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21 février 2007

Roman « Ecolocash, une écologie de circonstance »

« Ecolocash, Une écologie de circonstance », d’Alice Audouin, parait aux Editions Anabet

Ecolocash-Une-Ecologie-De-Circonstance-Livre-565969717_MLParution : février 2007

« Ecolocash » fait le pari de l’humour pour montrer les difficultés d’intégration du développement durable dans l’entreprise et dans la vie quotidienne. Il cherche à rendre accessible à tous un niveau d’expertise et de connaissance des enjeux aujourd’hui l’exclusivité d’un petit monde de spécialistes.

« Ecolocash » ne donne pas d’avis mais cherche à ce que le lecteur se fasse son propre avis. Trop de livres sur le développement durable sont, selon moi, un simple « coup de gueule » (pamphlet d’indignation) ou « coup de cœur » (apologie de l’entrepreneur écolo) de l’auteur. Ce livre cherche une place à part : ne pas porter de jugement, parier sur l’humour pour favoriser la prise de conscience, placer les enjeux dans une histoire à « hauteur d’homme », au travers des aventures d’Emilie, l’héroïne.

Le texte mêle deux types de textes, le « roman » et les « fausses sources documentaires ». Ces dernières, parsemées ici et là servent à ouvrir des pistes de réflexion en écho au texte et pour certaines, sont des clins d’œil à des penseurs comme : A. Hirschmann, G. Anders, B. Charbonneau, Y. Illitch…

Quatrième de couverture : Le développement durable est une formidable opportunité de carrière. L’environnement, un nouvel eldorado. Emilie, jeune consultante en stratégie, en est persuadée. Elle n’est pas la seule. Lorsqu’une importante entreprise lui demande de conduire une mission sur la mise en place d’un nouveau marché carbone, Emilie est loin de se
douter de l’aventure qui se profile. À force de ne vouloir jouer que des coups gagnants, on finit par se
retrouver en première ligne, et pris au piège. Le monde du développement
durable n’est pas forcément ce que l’on croit : « la réponse aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures ».

Extrait : Le verdict tombe : « Ennemi de la nature ». Heureusement il reste encore la catégorie « Assassin de
la nature ». Emilie lit la condamnation de son train de vie, tout ce qu’elle doit changer ou abandonner
pour devenir le parfait cobaye de la Banque des Banques.

« Ecolocash, Une écologie de circonstance ».
Editions Anabet.
En librairie à partir du 21 février.

Plus :

Les premiers avis de lecteurs :

Très bonne surprise : drôle et caustique. Ce que je préfère ce sont les extraits qui ponctuent les chapitres. Bravo.
Rodolphe Bosselut, chroniqueur RTL

Ex-ce-llent !
Je me suis bien bien marrée !
Helene de la Moureyre, fondatrice de Bilum

Grâce à vous j’ai passé un excellent moment, votre livre est un bijou. Aucune complaisance, presque une froideur clinique dans la mise en évidence des caractéristiques des personnages, aucun jugement non plus. La comédie humaine ne vous impressionne pas. A chaque phrase se laisse deviner un univers de connaissance intime et subtile tant des enjeux que des acteurs du « développement durable » et de leurs comportements.

Eric Loiselet, pionnier de l’ISR en France

Un grand merci alice pour ton livre particulièrement stimulant
Patrick Viveret, philosophe

J’ai bien apprécié le roman d’Alice Audouin. Sur un ton humoristique, son pamphlet donne à réfléchir sur les innombrables difficultés qui s’amoncèlent lorsque nous voulons vraiment changer nos comportements. (…) Il faut donc trouver des solutions efficaces pour bouger un système complexe et pervers en évitant les actions « pipeaux » comme le souligne une collègue d’Emilie, l’héroïne d' »Ecolocash ».
Edouard Bard, climatologue

Votre analyse ironique de la façon dont le DD est appréhendé par certaines entreprises est édifiant.
Un acteur du développement durable qui souhaite rester anonyme

Un excellent petit roman qui nous a fait mourir de rire. (…) Entreprises et écologie, comment concilier les deux ? Alice Audouin souligne les difficultés d’une telle ambition en nous faisant partager le quotidien d’Emilie et les questions qui ne tardent pas à la torturer. Ce petit livre se lit d’une traite, il est bourré de clin d’oeil hilarants, bref, on vous le recommande !
Colombe (blogueuse)

C’est un roman-pamphlet très original et bien écrit: on le lit très vite, à la manière d’un roman de chick-list. Car Emilie est proche de ces filles superficielles à la Bridget Jones. Or, ce n’est pas de la chick-list mais bien un pamphlet (j’adore ce mot) qui dénonce ce marché extrêmement lucratif qu’est le développement durable. C’est évidemment beaucoup plus intelligent et profond que de la chick-list, mais surtout, ce roman bien documenté amène le lecteur (en tout cas moi!) à se poser des questions, se remettre en cause, sans pour autant forcément changer ses habitudes, malheureusement…
Une précision: Monsieur l’a lu juste après moi; j’étais un peu sceptique car je pensais que l’écriture serait un peu trop féminine pour lui mais il a beaucoup aimé et nous parlons souvent de ce livre. A lire donc, pour réfléchir, et qui sait, agir.

