leur démultiplication.

A.A :
Selon vous, il suffirait de changer son alimentation pour commencer à changer la donne. Cela semble accessible, bien davantage que de changer de mode de transport ou de logement. Comment réussir ce premier pas ?
H. L. T. : L’alimentation reste en effet la première de nos fonctions vitales! Manger mieux, plus sain, et pour pas plus cher est désormais possible, même si les impressions telles que « le bio est cher » restent vivaces. Ces impressions sont largement fondées quand nous nous approvisionnons par les canaux majoritaires, c’est à dire tant que nous ne participons pas activement au développement de circuits courts entre le producteur et le consommateur final. Y parvenir seul est nécessairement peu efficace, qui va aller à la ferme tous les jours, puisque nous sommes urbains à plus de 90% ?, mais « faire ensemble » des petits projets pour y arriver c’est possible: s’inscrire dans une AMAP, acheter des paniers, cuisiner ensemble de bons plats à partager ou emporter sa boite repas, participer à la vie d’un Biocoop, pousser au changement de pratique dans les cantines, mettre un peu de son épargne dans la Foncière Terre de Liens, devenir flexitarien c’est-à-dire manger un peu moins de viande, mais sans dogmatisme, et pourquoi pas, passer quelques heures joyeuses dans un petit carré de potager privatif ou partagé? Les pistes ne manquent pas pour les gourmands…

A.A :
L’évolution de la finance est essentielle à la transition écologique ? Pourquoi ?
H. L. T : La transition écologique dépasse bien entendu la question de « faut-il implanter des éoliennes ou des panneaux solaires ». Il s’agit de faire muter l’ensemble de nos organisations économiques et politiques, pour que demain nous sachions être réellement économes – à savoir faire au moindre coût en euros, mais aussi au moindre coût en ressources. Or aujourd’hui la finance mesure et arbitre en fonction de rentabilité « directe » , comme la marge d’une entreprises, le rendement d’un placement, sans considérer les coûts globaux d’une activité ou d’un projet: ses impacts négatifs ou positifs sur l’emploi, ses impacts sur l’environnement.
Faire la transition écologique, c’est donc donner sa juste place à la finance, en faisant appel à tous ses outils, mais en ayant bien compris que notre avenir dépendra de notre capacité à bien gouverner les « biens communs ». Ces derniers sont les ressources naturelles, la stabilité du climat par exemple, mais on peut aussi considérer comme Gaël Giraud que la liquidité et le crédit sont des biens communs, et que leur gouvernance ne doit pas échoir dans les seules mains des financiers. Les chantiers à enclencher dans le domaine financier sont énormes: nous l’avons appelé le Décathlon de la transition dans notre livre, afin de bien décrire les différents moyens qu’il nous faudrait saisir, et dire aussi que dans l’attente de tous ces changements, l’action individuelle ou locale est indispensable.
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A. A. : Vous vous appuyez sur la sociologue américaine Juliet B. Shor, qu’apporte-t-elle à votre approche ?
H. L. T. : Juliet Schor traite largement et avec brio de plusieurs notions. Elle présente l’évolution de l’usage du temps, et nous rappelle à quel point notre temps quotidien est happé par le travail et la consommation. Le temps dédié à des loisirs non marchands (lire, jardiner, etc) est toujours plus restreint, alors même qu’en théorie les technologies et l’industrialisation auraient du nous offrir un surplus de temps considérable. Elle poursuit en disant que dans un monde qui va être contraint par les ressources physiques, et dans lequel il faudra réapprendre à faire certaines choses par soi-même, restaurer le capital social est une des premières priorités de la transition écologique. Restaurer ce capital, c’est ranimer la trame de nos relations humaines, pour qu’elles soient certes agréables mais aussi productives à tous égards, que nous puissions échanger des savoirs et savoir-faire utiles et pas seulement partager uniquement des divertissements ou hobbies.


A.A.
« Faire ensemble » doit remplacer le « vivre ensemble » pour réussir la transition, mais comment y parvenir, sachant que le « vivre ensemble » est lui-même déjà délité ?
H. L. T. : Notre analyse est que le « vivre ensemble » est délité justement parce qu’il s’agit d’une chimère à bout de souffle qui nous est proposé par l’essentiel de nos grands médias et nos politiques pour masquer la faillite systémique dans laquelle nous nous trouvons: transitions sociales et sociétales majeures, baisse du pouvoir d’achat moyen et effets d’exclusion, fin du processus d’urbanisation et souvent perte d’attachement territorial, perte de sens fréquente au travail dans des entreprises fragilisées, absence de projets communs puisque l’essentiel du temps des citoyens est passé à travailler plus pour dépenser plus – ce qui ne ressemble guère à un projet de vie séduisant. Faire ensemble, c’est redécouvrir qu’il peut être humainement beaucoup plus épanouissant d’accomplir un projet, petit ou gros, à plusieurs, que d’arpenter côte à côte les galeries commerciales, ou d’échanger des selfies, et qu’à la fin ces efforts conjoints bénéficient à nous, à nos proches, à nos enfants… 

A.A : Vous critiquez les selfies. La campagne actuelle de la Fashion Revolution Day  est basée sur des selfies que chacun envoie en portant son vêtement à l’envers pour montrer son étiquette et donc poser la question des conditions de fabrication des vêtements. Par ailleurs, le selfie le plus répandu, celui d’Helen DeGeneres à la dernière cérémonie des Oscars a permis d’écouter son discours dans lequel elle évoque le racisme qui prévaut parfois à Hollywood. Cet outil est-il forcément en contradiction avec la cause qu’il peut servir ou bien est-il bienvenu pour une mobilisation pour le développement durable ?
H.L.T : Les selfies peuvent probablement être utiles pour réconcilier l’égo individuel et l’idée du faire ensemble, mais pour l’instant, je les vois plutôt comme une expression extrême de notre individualisme et du souci de l’apparence, et comme une marque de la civilisation du tout tout de suite, plutôt qu’un moyen d’enclencher ou populariser un travail de fond, pour réaliser des mutations fortes de notre système économique. L’avenir nous dira peut être le contraire!

