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18 avril 2016

Inauguration des acquisitions 2016 de la Collection Greenflex « art et développement durable »

La Collection Greenflex est la première collection dédiée à l’art contemporain et au développement durable.

Elle a été impulsée par les dirigeants de Greenflex, Frédéric Rodriguez et Elizabeth Pastere-Reiss et Alice Audouin (auteur de ce blog).

Le 7 avril 2016, les nouvelles acquisitions de la Collection ont été inaugurées.
Alice Audouin Conseil a été en charge de l’organisation du comité de sélection de ces acquisitions.

Cinq nouveaux artistes entrent dans la collection en 2016 :

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Yang YONGLIANG

Phantom Landscape III, n°04 Misty City 2, 2007
27×120 cm, édition de 8

Inspiré par la culture ancestrale et le fameux Shanshui, ces paysages de montagnes calligraphiés par les plus grands artistes classiques chinois depuis plus d’un millénaire, Yang Yongliang crée de toute pièce un nouveau monde d’illusions, une vision entre rêve et cauchemar, à la fois futuriste et séculaire.
Utilisant la photographie, Yang Yongliang développe une approche critique de la réalité et vise à interroger les bouleversements dont il est témoin, en particulier l’expansion urbaine et son impact négatif sur l’environnement. Ainsi, l’imagerie urbaine contemporaine est omniprésente dans ses oeuvres.
Yang Yongliang bouscule notre conscience collective, questionnant nos problèmes économiques, environnementaux et sociaux, anticipant les effets dévastateurs de l’urbanisation sauvage et de l’industrialisation.

L’usage des longs rouleaux panoramiques, l’impression sur papier coton, l’apposition de sceaux classiques à l’encre rouge, le tout  composé en noir et blanc comme à l’encre de Chine, font de l’œuvre de Yang Yongliang le renouveau contemporain du shanshui.

 

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Elise Morin

Mapping Paradise

Création pour la Collection Greenflex, 2016.
Tickets de jeux agglomérés (partenariat avec la française des Jeux) et fraisage numérique

C’est un paradis sur terre, l’archipel polynésien des Tuvalu, qui est aussi l’une des premières victimes du réchauffement climatique, qui a inspiré l’artiste Elise Morin.
Son propos est de reconstituer l’île principale de cet archipel et d’alerter sur la diminution de sa surface due à la montée des eaux. Pour cela, elle utilise une matière inédite et métaphorique, les tickets-topos (des « tickets topographiques »). Ils sont composés de tickets de jeux périmés ou jetés, agglomérés via un processus de chimie verte mis au point par l’artiste, produisant une matière qui se sculpte comme le bois et dont les joints sont visibles à la manière d’une assiette de porcelaine brisée puis recollée.
Ce paysage tragi-comique évoque la « Pierre de Rêve » et la Renaissance qui exprimait ses utopies par des paysages.
Oeuvre à la fois d’alerte et de solution, étant elle-même une mise en application de l’économie circulaire, elle joue de l’effet d’optique. Au fur et à mesure que l’on s’approche, le paysage, son relief puis les fragments de jeux apparaissent, telles les traces d’un monde qui aurait laisser passer sa chance.

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Thomas Tronel-Gauthier

Les sables retrouvés #2, 2015

Photogravure sur granite noir d’Afrique. Pièce unique

Thomas Tronel-Gauthier développe une pratique protéiforme de la sculpture qui oscille entre l’objet et l’installation, interroge les matériaux et leur devenir.

Les sables retrouvées #2 est une gravure sur granite noir d’Afrique issue d’une photographie qui représente une empreinte laissée naturellement par l’écoulement des eaux usées de la ville du Havre sur sa plage. L’image se fait témoin de l’étroite coexistence d’un site naturel maritime avec une zone d’urbanisme très industrialisée. Le travail numérique sur la teinte et les textures, permet de simuler une minéralité proche de celle du granit, tendant à figer doublement par la photographie et l’ébauche de fossilisation, cet éphémère phénomène.

Thomas Tronel-Gauthier est un explorateur-voyageur qui traque, capture et retranscrit par le volume ou l’image, les origines, les mutations et les bouleversements des formes et des phénomènes naturels ou spontanés. Ses œuvres sont autant de liens tissés entre l’éphémère et le pérenne, pariant ainsi sur un monde qui ne perdra pas le fil de son histoire.

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Angèle Guerre

Ab initio, 2014

Trois dessins sur papier Artistico Fabriano 150g, scalpel et cutter, incisions sur papier

Les paysages que dessine Angèle Guerre ne sont pas inspirés du réel mais de son imaginaire alimenté par sa curiosité pour la géologie et la gravure ancienne. Ils ne sauraient dévoiler une roche, un arbre, une fleur ou une rivière, et pourtant leur forme organique reflète parfaitement le mouvement ininterrompu, chaotique et complexe de la vie.