Sophie (tient un blog littéraire)

Les explications des « faux documents » par l’auteur

Des documents issus de blogs, livres, de lettres anonymes …rythment le livre et font écho à la partie romancée…alors vrai ou faux ?
Certains ont cru que tout était vrai et sont réellement allés surfer sur darwin-et-gaïa :-)…D’autres ont compris dès le départ que c’était inventé….bravo ! Cela étant, tout n’est pas complètement faux, dans les sens où certaines de ces fausses sources s’inspirent directement de vraies…explications :

Page 3, le courrier des lectrices..
C’est inventé, c’était seulement pour montrer les différentes façons de prendre la
chose…

Page 7 :Au poil près…
Inventé, pas de fondement sinon une intuition née à la lecture d’un article sur les mutations génétiques (mais maintenant on sait que la mutation vient du mélange avant tout), seulement un délire de science fiction, mais Nils est bien le prénom de mon frère, un mutant !

Page 20 le devoir de MBA…
Faux mais tout à fait sérieux ! une grande banque va créer une
activité biodiversité, aujourd’hui un des moyens identifiés de protéger la nature est de la financer et on parle déjà d’un marché de la biodiversité (le prix du dernier ours blanc… !). La citation de l’amérindien est vraie. On a quantifié financièrement le service rendu par l’abeille : 15 milliards de dollars par an ! La CIA va à Madagascar regarder les zones de biodiversité intactes…pour les acquérir. Le bien précieux est le lieu intacte. Demain l’or sera le coin de nature préservé. Si la production du pétrole par la terre, qui prend des millions d’années était comptabilisé (en incluant sa rareté)…et que ce soit intégré au prix…cela aurait d’énormes conséquences pour la lutte contre le réchauffement climatique (imaginons le prix de la dernière goutte de pétrole).

Page 27 plaidoirie pour Juju…
C’est inventé mais j’ai une pensée derrière. Est-on coupable si on agit vraiment pour tous ? le RC (rechauf climatique) ne crée-t-il pas une nouvelle « légitime défense » au nom de tous ?

Page 39 trajectoires marketing…
C’est inventé mais cela repose sur des tendance existantes. On le voit déjà, le produit devient plus vert, plus responsable….(enfin, quand ce n’est pas du greenwashing). Cette trajectoire démarre déjà, les produits vont devoir devenir plus responsables et donc les arguments marketing suivront dans ce sens.

Page 44 je me souviens…
Clin d’œil à Perec of course ! c’est l’idée de la nostalgie qu’il y aura à l’époque post-pétrole donc post-plastique.

Page 52 consommaction…
Inventé mais cela part d’une idée à laquelle je crois, or quand on parle de ça les gens disent « c’est du stalinisme » pourtant interdire/limiter les produits les plus nocifs est une nécessité. C’est une pensée très dérangeante, même pour les adeptes de la décroissance. Moi elle ne me gêne pas du tout car je vois son efficacité. Il ne faut pas confondre la planification centralisée (le système de l’ex URSS) et un système de limitation d’accès au marché de certains produits (cela peut passer par des « autorisation de mise sur le marché » plus strictes).

Page 59 la Crête….
Ici il y a un clin d’œil à un mouvement de « simplicité volontaire » poussé à bout, de réel retour à un seuil qui respecte la planète (une tonne de CO2, one, d’où Bellow one). Au début je parle de Geronimo, où dans ses mémoires (elles sont publiées aux Editions La Découverte) il explique qu’il ne comprend pas pourquoi la terre devrait être soumise au rendement. La pensée des amérindiens est fondamentale pour penser le rapport à la nature. Ce n’est pas un hasard si dans le documentaire « la 11 heure », deux d’entre eux sont interviewés.

Page 68 le juste prix…
Inventé mais assez proche de critiques tout à fait sérieuses. Le juste prix est très connu aujourd’hui. Il s’agit d’internaliser le coût environnemental dans le prix du produit. Intégrer les externalités négatives comme la pollution et les émissions de GES. Cela n’est pas le cas aujourd’hui, par exemple le prix d’un billet d’avion n’en tient pas compte, d’une voiture non plus. L’idée est de l’intégrer. Le moyen le lus connu est la fiscalité. Par exemple sur le pétrole. Je taxe fort le pétrole et donc le prix de l‘essence augmente, ainsi le coût environnemental de l’essence (les émissions de CO2 qui provoquent le rech climatique) est pris en compte. Si je suis tout à fait pour ces mesures, je pense qu’elle soulèvent aussi des questions que je souhaite effleurer ici. On parle auj. dans les idées du grenelle d’abaisser l’impôt sur le revenu et augmenter celui sur les énergies fossiles, pour que cela ne coûte pas trop au contribuable. Ce type de projet est en discussion et est à réfléchir en terme politique et social.

Page 74 discussion entre bloggeurs…
Tout ici est inventé mais issu d’une réflexion sur l’activisme. Certains cas sont directement inspirés de faits réels.
Baugielle a été inspiré de Rougier suite à ma connaissance de l’action de Sherpa contre eux.
Concernant l’ONG qui a dit qu’il ne fallait pas continuer le terrorisme, c’est l’ ELF (Earth Liberation front). L’ALF (Animal Liberation front) a repris leur flambeau mais sans en reteir l’enseignement final. Avec PETA, ils comptent parmi les activistes les plus proches du « sabotage ».

Page 81 Tchernobyl…
Inventé mais inspiré du livre « La supplication » de Svetlana Alexievitch, c’est un genre
cauchemar de Darwin puissance 1000 où on ne trouve pas la solution et où la notion d’héroïsme inspire la pitié.