A.A : Si vous deviez justement utiliser la publicité comme moyen de promotion du développement durable, duel serait l’argument publicitaire pour vous choisiriez pour rendre désirable le mode de vie sobre en carbone que vous plébiscitez et tout ce qu’il intègre entre autres, l’autoconsommation, la réduction du temps de travail et le travail physique ?
H. L. T. : « Demain j’arrête de me fatiguer:  je cultive mon jardin » ou « Nous avons tout entre nos mains / Tout est dans nos mains, devenons riche ensemble ». C’est sans doute moins lapidaire que « Power from the People » de Greg Pahl aux Etats-unis, mais les français ne sont peut être pas encore prêts à se reprendre en main…

A.A. : D’où vient votre détermination à faire avancer une solution ?
H. L. T. : Pour peu qu’on accepte d’ouvrir grand les yeux sur notre monde moderne, on est vite rempli d’une colère en face d’un intense gâchis: gâchis humain avec un taux de chômage déraisonnable et toujours croissant assorti d’un « vide spirituel » qu’on peut qualifier d’abyssal, gâchis environnemental sans précédent, gâchis économique car les richesses dans notre pays ne semble pas toujours affectées à des endroits qui ont un sens pour l’avenir. C’est peut être le propre des écolos de s’indigner toujours et encore devant le gâchis, et de ne pas trouver que l’essentiel est de faire la fête sans penser aux lendemains difficiles…et c’est justement cette vision « moralisatrice » qui peut fatiguer ceux qui le sont moins, mais fondamentalement il m’est juste impossible de me résigner à autant d’absurdité! Soyons vivants tant que nous sommes sur cette planète!

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A.A La France hébergera la COP 21, la conférence du climat, en 2015, va-elle mobiliser ou démobiliser les Français selon vous ?
H. L. T : Les grandes négociations climatiques internationales peinent à rassembler et motiver le grand public. Si l’action mondiale est souhaitable, et même nécessaire, elle se heurte souvent à des obstacles récurrents : il est très difficile de bâtir des consensus et de s’engager à agir avec la même intensité, à 150 ou 200 parties. C’est pourquoi on considère souvent que le minilatéralisme est plus efficace que le multilatéralisme.  Se réunir et décider à huit ou dix parties évite souvent l’écueil d’une conclusion « moins-disante », a minima, qui ne satisfait personne et n’est pas à la hauteur des enjeux. Accueillir la COP21 reste une chance: espérons qu’elle sera un grand temps de partage, de mise en relation entre acteurs et pays, et qu’elle permette de diffuser de nouvelles bonnes propositions et pratiques. Espérons aussi qu’elle permettra de rappeler le principe de subsidiarité, principe moral qui permet d’accélérer le changement et d’être plus efficace pour mener à bien la transition: ce qui peut être fait à l’échelon local doit être fait à l’échelon local (par nous tous), et que l’échelon global joue uniquement son rôle mais le joue bien.

A.A. :
Vous travaillez chez Carbone 4, un repère d’ingénieurs passionnés de climat. Quel est la place des ingénieurs dans la transition écologique ?
H. L. T : Ce qu’on peut attendre d’un ingénieur aujourd’hui ce n’est malheureusement pas qu’il découvre l’énergie 100% propre, ou l’alchimie qui permette de fabriquer tout à partir de rien. C’est un aveu de faiblesse, sans doute salutaire, que de ne pas se prendre pour des génies. La fonction pratique de l’ingénieur peut être d’aider à mieux comprendre, modéliser, optimiser des systèmes complexes. Il reste néanmoins démuni en général devant la « matière humaine ». Beaucoup de décisions politiques ne sont pas prises sur des critères rationnels d’efficacité, beaucoup de comportements des citoyens et de consommateurs sont trop complexes pour être prédits ou modélisés, bref, la vraie vie ne tient pas en équation. L’ingénieur moderne doit surtout s’entourer de sociologues, de biologistes… et de ses voisins du dessus, pour redescendre sur terre, et apporter sa modeste contribution au chemin de notre histoire à venir !

A.A : Remplacer Jean-Marc Jancovici comme co-auteur d’Alain Grandjean est un sacré challenge non ?  🙂
H. L. T : L’idée n’était surtout pas de remplacer Jean-Marc, qui est bien sûr irremplaçable. Alain a d’autres co-auteurs que Jean-Marc, comme Gabriel Galand avec qui il a écrit « La Monnaie dévoilée ». Pour moi, il s’agissait plutôt d’entrer dans une logique de co-création mise en place par Alain depuis longtemps . Le pari de ce nouveau livre, c’est d’apporter une vision optimiste et séduisante de la transition écologique. C’est de montrer qu’il s’agit d’un projet de société nouveau, motivant, créateur d’emploi et de richesses sur nos territoires, indispensable pour nos générations. Ecrire avec Alain Grandjean permet de confronter sa compréhension profonde du fonctionnement et des impasses de notre société dans son ensemble avec mes observations plus empiriques et la dynamique de la Génération Y que je représente, sur l’urgence de nous réinventer pour assurer notre futur. Nous avons réussi à partager nos convictions, nos propositions et notre enthousiasme, ce fut une collaboration très fructueuse pour moi.

A.A : Dans votre vie, comment mettez vous en oeuvre la transition écologique ?
H. L. T : Je ne pense pas faire mieux que tout le monde! Dit autrement, je compose avec les impératifs de la vie moderne – avec le besoin de faire « bouillir la marmite » pour élever des enfants, et ce sans prendre le risque de nous faire écraser à vélo dans les rues de Paris… Si je peux choisir un métier auquel je crois, je fonce et j’y vais. Si je peux éviter de me goinfrer (de nourriture ou d’achats), tant mieux pour le porte monnaie et la planète. Si je peux partager ce que j’aime et que c’est « un peu vert », finalement, c’est ce qui compte.

A. A : Si vous deviez changer de vie, quelle autre vie choisiriez vous ?
H. L. T. : Au risque de sortir un poncif, planter des légumes, des fruits et des fleurs par exemple, c’est-à-dire se casser le dos à ras du sol et gagner peu de radis, mais avoir le plaisir de sentir les saisons, de voir le soleil se lever et se coucher et de respirer autre chose que les effluves de la ville. Ces métiers peuvent aujourd’hui être pratiqués autrement et avec plus de peps qu’il y a quelques décennies, c’est le pari de l’expérimentation de la microferme en permaculture de la Bourdaisière par exemple.

Alice Audouin
27 mars 2014
17 mars 2014

Les dix nominés du Prix COAL 2014 sur le thème « Paris »

Le Prix COAL Art et Environnement récompense chaque année depuis 2010, des projets d’artistes contemporains sur les enjeux environnementaux. Il est consacré cette année au thème : « Paris ». Les dix projets finalistes verdissent, bousculent et ré-enchantent Paris pour en faire la capitale du monde de demain. Le lauréat sera choisi par un jury prestigieux le 10 avril prochain au Musée de la Chasse et de la Nature et recevra 10 000 euros. 