Ab initio est une série de dessins sur papier dont la surface est sculptée au scalpel et au cutter. La lumière, rasante ou frontale, décide du paysage final qui, blanc sur blanc, n’a que l’ombre pour exister. Le maniement d’un outil rudimentaire et la lumière, en toute simplicité, suffisent à la création.

Banquise qui se détache, forêt assiégée, littoraux inviolés, l’imaginaire galope face à cette surface blanche qui fait saillir un relief comme en expansion.
Jaillissements d’une page nue, rupture d’un monde étal, Ab initio illustre le commencement de la vie et les forces géologiques qui la sous-tendent.

Angèle Guerre balafre la page pure pour révéler sa puissance cachée. Par la beauté de son résultat, elle dévoile l’immensité des possibles et invite à les explorer.

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Christophe Jacrot
Tokyo
Photographie, 2012

Christophe Jacrot aime photographier les grandes métropoles dans un contexte bien particulier : en période d’intempéries. Cette ligne directrice est née du hasard d’une commande contrariée, devoir réaliser des photographies de Paris sous le soleil lors d’un printemps qui n’a connu qu’averses. Course aux abris des habitants, beauté du béton mouillé : les richesses de la pluie se révélèrent alors aux yeux du photographe.
Christophe Jacrot crée une encyclopédie des mauvaises surprises du temps sur les grandes villes : Typhon à Hong Kong, pluie à Tokyo, tempête à New-York, etc. Mais il ne saurait jouer les Cassandre du dérèglement climatique, car ce n’est pas sous l’angle de la catastrophe qu’il veut raconter ces épisodes climatiques.

Christophe Jacrot vise davantage à démontrer leur force de distraction d’un quotidien uniformisé et minuté. L’imprévisibilité des assauts du ciel qui floutent et changent nos perceptions sont autant de déstabilisations esthétiques qui nous font voir et vivre le monde autrement. Et c’est une chance que le photographe nous aide à saisir.

 

8 janvier 2015

Exposition Post Carbone : 12 artistes face au climat

Post Carbone est la première exposition d’art contemporain dédiée à la transition énergétique. Elle offre un regard riche et inédit sur le réchauffement climatique, à onze mois de la COP 21 (Conférence du Climat, Paris 2015). Elle a pour vocation de complémenter et enrichir les approches scientifiques, économiques et politiques de la transition énergétique par des voies plus sensibles, esthétiques et immatérielles, indispensables à la prise de conscience et au changement.

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Une exposition organisée en trois univers, « Réexpédition », « Énergie en transit » et « Circuit recommandé »

« Réexpédition » reprend la légende des expéditions vers les pôles pour illustrer cette fois les impacts du réchauffement climatique.
« Énergie en transit » offre un regard décalé tant sur le constat que sur les solutions engagées par une société libérée des énergies fossiles.
« Circuit recommandé » est dédié à l’économie circulaire et propose des illustrations complètes d’un processus de création zéro déchet grâce à une gestion respectueuse des ressources de la planète.

« Post Carbone » présente une variété d’expressions artistiques allant de l’installation participative à la vidéo documentaire en passant par la sculpture, la photographie et l’opéra.

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Human-Dynamo – installation de Yann Toma

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Vue de l’exposition, oeuvres de Springerparker et David Buckland, canapé d’écoute de l’Opéra composé par Springerparker

Artistes et oeuvres

Anti (Urbanoïde Bear, 2014, Urbanoïde Kong, 2014),
Art Orienté Objet (Polar Trash, 2010, Peau de chagrin, 2009-2010, L’empreinte écologique, 2010),
David Buckland (Burning Ice, 2005-2009),
Olafur Eliasson (IceWatch, 2014, Kids Studying, 2012, Little Sun Garden, 2012, Shop lady in Burundi, 2012, Little Sun, 2012),
Sven’t Jolle (Meltdown, 2009),
Élise Morin (Glowing Memories #2 2015, Le Baron, 2014),
Lucy + Jorge ORTA (Antarctica World Passport Delivery Bureau, 2012),
Springer Parker (Permafrost 70°10‘37 “N / 24°54‘20“ E, 2008, Permafrost 71° 8‘27“ N / 25°39‘39“ E, 2008, Polar circle Fig. 01, 2011, Polar circle Fig. 02, 2011, Polar circle Fig. 04, 2011, Polar circle Fig. 06, 2011, There Are Places In Our Heads We Can Travel To, 2011),
The Polyfloss Factory (Polyfloss Factory, 2012),
Lionel Sabatté (Avril, 2012, Infusion volatile, 2014, La délicate sagesse de la tortue des profondeurs, 2012),
Société Volatile (Bât solaire, 2013, Épave, 2013, Light, 2013, Monument, 2013, Monture, 2013),
Yann Toma (Human-Dynamo, 2014, Sculpture de CO2 1 et 2, 2009, Les Restitutions, 2014).