Page 99 Japon…
Très sérieux et même très proche de sa source, un rapport que le Japon a produit sur le monde en 2050, j’en d’ailleurs ai fait un article dans ma lettre 2050. C’est très intéressant de voir comment un monde meilleur est imaginé. Et la source est la vraie : Japan for Sustainability.

Page 107 Oubli de penser…
Inspiré du philosophe Gunther Anders
D’ailleurs la source est Jim Anders ! C’est un penseur incontournable. Il faut lire un tout petit livre d’interview chez Allia « Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? », pour deux paragraphes hyper importants… Il dit que notre puissance se multiplie mais que notre imagination ne suit pas, ce qui ne nous permet pas de penser à toutes les conséquences de nos actions. Il pose les fondements de la responsabilité. Il y a plein de tous petits livres de lui très forts et faciles à lire et dont je conseille la lecture.

Page 117 Les Lumières
Inventé mais fortement inspiré de deux sources, la première est le livre magistral d’Albert Hirschmann « Les passions et les intérêts », qui montre comment l’intérêt, passion jugée
inférieure et assez vile, a pris des lettres de noblesse en montrant sa capacité à pacifier les relations internationales. C’est un livre incontournable mais pas très facile à lire si pas de notion d’économie ou philo du XVIIIè. Autre clin d’œil la fameuse « fable des abeilles » de Mandeville, qui prétend que la société organisée en plein les petites mains qui travaillent pour les caprices d’une poignée de gens riches est somme toute assez bonne. Je critique bien sûr cela.

Page 132 giga-maladie…
Totalement inventé mais proche d’un mouvement minoritaire actuel que l’on peut retrouver dans la deep ecology ou même dans le pamphlet de Yves Paccalet « L’humanité disparaîtra bon débarras » : la suppression de l‘homme doit être envisagée s’il devait être vraiment nuisible. Cela renvoie aussi aux problèmes de démographie, étant absolument parallèles aux problèmes environnementaux. Clin d’œil aux carmélites également et surtout au Décameron de Boccace, un livre inoubliable qui se déroule au moment de la peste…dans de magnifiques jardins. D’ailleurs c’est Suzanne Decameron qui signe… !

Page 135 la maison brûle…
Directement inspiré du génialissime Bernard Charbonneau, d’ailleurs c’est signé André Charbonneau. Penseur incontournable, il interroge la notion de liberté et montre parfaitement comment son mauvais usage peut amener une dictature «désirée». Il faut lire absolument « Ecologie et Liberté », une introduction magistrale à la pensée de B. Charbonneau par D. Cérézuelle, ed Parangon  (assez facile à lire).

Page 144 Les femmes…
Un texte très inspiré du mexicain Yvan Illich !  Très proche d’un paragraphe de son livre « La convivialité » … sur les femmes ! Ecrit dans les années 70, ce livre est stupéfiant d’intelligence, de justesse et d’espoir (pour les femmes surtout !). Il est essentiel selon moi que les femmes se détachent du modèle des hommes et retrouvent / recréent / créent leur propre modèle. D’où la signature « Jeanne Illitch » clin d’œil aussi à la mort de celui qui porte ce nom…

Les explications des noms des personnages, par Edouard Bard, climatologue

« Les noms des personnages d’Ecolocash ne sont pas beaux : Ebelmen, Pouillet, Arrhenius, Geer, Geikie…c’est qu’ils ont leur raison. C’est le vénérable Edouard Bard qui est à l’origine des noms du livre…puisés ….dans ses travaux de recherche historiques. Et c’est bien pour cela qu’il méritait bien en remerciement de ce magnifique travail…le nom d’un personnage ! Joseph Bard, directeur des risques de Chemical Dream !
Edouard Bard, titulaire de la chaire d’évolution du climat et de l’océan au Collège de France, directeur de l’équipe de géochimie organique du CEREGE (Centre européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) à Aix-en-Provence livre sa réaction :
« Pour le scientifique que je suis, ce roman prend une saveur particulière car l’histoire inventée par Alice Audouin met en scène toute une série de personnages bien modernes, mais dont les noms sont ceux des plus grands héros de la climatologie (mis à part un certain Joseph Bard plutôt surpris de rencontrer ses grands Maîtres). On y retrouve donc les physiciens découvreurs de l’effet de serre (de Saussure, Fourier, Ebelmen, Pouillet, Tyndall, Stefan, Arrhenius), les naturalistes qui ont mis en évidence les changements climatiques (Agassiz, Charpentier, Venetz, Perraudin, Lyell, Geikie, de Geer) ou bien encore quelques pionniers intéressés par les glaces polaires (Dumont d’Urville, Adhémar). Ces héros de la science seraient d’ailleurs bien étonnés de se voir mêlés à un tel conflit entre écologistes intégristes et industriels manipulateurs!
Les lecteurs intéressés par les contributions de ces scientifiques du 19ème siècle pourront lire un petit article (bilingue) disponible au téléchargement sur le site web suivant:
http://www.college-de-france.fr/media/evo_cli/UPL48180_Ba…
« 

12 janvier 2007

Terracycle : le modèle circulaire

Dans la cosmogonie du nouveau business vert outre-Atlantique vient d’apparaître une nouvelle étoile, « the coolest start-up in America » selon le magazine Inc. : TerraCycle. L’idée de Terracycle est simple et applique le principe de l’économie circulaire, pour dire les choses plus simplement, le business du déchet. TerraCycle vend des engrais fabriqués à partir de vermicompost (des déchets organiques transformés par des vers en super cocktail pour les plantes) dans des b o u t e i l l e s d e s o d a r é u t i l i s é e s . Où ça ? Chez Wal-Mart et Home Depot !