Pour la cinquième édition du Prix COAL, près de 200 dossiers d’artistes provenant de plus de 30 pays ont été reçus. De nombreux artistes renommés et pionniers de l’art en lien avec l’écologie y ont participé. Ce succès reflète l’engagement toujours plus fort des artistes sur le thème de l’environnement et la montée en puissance du Prix COAL sur la scène internationale. La remise du prix aura lieu le 10 avril 2014 au Musée de la Chasse et de la Nature, en présence des artistes et du Jury.
Le Prix COAL est organisé par l’association COAL, présidée par Alice Audouin.

Les dix finalistes sont : Ettore Favini, Étienne de France, Christina Hemauer et Roman Keller, Natalie Jeremijenko, Geoffroy Mathieu, Helen Mayer et Newton Harrison, Naziha Mestaoui, Michael Pinsky, Igor Ponosov et Åsa Sonjasdotter.

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10 PROJETS SUR PARIS, LE THÈME PROPOSÉ POUR LE PRIX COAL 2014

(Cliquer sur le nom du projet pour voir sa présentation)

Grâce au Baron Haussmann, Paris a de magnifiques avenues mais de minuscules parcs et jardins. Trois artistes ont choisi de modifier la morphologie urbaine de Paris et de donner à la nature une nouvelle place esthétique, écologique et politique. Par l’appropriation sauvage de l’existant et un esprit de dé- sobéissance civile pour un mieux-être urbain environnemental et social, le projet participatif Urban Replanning du russe Igor Ponosov, fondateur du mouvement mondial d’artivisme urbain PARTIZANING, consiste à détourner et inventer des éléments signalétiques urbains, comme les panneaux de la signalétique routière, dans le but de re-planifier la ville au quotidien. Artistes pionniers du mouvement “eco-art” aux États-Unis, le duo américain composé de Helen Mayer et Newton Harrison, réfléchit, à l’heure où la construction du nouveau Forum des Halles bat son plein, à y installer un lac, A Lake for les Halles, pour combler le manque de points d’eau existants dans la capitale et purifier l’eau de la Seine. La proposition de l’artiste new-yorkaise Natalie Jeremijenko, OOZ, replace la biodiversité au cœur de la capitale et donne la part belle aux insectes, grâce à plusieurs installations de grande ampleur comme des ponts à papillons ou une tour monumentale, véritable zoo urbain en faveur du bien-être des espèces.

Au sein de la capitale, plus de quatre cent parcs et jardins s’offrent aux habitants et visiteurs. Mais à l’évocation du vé- gétal parisien, les arbres et zones vertes de Paris semblent davantage avoir une fonction décorative qu’effective… En opposition à cette idée, trois artistes engagent les citoyens à devenir végétaliseurs de la ville. Le projet Verde Curato da… Voi de l’italien Ettore Favini consiste en l’implantation de distributeurs de graines dans la ville, afin de la reboiser et de stimuler la participation collective par le biais d’une interface Internet. La suédoise Åsa Sonjasdotter, propose de célébrer la pomme de terre, féculent de la révolution française, avec High Diversity et de réimplanter sa culture partagée au cœur historique de la capitale. La belge Naziha Mestaoui utilise les nouvelles technologies dans son projet One Beat One Tree pour aider les parisiens à prendre conscience de l’impact en CO2 de leurs modes de vie, qui nécessitent sans cesse, pour les compenser, de nouveaux puits carbones : des arbres. Avec son dispositif virtuel, les parisiens deviennent de réels planteurs d’arbres.

Paris est la capitale de la voiture. Le métro, le Vélib’ et plus récemment les véhicules électriques Autolib’ ne sont pas ar- rivés à la débarrasser de ses particules fines dues au diesel, de ses émissions carbone et de ses embouteillages. Deux artistes réinventent les modes de transports de la capitale en favorisant l‘humain, l’autonomie et la contemplation réflexive. Étienne de France imagine ainsi les nouveaux transports publics de demain avec Archipels, une série d’embarcations utopiques sur la Seine, où l’on cultive des aliments en même temps que l’on se déplace à l’aide d’énergies renouvelables. Rappelant à l’individu l’intérêt de la marche à pied, le photog- raphe Geoffroy Mathieu propose quant à lui d’expérimenter le Tiers paysage parisien avec son projet Marcher, Photographier. Par la réalisation de portraits et la captation d’éléments naturels rencontrés au gré d’une marche artistique sur les 120km de la « petite couronne » de Paris, l’artiste expérimente les zones périurbaines qui composent le futur Grand Paris.

Ville nostalgique de son faste et de sa renommée, Paris se transforme lentement en ville-musée. Il ne lui reste plus qu’à célébrer la fin de ses lumières, celles, incandescentes, que les artistes suisses Christina Hemauer et Roman Keller propo- sent d’éteindre pour la dernière fois devant le Grand Palais avec End of Life. La Parisienne ne reconnaît déjà plus les saisons. Les crues, les pics de pollution et les canicules vont se multiplier sous l’effet du réchauffement climatique. L’artiste d’origine écossaise Michael Pinsky avec Plunge Paris place une jauge faite d’un néon bleu translucide sur les œuvres verticales de Paris, de l’Obélisque à la Colonne Vendôme, pour indiquer le niveau de la mer dans un millier d’années. Les artistes imaginent ainsi la fin amère d’une ville célébrée pour son architecture, abritant les chefs d’œuvre du passé, et rappellent à tous les urgences auxquelles ils doivent faire face, pour prémunir Paris de l’oubli. La capitale accueillera la 21e conférence du climat l’an prochain. L’occasion pour Paris de révéler son engagement dans la lutte contre le change- ment climatique avec inventivité.