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Olafur Eliasson, IceWatch, 2014

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Olafur Eliasson, de LittleSun à IceWatch

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Installation monumentale d’Elise Morin

L’annonce de l’engagement des artistes pour la COP 21

La transition énergétique est une mutation de société qui implique un changement culturel. L’accès et le partage des ressources, la citoyenneté mondiale, le bien commun, le partage équitable de solutions d’atténuation et d’adaptation : ces enjeux de la vie postcarbone relèvent tous de la culture.

Dans moins d’une année, la 21e Conférence des parties sur le climat (COP21), marquera une date historique dans le champ de l’art, avec l’engagement des artistes en tant qu’acteurs de la transformation vers la société post-carbone. Certains des artistes exposés dans cette exposition portent d’ores et déjà des projets monumentaux pour ce grand rendez-vous et sont engagés dans Art of Change 21, un projet international visant à influencer positivement les négociations. L’exposition « Post Carbone » entend jouer un rôle annonciateur de ce mouvement en cours et en défriche les principales tendances.

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Antarctica World Passport, Studio Orta

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Vue d’ensemble, au premier plan, le bureau des passeports de Lucy + Jorge Orta

Une exposition écoconçue

Cette exposition, écoconçue, observe quatre principes majeurs : le réemploi de matériaux pour la scénographie (avec Co-Recyclage), le choix de solutions locales évitant le transport, l’utilisation de papiers recyclés certifiés pour les éditions.

AVEC POLYFLOSS LIGHT

Vue d’ensemble, au premier plan, Polyfloss Factory

Commissariat d’exposition

Cette exposition est organisée pour La Poste par Alice Audouin Conseil.

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Pégase, de Société Volatile

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Télécharger le communiqué de presse

Album photo (facebook)

Exposition du 13 au 23 janvier. 
Siège National de La Poste.
Entrée nominative (sur invitation).

Alice Audouin
14 janvier 2015

8 décembre 2014

Art et ISR : rencontre inédite

Le 5 décembre 2014 a eu lieu le Colloque Novethic (groupe Caisse des Dépôts) « Stratégies ESG pour investisseurs responsables ». Il fut l’occasion de créer une rencontre inédite entre les acteurs du secteur financier le plus en avance en matière de développement durable et trois artistes engagés : Olivier Darné, Elise Morin et Lionel Sabatté.

Le Colloque Novethic est l’évènement annuel européen, réservé exclusivement aux investisseurs institutionnels, sur la prise en compte des critères Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance (ESG) dans la gestion financière. Pour son édition 2014, Novethic a demandé à Alice Audouin une programmation artistique inédite, visant à nouer un dialogue sur les valeurs du développement durable entre les principaux investisseurs institutionnels européens et des artistes engagés. Un dispositif complet a été mis en place : exposition, prise de parole des artistes durant le colloque et temps d’échanges autour des oeuvres entre les participants et les artistes.
Cette rencontre fut très fructueuse. Les échanges ont été riches et foisonnants de curiosité. De nombreuses correspondances et pistes de collaborations entre les deux univers ont été identifiées. Une première passerelle entre les deux univers est née.

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« Avril », 2012 de Lionel Sabatté, au fond sur le mur, photographies d’Olivier Darné

Lionel Sabatté

Peintre et sculpteur, Lionel Sabatté explore dans son travail l’origine des ressources, l’expression du temps long et la transformation des éléments. Concerné par les enjeux liés à l’énergie, ses toiles sur le pétrole en confrontent les dimensions polluante et géologique. La réutilisation, au cœur de sa création, est poussée à son paroxysme. Il recycle ses propres matières organiques ainsi que la poussière en sculptures somptueuses, et s’inscrit ainsi dans l’économie circulaire et le « Upcycling ». Il a eu quatre expositions personnelles en 2014, dont une carte blanche à l’Aquarium de Paris, avec la « Fabrique des profondeurs ». Né à Toulouse en 1975, il vit et travaille à Paris. Il a été formé à l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts de Paris et a reçu le prestigieux Prix Yishu 8 à Pékin en 2011.

Œuvre exposée : “Avril”, 2012, Loup, moutons de poussière, structure métal.

Elise Morin

Elise Morin développe des installations et des vidéos empreintes de références au paysage et à l’industrie. Ses installations monumentales sont conçues à partir de matériaux recyclés dans un processus inédit. L’une d’elles, « Waste Landscape », est un paysage recouvert par plus de 65 000 CD invendus ou collectées, qui ont été triés et cousus à la main. Son engagement dans la création a été récompensé en 2012 par l’attribution du prix Solomon R. Guggenheim |USA| the Best of Lab art and sustainability. Elise Morin a exposé en France au Centquatre, au Jeu de Paume, au Grand Palais, au Musée d’art contemporain de Tokyo, etc. Née en 1978, Élise Morin a été formée à l’enseignement de l’École nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris, du Central Saint Martins College de Londres, puis de la Tokyo National University of fine arts. Elle vit et travaille à Paris.