 terracycle_compare
Toutes les difficultés habituelles de l’entreprise verte ont été vaincues : comment entrer chez les grands distributeurs ? les marges du produit étant énormes (les millions de vers du ver- micompost travaillent gratuitement !), l e s d i s t r i b u t e u r s d o u b l e n t l e u r s marges par rapport à des produits concurrents. Comment collecter les milliers de bouteilles de soda vides ? Par l’implication d’élèves dans les écoles et d’associations environnementales (bénévoles aussi). Comment avoir le meilleur produit ? Grâce à une serre dite « Eco-complex » spécialement conçue, fi nancée par des « business angels » écolos. Comment faire fonctionner l’entreprise à moindre coût ? En appliquant la culture déchets partout : mobilier de bureau issu de la décharge d’une université, informatique provenant de poubelles d’entreprises… TerraCycle Plant Food™ est le premier produit de consommation à recevoir le label Zerofootprint. Cette ONG spécialisée dans la réduction de l’impact environnemental délivre ce label aux activités à impact nul, ce qui est le cas, car tout provient de déchets et tout est naturel. D’ores et déjà rentable (3 millions de $ de CA) Terracycle est avant tout le résultat de la persévérance de Tom Szaky, son fondateur et PDG, Hongrois de naissance et Canadien d’éducation, diplômé de Princeton. Il a créé TerraCycle en 2002 à l’âge 20 ans !

www.terracycle.net
www.zerofootprint.net
8 janvier 2007

Bilan de Noël

La période après Noël est plutôt déprimante, les cadeaux sont faits, le ventre est lourd et la conscience écolo en a pris un coup.

C’est le moment d’en avoir le cœur net et de faire son « Bilan développement durable de Noël » en huit questions.
915188336
(publié dans 2050, numéro janvier-février 2007)
19 septembre 2006

Cape Farewell: les artistes face au réchauffement climatique

Cape Farewell est une initiative anglaise invitant des artistes à constater in situ le réchauffement climatique. Créé par David Buckland, Cape Farewell a d’ores et déjà mené trois expéditions (2003, 2004, 2005) dans les eaux gelées du pôle Nord, avec à bord des artistes de renom international comme Antony Gormley, Rachel Whiteread, Siobhan Davies, Gary Hume, etc. Le but de la démarche est que les artistes prennent pleinement conscience du réchauffement climatique et des atteintes à la biodiversité et qu’ils transmettent ensuite au « grand public » leur expérience au travers de leur domaine d’expression (chorégraphie, musique, sculpture, poésie, peinture, installation…) Les oeuvres issues de ces voyages sont exposées Outre-manche (Natural History Musuem, Université d’Oxford…) et ont fait l’objet d’un reportage de la BBC. Leur beauté et leur diversité sont éloquentes, une peinture évoque les malformations génétiques des grands ours blancs dues à des intoxications chimiques, une chorégraphie s’inspire de la chute de la biodiversité à travers un jeu de tiges métalliques accrochées au corps, une sculpture en squelette de baleine étincelante de cristaux de sel illustre les déboires des grands mammifères marins, une nouvelle île née de la fonte des glaces fait l’objet d’une installation par un artiste qui s’en déclare propriétaire.

 

capefarewellŒuvre de David Buckland

Au moment où le réchauffement climatique est présent dans les médias à la façon d’une information alarmiste et scientifique, la présence de l’émotion et de l’imaginaire montre la limite de notre façon de prendre le problème, par la technique et non par l’art. Pourtant, si les écrivains, les scénaristes, les peintres, les photographes, les humoristes, les chorégraphes, les musiciens assimilaient ce thème et le déclinaient dans leur espace créatif, il ferait en conséquence partie de notre culture et
de fait, serait plus enclin à changer notre vision du monde et donc nos habitudes.
www.capefarewell.com

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro Septembre-octobre 2006

12 septembre 2006

Le Slow accélère

Le Slow est un mouvement international qui prône le ralentissement, soit un rapport au temps opposé à celui dans lequel nous vivons qui, vous l’avez constaté, est très Fast. Le mouvement a démarré en Italie avec la Slow Food. Il s’agissait de prendre le temps de connaître et de savourer les aliments et saisons, et de redonner leur sens social à la cuisine et au repas. Aujourd’hui, le Slow se décline dans de nombreux domaines et devient un mouvement fort, avec toujours la même revendication : ralentir. Le Slow Design, de culture plus anglo-saxonne, propose une nouvelle approche des objets, intégrant les besoins humains, favorisant le dialogue, invitant au temps de vivre et s’alignant aux rythmes de planète dans l’usage des matériaux et leur cycle de vie. Pas de gâchis, pas de culture jetable, le Slow est fait pour durer. Les Slow Cities (villes lentes) défendent un nécessaire ralentissement pour prendre le temps de vivre. Les villes lentes sont « riches en théâtres, squares, cafés, ateliers, restaurants, lieux spirituels, ont de beaux paysages, des artisans, les hommes y sont curieux du passé, contemplent le passage des saisons et savourent des produits de la terre respectant la santé, le goût et les traditions ». Près de cinquante petites villes italiennes sont déjà signataires de la charte des « cités lentes » et le mouvement s’élargit à l’Europe entière.