LE JURY DU PRIX COAL 2014

Claude d’Anthenaise, Conservateur en chef du Musée de la Chasse et de la Nature
Fabrice Bousteau, Rédacteur en chef de Beaux-Arts Magazine
Patrick Degeorges, Philosophe, idées émergentes et stratégiques au Ministère de l’Écologie
Valérie Duponchelle, Critique d’art au Figaro
Pierre-Henri Gouyon, Biologiste spécialisé en sciences de l’évolution, en botanique et en écologie, Professeur au Muséum national d’Histoire naturelle
Catherine Larrère, Philosophe, professeur émérite à l’Université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, Présidente de la Fondation de l’Écologie Politique
Dominique Lestel, Chercheur en philosophie au CNRS, affecté à l’Université de Tokyo
Laurent Le Bon, Directeur du Centre Pompidou Metz
Jacques Martial, Président de l’Etablissement Public du Parc et de la Grande Halle de la Villette
Raphaël Ménard, Directeur de la prospective, Groupe Egis
Pierre Oudart, Directeur adjoint chargé des arts plastiques à la Direction générale de la création artistique du ministère de la Culture et de la Communication

LAURÉATS DES PRÉCÉDENTES ÉDITIONS

En 2013 Architectures transitoires de Laurent Tixador sur le thème Adaptation ; en 2012 La Banque de reines d’ Olivier Darné, sur le thème de la ruralité ; en 2011 Marbre d’ici de Stefan Shankland, ainsi que Folia Atropoïca d’Art Orienté Objet et Beuy’s Acorns d’Ackroyd & Harvey dans une catégorie spéciale Forêts ; en 2010 Assolement de Thierry Boutonnier.

En savoir plus : www.projetcoal.fr 

10 mars 2014

Succès de l’Upcycling Day, la première journée de l’upcyling et de l’économie circulaire

L’Upcycling Day s’est tenu le 5 mars 2014 à l’Université de Cergy-Pontoise. Il s’agit du premier événement d’envergure entièrement dédié à l’upcycling et l’économie circulaire, en université comme dans l’hexagone. Conférences, projections, ateliers et exposants ont rythmé une journée exceptionnelle pour un large public d’étudiants, de professionnels et de citoyens. Les performances environnementales, sociales et économiques de l’upcyling et de l’économie circulaire ont été plébiscitées et ont généré une forte envie d’action et de mobilisation. 

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Economie circulaire, upcycling, des leviers stratégiques pour un avenir durable
L’économie circulaire, dont le upcyling est une branche novatrice et créative, est au coeur de la dynamique du développement durable. Elle s’impose à la fois comme solution à la crise environnementale et comme évolution logique de notre économie « linéaire » aujourd’hui confrontée à une pénurie de ressources. Stephane Coquelin du ministère de l’écologie, intervenant à l’Upcylcing Day, a insisté sur l’importance de l’économie circulaire pour le gouvernement actuel qui en a fait un thème central de sa dernière conférence environnementale. L’économie circulaire figurera également dans de nombreux temps forts de la semaine du développement durable début avril prochain, comme au salon 1.618, et elle sera au coeur de la Green Week début juin, l’événement « green » annuel de la commission européenne. L’Upcycling est un domaine phare et attractif de l’économie circulaire, qui consiste à valoriser les déchets. Encore peu connu en France, il est actuellement en fort développement dans de nombreux secteurs comme la mode, la décoration, etc.

Dans les conférences, la mise à l’honneur des entrepreneurs et de l’innovation.
La première conférence, « Style Upcyling », fut l’occasion d’ une émouvante rencontre entre la célèbre créatrice de mode éthique
Sakina M’sa qui a su toucher le public en relatant, entre autres, son incroyable défilé avec les détenues de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis (lien vers la video), et Hélène de la Moureyre, fondatrice de la société Bilum, sous le regard amical d’Alice Audouin et des 120 participants à la conférence. Ces deux créatrices, mêlant l’entrepreneuriat à des valeurs d’intérêt général, ont suscité un véritable engouement de la part du public.

S. M’Sa, H. de la Moureyre, A. Audouin (animatrice)

LEUR AVIS SUR L’UPCYLING DAY
« Je suis fière et heureuse de faire partie de l’Upcyling Day. » Sakina M’Sa, intervenante et exposante.
« Bravo à l’université de Cergy. Oui, réinventons nos déchets et réenchantons nos déchets ! » Hélène de la Moureyre, fondatrice de la société Bilum, intervenante.

Dans la table ronde sur « l’économie circulaire comme solution d’avenir », l‘économie circulaire est apparue comme un enjeu économique et environnemental majeur qui, pour avancer, doit rapidement s’imbriquer à l’économie de fonctionnalité, l’eco-conception et la consommation collaborative. Une telle alliance pourrait, selon les conférenciers, devenir une nouvelle économie qui saurait mieux répondre aux défis sociaux, économiques et environnementaux actuels, en particulier au réchauffement climatique. Pour Anne de Béthencourt de la Fondation Nicolas Hulot et vice-présidente de l’Institut de l’économie circulaire, c’est la « performance d’usage » qui doit primer. Elle n’a pas hésité à interpeller l’université. « L’ université ne sert que 5 jours par semaine et huit mois par an, sa performance d’usage est mauvaise ! » Brieuc Saffré, fondateur de Wiithaa, affirme que l’économie circulaire doit davantage s’inspirer du biomimétisme, car « la nature ne connait pas le gâchis ». Philippe Schiesser, directeur d’Ecoeff, a témoigné de l’expérience de Mozinor à Montreuil, dont le fab lab Ecodesign Lab permet de valoriser les déchets d’une usine verticale et créer une forte convivialité à échelle locale. Enfin, Dorothée Courilleau du cabinet Gossement Avocats a prévenu que pour agir, il ne fallait pas attendre des lois, car elles seraient lentes à venir…

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Table ronde sur le rôle de l’innovation dans l’économie circulaire. De gauche à droite, Vincent de Montalivet, Alfred Rosales, Mathieu Estin, Daniel Baumgarten, Fabien Desport, Alice Audouin (animatrice), Yann Seyrat (étudiant)

La seconde table ronde intitulée « L’innovation au service de l’économie circulaire » a permis de mieux comprendre le rôle de chaque acteur pour la faire avancer. Les grandes industries sont d’ores et déjà dans une dynamique commune dans le cadre de leur association « Les Acteurs de l’écologie Industrielle » présidée par Fabien Desport, venu témoigner. Alfred Rosales, directeur général de FEDEREC (Fédération des entreprises du recyclage) a annoncé une grande campagne de pédagogie de valorisation des « matières dernières » afin de les transformer en « matières premières » par une optimisation du recyclage. Le web, et les réseaux sociaux jouent également un rôle clé en créant de nouveaux modèles de consommation collaborative en phase avec cette nouvelle économie, comme le dit Vincent de Montalivet, fondateur de la start-up My Recycle Stuff. Mathieu Hestin, chef de projet BIO Intelligence Service (Deloitte), a souligné l’importance de joindre l’économie de fonctionnalité et l’eco-conception à une démarche d’économie circulaire, pour aboutir à des modèles économiques rentables. Pour lui « Michelin, qui vend désormais des kilomètres parcourus au lieu de vendre des pneus est dans une démarche profitable et qui résout d’emblée l’obsolescence programmée. » Pour finir, Daniel Baumgarten, directeur délégué de Séché Environnement spécialisée dans le traitement des déchets, a montré la chaîne fertile qui part du déchet pour le transformer en énergie puis en aliment, démontrant que nous sommes bien loin d’avoir retiré tout le potentiel de nos déchets.