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Installation d’Elise Morin « Riverbed »

Oeuvre exposée : “Riverbed”, spécialement créée par Élise Morin pour le colloque Novethic 2014. L’artiste a jeté son dévolu sur la cour extérieure de la Maison des Travaux Publics et a imaginé d’installer au sol une surface de tuiles kaléidoscopiques : un paysage ondulant qui capte, renvoie et réfracte la lumière. Chaque tuile est fabriquée à partir de CDs invendus et broyés selon la norme de destruction officielle et sécurisée  « DIN 1 ». Les copeaux de CDs ont été moulés à la main et agglomérés à l’aide d’une réaction chimique à froid, un processus relevant de la chimie verte.

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De gauche à droite: Jean-Pierre Sicard, Elise Morin, Pascal Canfin, Alice Audouin

Olivier Darné

Plasticien et éleveur d’abeilles urbaines, Olivier Darné intervient d’une façon singulière, interrogeant les relations entre le sauvage et l’urbain, la « bio-diversité culturelle » de l’homme et de son milieu. Il gère depuis 2000 à Saint-Denis, un rucher expérimental, véritable « laboratoire urbain  à ciel ouvert » devenu aujourd’hui le plus important rucher urbain d’Europe avec plus de 7 millions d’abeilles. Il a présenté son travail en France au Centre Pompidou, au Palais de Tokyo, mais aussi à Utrech, La Haye, Londres, Tokyo, etc. Il a été lauréat en 2012 du Prix COAL avec l’installation « La Banque de reines » réalisée depuis, en 2012, au Centre d’art contemporain de la Ville de la Haye, aux Pays-Bas. Diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Appliqués de Paris et de l’école Estienne de Paris, Olivier Darné,  né en 1971, vit à Saint-Denis.

Oeuvres exposées : Sculpture “Banque des Reines” (2013), photographies “Compte Epargne Abeilles” et “Time is Honey”

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Photographies d’Olivier Darné « Time is Honey » et « Compte épargne abeilles »

 

 

22 septembre 2014

Art digital et énergies renouvelables au coeur de la Marche pour le Climat : une collaboration Art of Change 21 & Avaaz

Les artistes étaient au cœur de la Marche pour le Climat qui a rassemblé hier plus de 5000 personnes à Paris. Art of Change 21 a collaboré avec Avaaz pour y intégrer une dimension créative innovante, via une programmation d’art digital et de musique à base d’énergies renouvelables, avec le Solar Sound System et l’artiste Naziha Mestaoui.

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« Paris Marche pour le Climat »  a réuni hier plus de 5000 personnes dans Paris, à l’initiative d’Avaaz, le plus grand mouvement citoyen en ligne, en collaboration avec de nombreuses organisations partenaires, dont Art of Change 21.  Cette marche parisienne s’intégrait dans une marche mondiale, de New York à Berlin, de Bogota à New Delhi, de Londres à Melbourne ainsi que dans des centaines d’autres villes, et a rassemblé près de 700 000 personnes dans le monde, dont plus de 350 000 pour la seule ville de New York. Cette mobilisation mondiale pour le Climat prenait place deux jours avant le « Sommet de Ban Ki-Moon » à New-York sur la question du réchauffement climatique et près d’un an avant la COP21 (Conférence des parties sur le climat) qui se tiendra à Paris fin 2015.

Art of Change 21 a collaboré avec Avaaz sur la Marche pour le Climat à Paris pour y insuffler une dimension créative innovante intégrant des dimensions digitales et l’utilisation des énergies renouvelables. Cette collaboration a abouti à la programmation de deux temps forts, l’un au départ, sur la place de la République, avec le Solar Sound System et ses DJ et l’autre à l’arrivée, place de l’Hôtel de Ville, avec une intervention inédite de l’artiste Naziha Mestaoui.

Départ Place de la République, avec le Solar Sound System
Qu’est-ce que le Solar Sound System ? Il s’agit d’un Sound System alimenté en énergies renouvelables, qui permet à des DJs de mixer en version vinyl ou numérique, sans prise électrique. Des DJ prestigieux ont d’ores et déjà mixé sur une telle plate-forme, comme Matt Black de Cold Cut ou encore dernièrement Alain HO aka DJ Yellow de la fameuse french touch. Pour la Marche pour le Climat à Paris, l’équipe du Solar Sound System, composée de Laure, DJ, Yannick, DJ, et David a animé le ralliement place de la République, grâce à deux vélos et des panneaux photovoltaïques. Le Solar Sound System a ensuite accompagné le cortège en musique, la machine étant en totale autonomie dans sa version ambulante.