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Attention, le Slow ne s’applique pas à tout ce qui est lent (l’accent suisse n’est pas un Slow Langage et un puzzle géant n’est pas un Slow Jeu !) mais seulement à ce qui se fait aujourd’hui trop rapidement donc mal et qui doit ralentir pour retrouver un sens ou une saveur. L’ensemble de ces nouveaux domaines de lenteur confluent au final dans la Slow Theory, dont l’influence ne fait qu’augmenter. La raison est simple, en favorisant les rythmes lents et naturels, la Slow Theory croise tous les principes du développement durable : les espaces verts, l’économie locale, les produits biologiques, le dialogue avec les parties prenantes, etc. Le Slow a de bonnes chances de devenir de guide de tous ceux qui veulent intégrer le développement durable dans leur quotidien sans renoncer à l’hédonisme.

Sites Internet :
www.slowdesign.com
www.slowfood.com
www.cittaslow.net
Livre : Éloge de la lenteur, de Carl Honoré (éditions Marabout)

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro septembre-octobre 2006

19 janvier 2006

La révolte consommée

« Révolte Consommée », de Joseph Heath et Andrew Potter, vient de sortir aux Editions naïve.

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Pensez-vous que «le capitalisme de consommation est un système dominé par les marques, visant l’uniformisation des goûts via la publicité pour faire davantage de profit.»? Oui? Vous êtes peut-être un peu rebelle, écolo, anar, alter ou anti quelque chose, ou encore un adepte de la «contre-culture», mais dans tous les cas, votre pensée est fausse. Les deux auteurs et sociologues canadiens vous disent pourquoi: Il n’y a pas de «système», et l’équation «société de consommation = société de masse = conformisme » est fausse, la bonne équation est « société de consommation = concurrence = non conformisme» (le capitalisme n’est plus dans la nécessité de produire des produits identiques donc d’imposer l’uniformité).

Pensez-vous aussi que «le système capitaliste est si global qu’il ne peut changer qu’en étant renversé?  Il doit être renversé de l’intérieur, par les mentalités, la culture, et pour cela un mouvement de contre-culture doit être encouragé.»? Oui? Apprenez que dans ce cas, vous êtes contre-productif. Arguments: 1° Les valeurs de la rébellion contre-culturelle (créativité, expérience directe, affirmation de soi, nouveauté…) sont devenues les valeurs gagnantes du capitalisme. Les mouvements hippie, punk rock, écolo, etc. sont tous devenus des points de départ de marchés juteux. 2° Le système peut changer sans être renversé radicalement si l’on sait problématiser ses failles en «problème d’action collective» et donc trouver une solution institutionnelle ou juridique adaptée. 3° La contre-culture a abouti a la confusion entre déviance et désobéissance (l’acte non-conformiste se prenant pour un acte politique en tant preuve de l’existence même de la société répressive) ce qu entame son efficacité.

Partagez-vous les visions proposées dans Bowling for Columbine (M. Moore), No logo (N. Klein), et American Beauty ? Oui? Sachez que vous aimez des oeuvres fondées sur un mythe dépassé et faux.

Résultat : Si vous avez répondu « Oui» aux trois questions, ce livre a suffisamment d’intelligence pour
vous faire changer d’avis.

Article publié dans la lettre d’information 2050 de janvier – février 2006

17 novembre 2005

Jean-Jacques Rousseau : la première vision non catastrophiste ?

Tous victimes du réchauffement climatique ? Théoriquement oui. Si les émissions de gaz à effet de serre sont principalement émises par le monde occidental, le réchauffement climatique est un phénomène global, donc logiquement nous affecte tous. Serons-nous alors tous touchés pareillement par par ses conséquences? Dans les faits, non. S’il y a 150000 personnes dans le monde d’ores et déjà victimes des conséquences des changements climatiques, il y aura 50 millions de réfugiés climatiques (ces personnes qui ne peuvent ou ne vont très bientôt plus pouvoir vivre dans leur environnement) d’ici 2010 et 150 millions d’ici 2050, oui, mais qui ça et où ça? La première liste de zones touchées est la suivante: Afrique, Chine (rurale), îles du Pacifique, Bengladesh, Alaska, Népal, etc. Donc essentiellement hors des principales zones émettrices de CO2 et dans des régions qui subiront de petites variations de température, environ +0,5% (alors que des régions européennes devraient connaître une hausse de plus de 2°!). Pourquoi? Trois explications : l’augmentation du niveau de la mer, l’extrême sensibilité des régions sèches à la moindre variation climatique, et surtout la pauvreté qui empêche de déployer des solutions alternatives.

Que va-t-on faire de ces victimes? Le vide juridique intersidéral actuel concernant les conséquences du réchauffement climatique ne donne aucun statut à ces premiers expulsés du climat, ils ne sont ni considérés comme des réfugiés ni comme ayant droit à des compensations.

Vers qui se tourner pour trouver une bonne réponse ? Vers Jean-Jacques Rousseau. Il y a 250 ans qui, suite à la première catastrophe mondialement «médiatisée», l’incendie de Lisbonne le 1er novembre 1755 qui fit 10000 à 30000 morts, Jean-Jacques Rousseau affirmait contre Voltaire : la nature est innocente, l’organisation sociale est corrompue, le mal du séisme incombe aux hommes.