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Table ronde sur l’innovation

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LEUR AVIS SUR L’UPCYLING DAY
« C’est dense, très innovant et surtout à refaire. » Alfred Rosales (FEDEREC), intervenant.
« La matinée de conférences était très enrichissante. L’Upcycling Day une première qui en appelle d’autres. » Fabien Desport (Veolia, Les acteurs de l’écologie industrielle), intervenant.
« Les conférences étaient à la fois riches et fluides et à différentes échelles, de la start-up à la grosse industrie. » Cédric Carles, fondateur du Solar Sound System, visiteur.

Des ateliers et animations misant sur l’intelligence des mains
Le DIY (Do It Yourself) était au coeur des ateliers. Ils ont permis aux visiteurs de faire de nombreuses créations par eux-mêmes : des fleurs à partir de canettes et capsules Nespresso avec La Fée Crochette, des photophores à partir de canettes et des bagues à partir de chambres à air avec Débrouille et compagnie et Les dégonflés, des objets de décoration à partir de bouteilles recyclées avec Marron Rouge et PlastiKetic, des petits meubles en carton avec FH Concept. Les participants ont également « customisé » leurs vêtements avec Les gambettes sauvages, ou tout simplement appris à upcycler des tissus avec Talalilala ou avec la machine à coudre du Fac Lab. Ils ont également eu l’opportunité d’aborder des dimensions beaucoup plus techniques. Le Repair Café a permis à tous de réparer en direct son petit matériel informatique et électronique et SoSav, spécialiste de l’autoréparation de téléphones et tablettes, a montré aux blondes que réparer un Ipad n’était pas plus compliqué que de se faire un brushing. Enfin en extérieur, les visiteurs ont participé, chalumeau en main, à une oeuvre collective avec le sculpteur Arnaud Labarge, créée à partir de métaux récupérés.

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Arnaud Labarge explique le principe de la sculpture en métal aux participants à son atelier

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Le matériel de création de Marron Rouge et PlastiKetic

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Débrouille et Compagnie

Le troc était également un temps fort de l’événement. Tout au long de la journée fut animée une troc party, en partenariat avec Myrecyclestuff. Des dizaines d’objets (accessoires, livres, vidéos, maquillage, objets de décoration…) ont été mis à disposition et échangés par les étudiants et les visiteurs.

Des exposants mêlant création, nouvelles technologies et « DIY »
Les démonstrations d’imprimantes 3D, tant par Withaa, par le Fac Lab que par l’Ecodesign Lab ont permis aux visiteurs de découvrir le potentiel de cette petite machine qui relocalise la production et permet toutes les formes sur-mesure. Les imprimantes 3D sont au service du Upcycling comme le démontre Withaa : un pot vide de confiture « Grand-Mère », une hanse fabriquée sur-mesure par imprimante 3D et voilà un mug 🙂

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L’Ecodesignlab de Mozinor

Parmi les autres stands figuraient, entre autres, les créations de la créatrice de mode Sakina M’sa, les transformations de Yuris Lesnik, les sculptures entièrement conçues à partir de déchets électroniques du plasticien Dadave, le recylage ludique avec Canibal et la Réserve des Arts, association qui met en relation les artistes et les déchets d’industries et maisons de luxe.

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Atelier les Gambettes Sauvages

LEUR AVIS SUR L’UPCYLING DAY
« Les meilleurs de l’upcycling sont là.» 
Yvon Pradier, Nature Ecologie, exposant.
« Tout est de qualité, les exposants, les visiteurs, le relationnel avec des organisateurs, c’est très agréable. » Lionel Schaeffer, Débrouille & Cie, exposant et animateur d’atelier.

« L’Upcycling Day est un concept formidable. C’est une très bonne initiative. » Mikael Thomas, Sosav, réparation, exposant et animateur d’atelier.
« C’est très intéressant et enrichissant. » Emmanuelle Zelez réalisatrice, visiteur

Martin Esposito, réalisateur de Supertrash, fan de upcyling
Martin Esposito, réalisateur de Supertrash, avait tenu à être présent pour présenter et débattre autour de son film, le récit d’une immersion durant deux ans dans une décharge à ciel ouvert du sud de la France. Après un débat animé par des étudiants et dirigeants de l’association Issue Environnement Yann Seyrat et Benjamnin Rougeyroles, Martin Esposito s’est laissé séduire par le Upcyling et a eu l’agréable surprise de voir SoSav réparer en trois minutes son téléphone portable qui était cassé. SoSav met à disposition de tous des guides de réparation, pour éviter justement que les téléphones finissent jetés dans des décharges.

Il a fallu moins de trois minutes à SOSAV pour réparer l’Iphone de Martin Esposito qui était déclaré HS!

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Une rencontre riche d’émotions, entre Martin Esposito et Arnaud Labarge.

LEUR AVIS SUR L’UPCYCLING DAY
« C’est important pour moi d’être là, d’accompagner le film dans une université. C’est une satisfaction énorme ! » 
Martin Esposito, Réalisateur, intervenant

L’université Cergy-Pontoise prend le leadership sur l’upcycling
Jalon majeur de l’entrée du Upcyling et de l’économie circulaire à l’Université ainsi que dans l’hexagone, l’Upcycling Day a été initié par le département de géosciences et environnement (UFR Sciences & Techniques) de l’Université de Cergy-Pontoise.
L’Upcycling Day a été organisé par Alice Audouin (consultante en développement durable et maître de conférences associée) avec les élèves du Master SEMUI (Sciences de l’environnement, milieux urbains et industriels, département de géosciences et environnement).
La thématique de l’économie circulaire a été amorcée à l’Université de Cergy-Pontoise en septembre 2013 avec un séminaire de rentrée piloté par Philippe Schiesser, maître de conférences associé et président de l’APEDEC (Association des professionnels de l’écodesign et de l’éco-conception), partenaire de l’Upcyling Day.
L’Upcycling Day est soutenu par le Ministère de l’écologie, la Fondation de l’Université de Cergy-Pontoise, Les acteurs de l’écologie industrielle, et bénéficie de nombreux partenaires, dont l’ESSEC, La Fondation Nicolas Hulot et le REFEDD.