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Arrivée Place de  l’Hôtel de Ville, avec Naziha Mestaoui
Naziha Mestaoui, fondatrice d’Electronic Shadow et pionnière de l’art digital, a créé spécifiquement Green Beats, une performance sonore interactive avec tambours, qui a fait battre à l’unisson le cœur des milliers de participants. « L’expérience Green Beats s’inspire de pratiques ancestrales. En respirant à l’unisson, nous nous reconnectons à nous-mêmes, aux autres et à la nature. En synchronisant nos coeurs, nous incarnons l’énergie positive qui nous permet de passer de la revendication au projet ! Inspirons le changement ! » témoigne Naziha Mestaoui après son intervention, qui a eu lieu juste avant celle de Nicolas Hulot et la montée sur scène du chanteur Patrice.

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Art of Change 21 est jeune association créée à l’occasion de la COP 21, dans le but d’apporter de la créativité et de l’innovation dans la dynamique de mobilisation pour la COP 21. L’association conçoit et met en oeuvre le projet Art of Change 21, qui réunira des jeunes, des artistes et des entrepreneurs sociaux du monde entier à la Gaité Lyrique fin novembre 2014 , qui concevront de manière collaborative une action internationale à la veille de la COP21. Art of Change 21 a également pour mission  d’apporter une expertise, des idées et des réseaux auprès des organisations de la société civile mobilisées pour la COP 21 et désireuses d’intégrer une plus grande créativité. L’association est fondée par Alice Audouin, pionnière du développement durable et du lien entre l’art et l’environnement et co-fondatrice de l’association Coal.

Alice Audouin
22 septembre 2014

 

19 août 2014

Cédric Carles : la transition écologique, c’est party !

Avec sa machine qui soulève les foules au son des énergies renouvelables, Cédric Carles a fait du Solar Sound System l’étendard d’une écologie différente et d’une culture engagée. Ce pionnier énergisant développe une alliance inédite entre l’écologie, la convivialité et la solidarité. Il possède de nombreuses casquettes : designer, secouriste en énergie, plasticien, chercheur indépendant en histoire des sciences et techniques et DJ. Quand Cédric Carles appuie sur Play, la transition écologique, c’est Party

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Cédric Carles entouré des dj’s Vakula et Jay ka aux Nuits sonores

Enfance d’un visionnaire
Difficile de ne pas rechercher dans l’enfance de Cédric Carles des signes prémonitoires d’un parcours aussi atypique et de fait, ils sont là. Le DIY (Do It Yourself) et l’écologie, deux valeurs centrales dans le parcours de Cédric Carles, émergent dès son enfance. Son grand-père ne jette rien et répare tout. « Il compilait les matériaux et les objets ménagers pour en faire une ressourcerie, il était capable de réparer tout objet et faire survivre des dizaines d’années des postes tv, des radios et des machines à laver dans son « repair café » avant l’heure», nous raconte Céric Carles. Très investi dans sa commune, catholique pratiquant, ce grand-père fait de l’anti gaspi son crédo et apprend à Cédric à utiliser un tournevis en même temps qu’une fourchette. Mousse sur un bateau de plongée, le futur gourou est dans le même temps initié par son oncle à la plongée sous-marine en Méditerranée. A la place des mérous, il chasse les sacs plastiques. Son engagement en écologie sous-marine démarre.

Du banc skatable au Solar Sound System
Dès ses études de design industriel à l’Institut d’Art Visuel à Orléans, Cédric Carles intègre systématiquement dans ses projets des innovations sociales et environnementales. En stage de fin d’étude à Marseille, il crée un mobilier urbain en PET recyclé, solidaire, écologique et hautement praticable en collaboration avec une entreprise d’insertion et la communauté du skate : le premier banc skatable éco-conçu. Il part ensuite pour la Suisse afin de continuer à se former en éco-conception à l’EPFL (École Polytechnique Fédérale de Lausanne) et aux énergies renouvelables avec l’ association ADER (Association pour le Développement des Energies Renouvelables). Il a la chance de se former auprès des meilleurs scientifiques comme la climatologue Martine Rebetez, Olivier Jolliet, précurseur des eco-bilans ou André Rosselet, expert en énergie solaire.
La musique solaire, voit le jour en 1999 lorsque Cédric Carles décide de contribuer avec André Rosselet à mobiliser son canton pour voter en faveur du « centime solaire », une initiative populaire visant à instaurer une taxe de 0,1 centime par kwh d’énergie consommée afin de financer l’énergie solaire. A cette occasion, il branche pour la première fois des platines vinyles et un soundsystem à des panneaux photovoltaïques. En dépit de l’échec électoral du centime solaire, les ingrédients centraux de ce qui deviendra le Solar Sound System, se mettent en place : la convivialité, le nomadisme, les énergies renouvelables et la pédagogie. En 2001, il est invité à participer à la conception de l’exposition temporaire « Energie et Climat » avec l’ EPFL et insiste pour que l’énergie grise soit présente dans l’exposition. Pour cela, il propose une seconde vie à l’exposition et crée ITEX, « ITinérante EXposition », une exposition montée sur un camion doté d’une éolienne et de panneaux solaires muni de nombreux dispositifs pédagogiques en faveur des énergies renouvelables.