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La triple tragédie de Lisbonne

Dans le cas du réchauffement climatique, nous sommes à nouveau très rousseauistes : les dérèglements de la nature sont pour grande partie dus aux hommes et leurs conséquences recoupent une structure sociale prédéterminée et injuste.
Posons-nous donc la question, pour faire plus simple en utilisant la métaphore du Titanic, de quoi mourront ces premières victimes, du choc de l’iceberg ou de l’absence de secours

Annexe :

Le poème de Voltaire suite à catastrophe de Lisbonne

Poème sur le désastre de Lisbonne
(1756)

O malheureux mortels ! ô terre déplorable !
O de tous les mortels assemblage effroyable !
D’inutiles douleurs éternel entretien !
Philosophes trompés qui criez: «Tout est bien»
Accourez, contemplez ces ruines affreuses
Ces débris, ces lambeaux, ces cendres malheureuses,
Ces femmes, ces enfants l’un sur l’autre entassés,
Sous ces marbres rompus ces membres dispersés;
Cent mille infortunés que la terre dévore,
Qui, sanglants, déchirés, et palpitants encore,
Enterrés sous leurs toits, terminent sans secours
Dans l’horreur des tourments leurs lamentables jours !
Aux cris demi-formés de leurs voix expirantes,
Au spectacle effrayant de leurs cendres fumantes,
Direz-vous : «C’est l’effet des éternelles lois
Qui d’un Dieu libre et bon nécessitent le choix» ?
Direz-vous, en voyant cet amas de victimes :
«Dieu s’est vengé, leur mort est le prix de leurs crimes» ?
Quel crime, quelle faute ont commis ces enfants
Sur le sein maternel écrasés et sanglants ?
Lisbonne, qui n’est plus, eut-elle plus de vices
Que Londres, que Paris, plongés dans les délices ?
Lisbonne est abîmée, et l’on danse à Paris.
Tranquilles spectateurs, intrépides esprits,
De vos frères mourants contemplant les naufrages,
Vous recherchez en paix les causes des orages :
Mais du sort ennemi quand vous sentez les coups,
Devenus plus humains, vous pleurez comme nous.
Croyez-moi, quand la terre entrouvre ses abîmes,
Ma plainte est innocente et mes cris légitimes. […] Que peut donc de l’esprit la plus vaste étendue?
Rien; le livre du sort se ferme à notre vue.
L’homme, étranger à soi, de l’homme est ignoré.
Que suis-je, où suis-je, où vais-je, et d’où suis-je tiré ?
Atomes tourmentés sur cet amas de boue
Que la mort engloutit et dont le sort se joue,
Mais atomes pensants, atomes dont les yeux,
Guidés par la pensée, ont mesuré les cieux;
Au sein de l’infini nous élançons notre être,
Sans pouvoir un moment nous voir et nous connaître.
Ce monde, ce théâtre et d’orgueil et d’erreur,
Est plein d’infortunés qui parlent de bonheur.
Tout se plaint, tout gémit en cherchant le bien-être :
Nul ne voudrait mourir, nul ne voudrait renaître.
Quelquefois, dans nos jours consacrés aux douleurs,
Par la main du plaisir nous essuyons nos pleurs;
Mais le plaisir s’envole, et passe comme une ombre;
Nos chagrins, nos regrets, nos pertes sont sans nombre.
Le passé n’est pour nous qu’un triste souvenir;
Le présent est affreux, s’il n’est point d’avenir,
Si la nuit du tombeau détruit l’être qui pense.
Un jour tout sera bien, voilà notre espérance;
Tout est bien aujourd’hui, voilà l’illusion.
Les sages me trompaient, et Dieu seul a raison.
Humble dans mes soupirs, soumis dans ma souffrance,
Je ne m’élève point contre la Providence.
Sur un ton moins lugubre on me vit autrefois
Chanter des doux plaisirs les séduisantes lois :
D’autres temps, d’autres mœurs : instruit par la vieillesse,
Des humains égarés partageant la faiblesse
Dans une épaisse nuit cherchant à m’éclairer,
Je ne sais que souffrir, et non pas murmurer.
Un calife autrefois, à son heure dernière,
Au Dieu qu’il adorait dit pour toute prière:
«Je t’apporte, ô seul roi, seul être illimité,
Tout ce que tu n’as pas dans ton immensité,
Les défauts, les regrets, les maux et l’ignorance.»
Mais il pouvait encore ajouter l’espérance.

Réponse de Jean-Jacques Rousseau :

Lettre sur la providence 
18 août 1756

Vos deux derniers poèmes, Monsieur, me sont parvenus dans ma solitude, et quoique mes amis connaissent l’amour que j’ai pour vos écrits, je ne sais de quelle part ceux-ci me pourraient venir, à moins que ce ne soit de la vôtre… Je ne vous dirai pas que tout m’en plaise également, mais les choses qui m’y blessent ne font que m’inspirer plus de confiance pour celles qui me transportent…. Tous mes griefs sont donc contre votre Poème sur le désastre de Lisbonne, parce que j’en attendais des effets plus dignes de l’Humanité qui paraît vous l’avoir inspiré. Vous reprochez à Pope et à Leibniz d’insulter à nos maux en soutenant que tout est bien, et vous amplifiez tellement le tableau de nos misères que vous en aggravez le sentiment : au lieu de consolations que j’espérais, vous ne faites que m’affliger ; on dirait que vous craignez que je ne voie pas assez combien je suis malheureux, et vous croiriez, ce semble, me tranquilliser beaucoup en me prouvant que tout est mal.