chiffres

Plus d’images et plus d’informations sur l’Upcycling Day
www.upcylingday.org
Page Facebook Upcyling Day
Album Upcyling Day Facebook Alice Audouin
Album « Alice novice de l’Upcycling » Facebook Alice Audouin (humour)

25 février 2014

Upcycling Day : le 5 mars à Cergy-Pontoise

La créativité, la valorisation des déchets et l’économie circulaire au programme d’une journée exceptionnelle

Le 5 mars 2014, à l’Université de Cergy-Pontoise (site des Chênes) se  tiendra une journée exceptionnelle consacrée à l’Upcycling et à l’économie  circulaire. Conférences, tables rondes, ateliers pratiques rassembleront les  meilleurs acteurs français pour un large public d’étudiants et de citoyens. L’Upcycling est un domaine phare du développement durable qui consiste à réinventer  ses déchets de façon artistique et originale dans le but de diminuer la production de  déchets. L’Upcycling est la branche la plus novatrice de l’économie circulaire, qui s’impose comme une réponse majeure à la crise environnementale.

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La journée rassemblera une dizaine d’intervenants, plus de 20 exposants et 10 ateliers  pratiques. Supertrash, Repair Café, Débrouille & Cie, TerraCycle, Sakina M’Sa, Bilum seront, entre  autres, au rendez-vous.

Des ateliers avec les meilleurs créateurs du domaine permettront à tous de fabriquer des  objets artistiques et originaux à partir de matériaux non utilisés afin de réduire leurs  déchets. L’objectif est d’augmenter la valeur de nouveaux objets à partir d’anciens.
Parmi les temps forts de cette journée, une « troc party » sera organisée, permettant à  tous les acteurs d’échanger leurs objets comme : des disques vinyles, livres, accessoires  de mode, jeux vidéos… de manière ludique.

Conférences

Plusieurs temps forts ponctueront la journée :
– A 9h 25 : la conférence « Style Upcycling » donnera la tribune à deux Guest Speakers : Sakina M’sa, styliste et créatrice visionnaire de sa marque Sakina M’Sa (photo ci-dessous) et Hélène de la Moureyre, dirigeante fondatrice de la marque Bilum.
-A 12h 45 : l’intervention de Marc Esposito, réalisateur de Supertrash, suivie de la projection de son film

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Interviendront aux deux tables rondes de 10 h 00 et de 11 h 30 sur l’upcycling et l’économie circulaire :
-Daniel Baumgarten, directeur délégué. Spécialiste de la valorisation et du traitement des déchets,
– Anne de Béthencourt, chargée des Relations extérieures de Nicolas Hulot à la FNH et vice-présidente de l’Institut de
l’économie circulaire,
– Vincent de Montalivet, co-fondateur de MyRecycleStuff, réseau social de troc entre particuliers,
– Stefan Coquelin, chef du bureau du secteur des professionnels au ministère de l’écologie,
– Fabien Desport, responsable de marché de gestion des déchets spéciaux pour Sarp Industries, président de l’association Les Acteurs de l’écologie Industrielle
– Arnaud Gossement, spécialiste en droit public et en droit de l’environnement, co-président du Comité d’experts de l’Institut de
l’économie circulaire
– Hervé Grimaud, directeur général de Recylum
– Mathieu Hestin, chef de projet de BIO Intelligence Service
– Alfred Rosales, directeur général de FEDEREC
– Brieuc Saffré, co-fondateur de Wiithaa
– Philippe Schiesser, fondateur et directeur d’écoeff, président de l’APEDEC ECODESIGN LAB 

Voir le programme

Quinze ateliers durant la journée

Parmi les nombreux ateliers de la journée :
-Création de photophores à partir de canettes  et de bagues à partir de chambres à air  / Atelier vannerie papier ( avec Débrouille et compagnie)
-Créations de bijoux à partir de chambre à air (avec les Dégonflés)
-Création d’objets à partir de bouteilles recyclées (avec Marron Rouge)
-Atelier « DIY » : transformer ses vieux pulls en coussins et ses pantalons en « petits sacs à plantes » (avec Talalilala)
-Réparer son petit matériel informatique et électronique (avec le Repair Café)
-Atelier lampes et récupération de textile (avec Trilogik)
-Découvrir les bases de la création d’objets en carton ! (avec Fh concept)
-Atelier « DIY » de customisation de vêtements (avec les gambettes sauvages)
-Atelier couture et démonstration impression 3D (avec le FacLab de Genevilliers)
-Atelier d’upcycling pour les enfants à partir d’emballages du quotidien (avec Victoria Crampion)
-Atelier d’aide à l’autoréparation de téléphones et tablettes (avec SOSAV)
-Création d’une sculpture en métal par le public (par créneaux de 30min à 1h, enchaînés pendant la journée) (avec Arnaud Labarge)
-Création d’un jardin à partir de « plantes déchets » faites en  bouteilles plastiques, capsules Nespresso, canettes (avec la Fée Crochette)
-Création d’un mandala à partir de  déchets (composition au sol) (avec Art’Eco)

Une troc party est également organisée tout au long de la journée, en collaboration avec MyRecycleStuff

Voir la liste des ateliers & animations.

Une dizaine d’exposants

Plus de dix exposants seront présents, par eux : APEDEC (association des professionnels de l’écodesign et de l’éco-conception), Canibal, FacLab de Gennevilliers, La Fée crochette, Les incroyables comestibles, Nature écologie, La Réserve des arts, Sakina M’sa, Wiithaa…

Voir la liste des exposants.

Des démonstrations par des artistes

A la point du upcycling, deux artistes de renoms feront des démonstrations sur la valorsiatoon des déchets. Dadave fera en temps réel une sculpture à partir de  matériel électronique démonté sur place et Yuris Lesnik créra des sculptures de mousses déformables.