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SayWatt – Gaité Lyrique – SoulStereo @ Gaité Lyrique – expo SayWatt! : Le culte du Sound System

La résilience à la fête
En 2004, Cédric Carles fonde l’Atelier 2Cé, laboratoire d’éco-conception et un réseau pluridisciplinaire composé d’artistes, de designers et d’ingénieurs, promouvant l’éco-conception par l’art et le design. C’est dans cet atelier que le Solar Sound System (3S) prend sa forme définitive. Le Sound System alimenté en énergies renouvelables, permet pour la première fois à des DJs de mixer en version vinyl ou numérique, sans prise électrique. Le succès ne tarde pas. Des vélos viennent s’adjoindre, afin de produire l’électricité nécessaire en cas de panne de vent ou de soleil. Loin de rechigner, le public attend impatiemment son tour pour pédaler. Dans les festivals de musique, les rassemblements écologiques, les manifestations culturelles, en Suisse, puis en Europe et dans le Monde, les meilleurs DJs prennent rapidement les commandes de l’écologie conviviale, dont Matt Black de Cold Cut, fondateur du célèbre label anglais Ninja Tunes ou encore dernièrement Alain HO aka DJ Yellow de la non moins fameuse french touch.

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Matt Black de Coldcut aux commandes du SolarSoundSystem

Les 3S se multiplient, prennent des formes différentes, équipés de roulettes, de roues et de skis suivant les situations. Les territoires en rupture d’électricité ou touchés par la précarité énergétique, sont les premiers bénéficiaires. Haïti reçoit un Solar Sound System après le tremblement de terre en 2010. Le 3S devient un moyen de résilience dans les territoires ayant perdu leur électricité, s’impose comme solution à la précarité énergétique et se renforce en tant qu’outil de pédagogie et de sensibilisation aux énergies renouvelables. 20 Solar Sound System sillonnent désormais le monde, ayant à leur actif plus de 400 évènements, festivals, campagnes de mobilisation, de l’Inde à Taïwan en passant par le Cameroun. Le public est multi-générationnel. « Nous avons une programmation du jazz à l’électro qui rassemble toutes les générations, mon but est de rassembler les gens et la musique est un excellent moyen », précise Cédric Carles.

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SoulStereo @ Gaité Lyrique – expo SayWatt! : Le culte du Sound System

Des « smartmeters » vont prochainement permettre au public de voir en direct les données de consommation énergétique. Il explique que « l’énergie étant invisible, les smartmeters sont indispensables pour que le public puisse voir et appréhender concrètement les énergies et l’efficacité énergétique ». Il travaille aussi sur des générateurs-vélos pour Velib, car il « rêve de voir tous les parisiens pédaler pour la fête et les énergies renouvelables ». Une scène musicale alimentée à 100% en énergie renouvelable est en cours de développement. Avec le 3S, le facteur 4 devient réaliste dans le domaine de la musique live.

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dj Yellow @ Institut du Monde Arabe – opening Weather Festival

Du Solar Sound Musette à la paleo-énergétique
Cédric Carles est depuis toujours un passionné des sciences et des techniques. Chercheur indépendant en histoire de l’énergie, il s’intéresse tout particulièrement aux solutions énergétiques et aux innovations sociales développées au début du siècle dernier. « Je trouve intéressante l’histoire du bigophone, inventé fin dix-neuvième par Romain Bigot, cet instrument de musique DIY et carnavalesque a révolutionné toutes les fanfares et toutes les fêtes populaires. Véritable revendication de la rue, des sociétés bigophoniques ont existé par centaines, durant des dizaines d’années et jouaient sur des bigophones de toute forme, en escargot, légume, dragon. La rue était partagée, drôle, joyeuse, festive, bon enfant. C’est ce que je cherche à recréer dans mes actions, des moments gratuits et conviviaux, sur fond de bidouille énergétique.” Il intègre cette démarche au Solar Sound System en créant le Solar Sound Musette. Ce Solar Sound particulier n’est pas présenté comme une invention mais une découverte archéologique. Cédric Carles prétend l’avoir trouvé dans un grenier rassemblant les décombres de la crise de 29 : vélos d’époque, phonographes, et ancêtres des vélos dynamos, à l’occasion de l’exposition Vivres du domaine de Chamarande (co-commissariat COAL) au printemps 2014. « Je suis convaincu que des solutions ont déjà été trouvées dans des situations comparables, il suffit de les rechercher dans le passé, lors de moments historiques parallèles au nôtre aujourd’hui, des moments de crise énergétique, comme la crise de 29. C’est ce que je nomme la paléo-énergétique. »