Ne vous y trompez pas, Monsieur, il arrive tout le contraire de ce que vous proposez. Cet optimisme que vous trouvez si cruel, me console pourtant dans les mêmes douleurs que vous me peignez comme insupportables. Le Poème de Pope adoucit mes maux, et me porte à la patience, le vôtre aigrit mes peines, m’excite au murmure, et m’ôtant tout hors une espérance ébranlée, il me réduit au désespoir. Dans cette étrange opposition qui règne entre ce que vous prouvez et ce que j’éprouve, clamez la perplexité qui m’agite, et dites-moi qui s’abuse du sentiment ou de la raison.

«Homme, prends patience, me disent Pope et Leibnitz. Tes maux sont un effet nécessaire de ta nature, et de la constitution de cet univers. Si l’Être éternel n’ a pas mieux fait, c’est qu’il ne pouvait mieux faire.»

Que me dit maintenant votre poème ? « Souffre à jamais, malheureux. S’il est un Dieu qui t’ait créé, sans doute il est tout-puissant ; il pouvait prévenir tous tes maux : n’espère donc jamais qu’ils finissent ; car on ne saurait voir pourquoi tu existes, si ce n’est pour souffrir et mourir. » Je ne sais ce qu’une pareille doctrine peut avoir de plus consolant que l’optimisme, et que la fatalité même : pour moi, j’avoue qu’elle me paraît plus cruelle encore que le manichéisme. Si l’embarras de l’origine du mal vous forçait d’altérer quelqu’une des perfections de Dieu, pourquoi justifier sa puissance aux dépends de sa bonté ? S’il faut choisir entre deux erreurs, j’aime encore mieux la première. […]

Je ne vois pas qu’on puisse chercher la source du mal moral ailleurs que dans l’homme libre, perfectionné, partant corrompu ; et, quant aux maux physiques, ils sont inévitables dans tout système dont l’homme fait partie ; la plupart de nos maux physiques sont encore notre ouvrage. Sans quitter votre sujet de Lisbonne, convenez, par exemple, que la nature n’avait point rassemblé là vingt mille maisons de six à sept étages, et que si les habitants de cette grande ville eussent été dispersés plus également, et plus légèrement logés, le dégât eût été beaucoup moindre, et peut-être nul. Combien de malheureux ont péri dans ce désastre, pour vouloir prendre l’un ses habits, l’autre ses papiers, l’autre son argent ?

Vous auriez voulu, et qui ne l’eut pas voulu !  que le tremblement se fût fait au fond d’un désert. Mais que signifierait un pareil privilège ? […] Serait-ce à dire que la nature doit être soumise à nos lois ? J’ai appris dans Zadig, et la nature me confirme de jour en jour, qu’une mort accélérée n’est pas toujours un mal réel et qu’elle peut passer quelquefois pour un bien relatif. De tant d’hommes écrasés sous les ruines de Lisbonne, plusieurs, sans doute, ont évité de plus grands malheurs ;  et malgré ce qu’une pareille description a de touchant, et fournit à la poésie, il n’est pas sûr qu’un seul de ces infortunés ait plus souffert que si, selon le cours ordinaire des choses, il eût attendu dans de longues angoisses la mort qui l’est venue surprendre.

Pour revenir, Monsieur, au système que vous attaquez, je crois qu’on ne peut l’examiner convenablement, sans distinguer avec soin le mal particulier, dont aucun philosophe n’a jamais nié l’existence, du mal général que nie l’optimisme. Il n’est pas question de savoir si chacun de nous souffre ou non, mais s’il était bon que l’univers fût, et si nos maux étaient inévitables dans la constitution de l’univers, et au lieu de Tout est bien, il vaudrait peut-être mieux dire : Le tout est bien, ou Tout est bien pour le tout. Alors il est très évident qu’aucun homme ne saurait donner des preuves directes ni pour ni contre. Si je ramène ces questions diverses à leur principe commun, il me semble qu’elles se rapportent toutes à celle de l’existence de Dieu. Si Dieu existe, il est parfait ; s’il est parfait, il est sage, puissant et juste ; s’il est juste et puissant, mon âme est immortelle ; si mon âme est immortelle, trente ans de vie ne sont rien pour moi, et sont peut-être nécessaires au maintien de l’univers. Si l’on m’accorde la première proposition, jamais on n’ébranlera les suivantes ; si on la nie, il ne faut point disputer sur ses conséquences. Non, j’ai trop souffert en cette vie pour n’en pas attendre une autre. Toutes les subtilités de la métaphysique ne me feront pas douter un moment de l’immortalité de l’âme, et d’une Providence bienfaisante.

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro novembre-décembre 2005

2 novembre 2005

New-York touché coulé

« Manifest Destiny » est une peinture de plus de 7 mètres de long qui représente une projection dans le futur du réchauffement climatique à New-York (exposée au Brooklyn Museum de New-York, la foire d’art contemporain de Cologne…).

La réalisation de cette toile monumentale a demandé au peintre Alexis Rockman un an de travail et de collaboration avec des scientifiques, architectes, écologistes et ingénieurs, afin de partir d’une prédiction la plus construite possible. A partir de là, le travail de création s’est réalisé. «Je considère cette image comme une carte postale qui nous est envoyée du futur» dit Alexis. Son objectif est de décliner son projet dans les plus grandes capitales du monde.