Un événement organisé les Master 1 Sciences de l’environnement l’Université de Cergy-Pontoise sous le pilotage d’Alice Audouin, avec le soutien du ministère de l’écologie et de nombreux partenaires

L’Upcycling Day est piloté par Alice Audouin, experte du développement durable et maître de conférences associée, avec ses étudiants de Master 1 en Sciences de l’environnement de l’Université de Cergy-Pontoise (Sciences de l’environnement, milieux urbains et industriels) dans le cadre de leur projet professionnel En partenariat avec l’APEDEC, l’Upcyling Day bénéficie du soutien du ministère de l’écologie et de nombreux partenaires. Voir la liste des partenaires.

Cette journée s’inscrit dans la cadre d’une dynamique sur l’Upycling et l’économie circulaire de l’Université de Cergy-Pontoise. Un séminaire de rentrée dédié à l’économie circulaire, dont la première édition s’est tenue en septembre 2013 et piloté par Philippe Schiesser, maitre de conférences associé, est le second temps fort de cette thématique au sein de l’Université.

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M1 Sciences de l’environnement

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4 février 2014

Coca-Cola : « des raisons d’y croire » ou de s’indigner ?

La campagne « Des raisons d’y croire », diffusée en France depuis décembre 2013 par Coca-Cola, est la version française de la campagne internationale « Reasons to believe », prévue pour être présente dans le monde entier durant toute l’année 2014.

Croire en un monde meilleur.
« Croire en un monde meilleur » est le leitmotiv de la campagne. Elle s’inscrit dans la lignée de « l’esprit Coca-Cola » : optimiste, qui voit la vie du bon côté. Parmi les messages positifs de cette campagne figurent les mariages gay et mixtes, une relation homme-animal complice et intelligente, une jeunesse désireuse de faire passer un message, ou encore la célébration des moments de joie et d’amitié. Savoir voir le verre à moitié plein plutôt qu’à moitié vide est une clé du bonheur, que Coca-Cola propose de mettre en scène. Cette position d’ouverture est également dans sa campagne « It’s beautiful », qui vient d’être diffusée au superbowl 2014, montrant une nouvelle version de l’ « american way of life » avec, par exemple, un couple homoparental.

Voir la campagne française.
Voir la version indienne.
Voir une autre version de la campagne.

Si la finalité de la campagne est tout à fait louable, le moyen utilisé soulève des questions de déontologie. Ce moyen est simple, il s’agit de juxtaposer deux réalités, l’une positive, l’autre négative, en affirmant que « pour chaque réalité négative il y a une réalité positive », cette dernière l’emportant et donnant ainsi une raison de croire en un monde meilleur. La logique est simple : il y a une dualité de départ, négatif/positif, haine/amour, bien/mal, et le dernier bloc l’emporte. Dans ce processus, les chiffres jouent un rôle clé, eux du côté positif sont toujours très supérieurs à ceux du côté négatif, les rapports allant de 1 à 100, 1 à 100 000 et même 1 à 1 million. C’est dans le choix des juxtapositions et dans les additions proposées, que le débat se situe.

Analysons quelques juxtapositions mises en scène  :
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« Pour cha
que tank produit, 1 million de mamans font un gâteau au chocolat »Dans d’autres versions de la publicité, l’argument positif mis en face des tanks est « 130 000 nounours en peluche sont fabriqués ». On ne doute pas que la statistique soit juste, qu’il y ait en effet beaucoup plus de gâteaux et de nounours que de tanks. Mais pourquoi choisir des gâteaux ou des nounours et non des accords de paix, des réconciliations de pays précédemment en guerre, des manifestations pacifiques contre la guerre, des opérations de démilitarisation, pour une comparaison plus logique ? L’enjeu moral est encore au-delà du choix de ce qui pourrait être opposé à la guerre : peut-on comparer la guerre ? La guerre n’est-elle pas par nature incomparable ? Même une guerre gagnée reste une guerre. « C’est une honte de gagner la guerre », comme l’écrit Malaparte à la fin de son chef d’oauvre « La peau ». Pour 1 enfant mort, 1 million de gâteaux ou d’ours en peluche peuvent-ils faire gagner le positif  ? Non. Fort heureusement, on ne retrouve pas les tanks dans la version française de la publicité.
« Pour chaque barrière installée, 15 000 paillassons « welcome » sont mis devant les portes ». L’image des barbelés de la publicité renvoie à une dictature, une guerre, un camp, une prison, ce qui engage la vie et la liberté de personnes, parfois par centaines de milliers. Peut-on vraiment comparer cela avec un paillasson « cool » vendu au supermarché du coin ?
« Pour chaque personne qui prend ce qui ne lui appartient pas, ils sont des centaines à donner leur sang ». Là encore on ne doute pas que la statistique soit vraie. Vol et don sont en effet deux faces complémentaires, mais quel est le lien entre ces deux éléments ?
« Pour chaque manifestation de colère, 5000 personnes célèbrent leur amour ». La symétrie de l’amour et de la haine est cohérente. Mais peut-on comparer là-encore un instant de colère dans un embouteillage et un mariage ?


La vision binaire de cette publicité freine justement la croyance en un monde meilleur.
Croire en un monde meilleur, n’est-ce pas, contrairement à ce que propose cette publicité, croire en un monde qui ne détourne justement pas le regard, qui n’utilise pas les additions pour noyer le poisson et qui veut régler sa violence ?
En diffusant massivement cette campagne, Coca-Cola ne permet pas à son audience de s’approprier sa responsabilité en tant qu’humain vis-à-vis de ce qui est fait sur terre. La responsabilité est une question périmètre et le courage est l’élargissement de ce périmètre. L’Ancien Testament stipulait et Dostoïevski l’a repris, que « chacun est coupable devant tous pour tous et pour tout. »  Un être humain responsable est par définition concerné par la guerre et s’interdit de la comparer, de la banaliser ou de l’accepter, que ce soit pour des gâteaux, des jouets ou autre chose. De même, il est concerné par la violence et refuse de la banaliser au nom de l’amour. Le faire, c’est valider la maltraitance.
Concernant le réchauffement climatique, qui est un enjeu collectif, n’est-ce pas le lien entre l’individu, les générations futures et « l’intérêt général » qui permettra justement de le freiner ? Comment pourrait se mettre en place une action vis-à-vis du climat dans un dispositif qui dirait « pour chaque tonne de CO2 dans l’air, le jardin d’une maison fleurit ?  »