Dans la voie d’Eric Dussert, son alter égo en littérature ayant exhumé de nombreux écrivains dans son ouvrage remarquable Une forêt cachée, 156 écrivains oubliés, Cédric Carles démarre son nouveau chantier : ressusciter les techniques sans pétrole disparues. Ce vaste projet comprendra une publication et une exposition, ainsi que la création d’une communauté en open source, rassemblant et triant pour l’avenir, les meilleures trouvailles du passé.
Pour Cédric Carles, « la transition écologique n’est qu’une question de bon sens. Au lieu de regarder vers le ciel en attendant une formule miraculeuse – cette solution thaumaturgique risque fort d’être de la géo- ingénierie, il faut l’éviter absolument – prenons ce qu’il nous offre : une énergie en abondante, décentralisée et à faible impact. Nous avons tout en main pour démarrer, tous ensemble et faire de ce progrès un très beau moment collectif ». Play ! Party !

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Cédric Carles devant son Solar Sound Musette, domaine de Chamarande, 2014.

Alice Audouin
19 août 2014

L’agenda de Cédric Carles (sélection)

Jusqu’au 26 octobre 2014, exposition Vivre(s), Domaine de Chamarande,
30 août – 1er sept 2014 , LUSSAULT( 37 ), festival iCi même en bords de Loire
6 et 7 septembre 2014, Berges de Paris
21 septembre 2014 La Voie est Libre, à Montreuil
29-30 novembre 2014 : Art of Change 21

Liens 

http://www.solarsoundsystem.org
http://www.facebook.com/solarsoundsystem
http://www.atelier2ce.org

 

17 août 2014

J’ai testé l’upcycling

Madame Figaro m’a demandé pour son numéro du 16 août de jouer les novices et de tester l’upcycling ! J’ai inventé un événement imaginaire à partir de l’Upcycling Day que j’ai organisé en mars à Cergy-Pontoise et la fête de l’économie circulaire à Belleville organisée en mai dernier par le Festival du Vent. Je me suis inspirée de mes premiers ratés en couture lors des ateliers de l’UpcyclingDay.
Madame Figaro a tenu à ce que des noms plus « connus » de ses lectrices, comme Merci, soient rajoutés dans la version finale de l’article afin qu’elles ne perdent pas tous leurs repères 🙂
Voici ci-dessous ma version blog de l’article.
La version finale est sur le site de Madame Figaro et dans les kiosques jusqu’à jeudi. Cliquer ici.
Le dessin de l’article est de Marcel.

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J’ai testé l’upcycling !

Ressusciter, embellir, créer de nouveaux objets à partir de matériaux ou d’ objets déjà utilisés, déclassés, cassés ou jetés, quoi de plus merveilleux ? Transformer des chutes de tissus en robe, créer une lampe design avec des bouchons en plastique, un sac avec des emballages de bonbons, faire naître un bracelet à partir d’une chambre à air ou un fauteuil design à partir de carton, Cendrillon en a rêvé, l’upcycling l’a fait.

Cette pratique créative, jusqu’ici réservée aux super bricoleurs, aux nostalgiques des zazous ou aux radins, vient de passer dans les mains de la hype chic. Mon amie Hélène de la Moureyre (Bilum) s’est lancée dans l’aventure et crée désormais des sacs à partir de bâches publicitaires, de voiles de bateaux, d’air-bags, de gilets de sauvetage et même du drapeau français ! « Viens à la Fête du Upcycling, en plus il y aura cinq imprimantes 3D !» . Les geeks ont eux-aussi annexé la bonne veille récup’. Finie l’ambiance kermesse, l’élite surdiplômée s’en mêle désormais.

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Sacs Bilum

La fête de l’upcyling
Avec vingt ateliers proposés, c’est ma chance pour m’initier à cet univers. Attention, cela se prépare, on ne paye pas l’entrée mais on doit apporter son matériel, ses objets cassés ou ébréchés, ses capsules de café vides préalablement nettoyées, ses habits non portés, son matériel électronique hors d’usage, etc. Ne pouvant transporter les ¾ de ma garde robe ni les 2/3 du contenu de mes placards, je me contente d’échantillons. Me voilà avec deux immenses bagages à roulette comme pour partir vivre un an en Australie…mais je prends le métro vers Montreuil. Dès mon entrée dans le hall de la Fête de l’Upcycling, le mélange incongru d’ imprimantes 3D et de froufrous me frappe, il y a un joyeux bazar et le Tout Paris bobo semble avoir été invité.