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L’artiste souhaite réaliser sa prochaine tpile à paris « What I would love to do is something in the spirit of the global warming project about Brooklyn, but have it be set in Paris using some of its fabulous landmarks. I want it to be a plea to the hearts of the French to preserve what we all know to be a great treasure. I believe that people only care about things that are in their backyard. »

Comme pour NYC, Alexis Rockman mènera ici un travail préparatoire d’environ une année avec une équipe de scientifiques, ingénieurs, historiens, écologistes, architectes. Cette toile monumentale permettra aux visiteurs d’appréhender le « futur Paris » sous le prisme du réchauffement climatique.

Article publié dans la lettre d’information 2050, numéro novembre-décembre 2005

19 septembre 2005

Alerte sur la santé

Panique à bord. La santé est en plein questionnement. Pourquoi ?

Pourquoi cette explosion de cancers, d’asthme, de problèmes ORL, d’obésité, d’infertilité ?
L’angoisse monte. Et si c’était dû à notre environnement ?
Chaque jour, un nouvel objet familier découvre sa face cachée chimique menaçante : moquette, air, mobilier, téléphone portable, aliment, laine de verre, colle, peinture, parfum d’intérieur, lessive, climatisation…
Chaque jour un nouveau vocabulaire : «ces maladies créées par l’homme», «toxicité domestique» nomme l’ennemi invisible…
Chaque jour un mot nouveau, COV, musc artificiel, éther de glycol, formaldéhyde, benzène, sort de sa tanière pour entrer dans le dictionnaire courant…
Chaque jour une ONG lance une campagne, «Detox», «Vigitox», «Mauvais Sang», au nom de mauvais augure…
Chaque jour un nouveau voisin, un incinérateur, une pompe à essence, dresse la liste de ses victimes…
Chaque jour, un nouveau chiffre fait frémir le précédent : selon le Dr. Belpomme, 7 à 15% des cancers seraient directement liés à «l’environnement»…
Chaque jour les médecins et scientifiques se réunissent pour alerter, signent un «Appel de Paris» affirmant que «Notre environnement c’est notre santé !» ou exigent des études approfondies sur les «perturbateurs endocriniens» pour expliquer la baisse de fertilité masculine et l’explosion des cancers des organes reproductifs…
Chaque jour l’Union Européenne propose une réglementation visant à mieux connaître l’impact de notre environnement chimique sur notre santé : REACH…

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Cet exposé alarmiste pose une question essentielle : si notre environnement devient de plus en plus toxique, nos maladies vont-elles augmenter en conséquence? La présence d’infimes substances dans nos produits d’usage quotidien peut-elle s’accumuler au point de favoriser l’apparition de maladies?
La question n’a pas de réponse claire aujourd’hui et cela est inquiétant. Pasteur et Flemming de tous poils, trouvez-nous vite le vaccin contre cette nouvelle maladie, notre environnement !
Malheureusement, il n’y a pas ni vaccin ni traitement, mais peut-être qu’un comportement plus écologique pourrait avoir un effet placebo?

Article publié dans la lettre d’information 2050 septembre-octobre 2005

17 juin 2004

« L’artiste comme partie prenante », colloque Unesco du 8 juin 2004

Colloque « Art Contemporain et Développement Durable, l’artiste comme partie prenante »
UNESCO, 8 Juin 2004

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Conception, organisation animation : Alice Audouin.

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Ce colloque a été l’occasion d’une recherche et analyse d’artistes internationaux engagés sur le thème du développement durable, ce qui a donné lieu à un catalogue présentant 50 artistes.

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On participé à cette recherche : Marie-Luce Ceve et Lauranne Germond.

Plus de 200 personnes ont assisté au colloque qui a marqué le premier dialogue entre trois univers dissociés : ONG, entreprises et artistes, sur la question des enjeux environnementaux et sociaux actuels.
L’intervention des YES MEN ne fut pas sans critique sur la structure même colloque, qui faisait intervenir des entreprises.

Ont participé à ce colloque (en anglais), devant un public de 250 personnes :

  • Artistes (plasticiens)
    Amy Balkin (Etats-Unis) ; Stephan Barron (France) ; Gaëlle Braun (France) ; Peter Fend (Etats-Unis) ; James Marriott & Jane Trowell PLATFORM (Angleterre) ; Nicolas Milhé (France) ; Sven Pahlsson (Norvège) ; Dan Peterman (Etats-Unis) ; Daniel Pflumm (Allemagne) ; Alexis Rockman (Etats-Unis) ; Yann Toma (France).
  • Experts
    Simon Retallack, IPPR (Angleterre) ; Cornis van der Lugt, PNUE.
  • ONG et experts
    Jacques-Noël Leclerc, AMNESTY INTL ; Philippe Lévêque, CARE ; Thanh Nghiem, WWF ; Michèle Rivasi, GREENPEACE
  • Entreprises et conseils
    Fouad Benseddik, VIGEO ; Paul Carriot, FRANCE TELECOM ; Elisabeth Delorme, Fondation GAZ DE FRANCE ; Jacques Hayward, VEOLIA ENVIRONNEMENT ; Hélène Roques, ACCOR ; Robert Rubinstein, BROOKLYN BRIDGE (Pays-Bas).

Présentation d’une page de l’événement : FORUMVF.pdf
Le programme : PROGRAMME.qxp.pdf
L’ abstract : abstract8juin – FR.doc
Un catalogue d’artistes (dont un certain nombre présents à l’évenement) : catalogue artistes.pdf