Communiquer sur des valeurs sociétales doit s’appuyer sur une RSE solide
La communication sur des valeurs de société et l’introduction du développement durable dans la communication des grandes marques sont un phénomène positif, mais qui nécessite une méthodologie plus stricte que pour une publicité « classique » et qui suppose une RSE solide, intervenant dans le champ du marketing.
Une communication de ce type exige en amont une consultation de parties prenantes incluant des personnes qui maitrisent les valeurs sociales, comme des psychanalystes, des sociologues ou des philosophes spécialistes de l’éthique.
La mise en place de dispositifs de communication responsable, tels que proposés dans le livre La Communication responsable ou dans La charte pour une communication responsable de l’UDA (Union des Annonceurs) aident également à avoir plus de responsabilité et d’éthique dans ses messages.
Enfin, une fonction du développement durable forte dans l’entreprise, couvrant le marketing et la responsabilité des messages publicitaires est la clef de voûte. Or les scandales et attaques répétées sur des critères sociaux et environnementaux démontrent que Coca-Cola n’a pas encore une RSE assez ambitieuse et structurante. Les synergies entre le marketing et le développement durable sont débutantes. En France, la seule direction du développement durable n’est pas chez Coca-Cola France, l’entité en charge du marketing et des ventes, mais chez Coca-Cola Entreprise et s’occupe principalement et avec talent, à diminuer l’impact environnemental de la production (eau, déchets, édulcorants naturels…). Si de belles ouvertures sont réalisées en termes de santé (gamme d’eau, édulcorants naturels, etc.), la culture du Groupe est encore très dominée par le marketing. Comme souvent dans les grands groupes, le développement durable est cantonné au « sourcing » et à la production, tandis qu’il pourrait contribuer à une meilleure communication.

Si Coca-Cola veut devenir comme Dove, un annonceur dont les publicités contribuent à un progrès des représentations, elle doit quitter le rang du « Dieu Bonheur » trônant au dessus des enjeux sociaux et environnementaux, mettre les pieds sur terre, choisir une cause, se l’approprier pleinement et agir concrètement. Pour avancer, elle doit apprendre et comprendre que le champ de la responsabilité sociétale ne s’aborde pas par le marketing et qu’il suppose un processus de changement. Changer quand on est le premier, c’est savoir que l’on n’est pas le meilleur, c’est donc une posture d’humilité.

Changer le monde : la campagne pour y renoncer ?
« Nous ne pouvons pas changer le monde mais nous pouvons encourager les consommateurs à croire en de meilleurs lendemains. Là est toute la promesse de cette nouvelle campagne.» affirme Manuel Berquet, directeur Marketing Coca-Cola Franc sur www.cocacolaweb.fr.
Première marque au monde, Coca-cola vend pour près de 1200 euros chaque seconde soit un chiffre d’affaires annuel de 37 milliards d’euros (source : planetoscope) et a 1,6 milliards de consommateurs par jour. N’est-elle pas justement en situation de pouvoir changer le monde? Bill Gates n’a-t-il pas déjà prouvé qu’avec trois milliards, la santé du monde pouvait déjà être améliorée ? Peut-on vraiment se déclarer impuissant alors que l’on a les pouvoirs centraux de la société dans laquelle on opère : l’argent, la notoriété et la logistique.  Ce troisième point est une force de changement colossale. Coca-Cola est partout dans le monde, dans les moindres recoins, les moindres villages, au fin fond des pistes, bien après les routes. Si Coca-Cola sait mettre une canette partout dans le monde, n’est-il pas en mesure d’y mettre autre chose ?

Le message de Coca-Cola dans cette publicité semble finalement être le suivant : « nous ne voulons pas changer le monde, nous le pouvons mais nous ne le voulons pas, car ce monde nous convient puisqu’il nous enrichit, bien sûr il a du négatif, mais grâce à notre esprit positif, qui consiste à voir un bien pour un mal et ne retenir que le premier, tout va bien. »

Alice Audouin

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19 décembre 2013

Enlève tes tiags, Al !

Al Gore, « Le futur, six logiciels pour changer le monde », éditions de La Martinière, 2013, traduit de l’américain.

Comme s’il  s’adressait d’emblée à un vieil ami, Al Gore évoque dès les premières pages de son livre, sa défunte mère et ses états d’âmes d’auteur. Mais au lieu de continuer sur son chien Shiloh adoré, il change brutalement de registre et se transforme en bête de scène d’un un TED ecolo-politico-economico-technico-scientifique intensif. Réchauffement climatique, imprimantes 3D, Big data, probiotiques, éducation des filles,  épigénétique, printemps arabe, transhumanisme, OGM, démographie, extension urbaine, ADN poubelle, pollution chimique, Chine, bioélectronique, chaque thème est abordé par des chiffres et illustré par d’innombrables sources, plus de 1 500 ! Sans crainte des détails ! Par exemple, pour démontrer la suprématie des probiotiques sur les antibiotiques « une équipe de l’Université de l’Alberta a examiné 124 cas de transplantations fécales et constaté dans 83 % des cas une amélioration immédiate une fois la flore microbienne restaurée. »  Cet inventaire express a son lot de scoops. « En 2010, pour la première fois dans l’histoire, les investissements dans les énergies renouvelables ont dépassé les investissements dans les énergies fossiles. » Al  aurait-il pris trop de probiotiques ? Le livre indique comme source un article de Bloomberg News, pas vraiment le MIT.

18 décembre 2013

Il était une forêt

« Il était une forêt » de Luc Jaquet a deux points fort. Tout d’abord, il est consacré à Francis Hallé. Ce très grand homme y transmet son savoir et fait comprendre l’importance, la beauté et la complexité de la forêt. Le réalisateur restitue la majesté de la forêt dans des plans de toute beauté. Ensuite, Luc Jacquet introduit la forêt dans l’histoire du cinéma, et démontre ainsi que le cinéma s’intéresse enfin aux êtres vivants qu’il ignorait jusqu’ici et dont dépend, pourtant, sa survie. C’est une première.

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Cependant, le film souffre certes de longueurs, d’une image figée et dépassée du scientifique toujours immobile ou dessinant, ainsi que d’une musique envahissante et trop directive sur le plan émotionnel.

L’impression finale est une sentiment mêlé de rendez-vous manqué et d’utilité. L’homme exceptionnel qu’est Francis Hallé nous parle. C’est une voix majeure, indispensable, et tout ce qui vient de lui est d’emblée précieux. Mais le réalisateur ne le laisse justement pas parler, ou si peu, et si figé, que son héritage ne peut se transmettre dans le plaisir.

Francis Hallé perché dans les arbres semble s’envoler, sans que l’on ait pu l’attraper.