Test d’aptitude
Pour démarrer mon initiation en toute discrétion, je choisis un atelier de création de bijoux chez Débrouille & Compagnie. Mon animatrice me montre une bague florale dont les volutes en anciennes capsules de café feraient pâlir de jalousie Victoire de Castellane. Elle me propose d’en créer une. Découper dans un dé à coudre un pétale de 2mm2 avec des pinces minuscules s’avère immédiatement au-dessus de mes forces. Un doute m’assaille. Sais-je utiliser mes dix doigts ? Je cherche dans ma mémoire ma dernière activité manuelle, c’est un paquet cadeau il y a deux ans. Je n’ai jamais joué au lego, je ne sais ni coudre, ni planter un clou, ni faire une mayonnaise, ni même brancher une box internet, je ne sais même pas rattraper un ballon et j’ai eu mon permis de conduire à 39 ans après six essais, suis-je inapte ?

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Lionel Schaeffer, Débrouille & Cie

J’annonce à mon animatrice que je crains d’avoir des doigts allergiques aux matériaux des capsules de café, montrant un début de rougeur sur mon index ayant trop forcé sur la pince, je profite de son air interloqué pour déguerpir à l’autre bout du salon. Cela tombe bien, un atelier de customisation de vêtements animé par les Gambettes Sauvages démarre. Ma veste noire, hélas inusable, est candidate. C’est parti pour le style Zazie & Diderot avec la création d’une aile d’ange en mini clous sur un poche de ma veste.  Un nuage de points abstraits en résulte. Je n’ai plus qu’a essayer sur l’autre poche pour sauver la mise. Même résultat. Ma veste est bonne pour Emmaüs, je viens de trouver le moyen de m’en débarrasser, youpi !

Café 3D
Voilà qu’apparaît enfin sur le stand de Withaa ce que je devine être une imprimante 3 D. Enfin une ! Je peux voir et toucher Martin Maker King. L’animateur me propose d’intervenir sur ma cafetière Empire en argent qui a perdu sa anse. Il va non seulement créer une anse mais d’une forme originale car « sinon ce n’est que de la réparation et non du upcyling » me dit-il. Il me propose une forme de dragon. Je me dis que Napoléon n’aurait pas dit non. Je vois sortir, couche par couche, d’un gros tube de dentifrice, un objet vert fluo. « C’est à base d’algues bretonnes ? » Non, c’est du plastique. Moi qui pensais que tout était écologique. Le vase empire avec sa magnifique anse en plastique vert fluo surgit tel un nouveau it déco. Je suis bluffée.

Upcycler à l’infini
Je sors de l’univers technique très agréable car les animateurs font tout à notre place et retourne chez les doigts de fées. Mon regard est attiré par une machine à coudre sur le stand de Sakina M’Sa. Etant donné qu’elle ressemble à mon robot ménager et que je sais déjà faire des carottes râpées, je me dis que c’est pour moi. Dans cet atelier de création de robes à partir de chutes de tissus, je demande si un foulard est envisageable. Je casse l’ambiance, je le sens. Mon animatrice me montre comment faire. Copier c’est plus facile que créer, j’ai appris ça en économie. C’est parti sur la pédale, la machine démarre à 280 km/h, cela va si vite que n’arrive pas à m’arrêter, le fil continue dans le vide, j’oublie de lâcher la pédale et je perds 65 mètres de fil en 6 dixièmes de secondes. Je prends la pause stoïque d’une employée de Lejaby licenciée depuis 2 mois et je finis l’ourlet, une séquence particulièrement périlleuse consistant à passer de 180 km/h à zéro en moins de 1 seconde avec la pédale tout en montant et descendant un loquet. Cela devient très compliqué, trop pour moi !

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Ca part trop vite !

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C’est trop dur ! Je m’effondre, heureusement, mon animatrice est là pour remonter le moral.

La styliste star de la mode éthique Sakina M’Sa vient en personne me féliciter « C’est très bien pour une première fois ! » Je me dis qu’ils sont tous gentils dans l’upcycling, car personne ne m’a encore dit que j’étais nulle.
Dans mon trajet de retour, mon hémisphère gauche reprend le dessus, je calcule que je viens d’apprendre en 5 minutes quelque chose qui aurait pu me faire économiser 17 598 euros de linge de maison et que si je m’y mettais vraiment je pourrais économiser 56 785 euros d’achats habits jusqu’à la fin de mes jours et éviter ainsi 800 kilos de déchets.
A son arrivée à la maison le soir, mon chef déco ne rate ni mon foulard « c’est un torchon ? » ni le vase hybride Empire-3D « c’est génial ! » Je n’ai plus qu’à upcycler le foulard. Et si j’en faisais deux sous verre, ou mieux encore, des confettis ?

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Illustration de l’article par Marcel

Alice Audouin
17 août 2014

Voir l’article publié (version longue) sur le site de Madame Figaro

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4 juillet 2014

Le Lexique Vert

Article écrit et publié (en version courte) pour le numéro Spécial Green de Madame Figaro paru le 5 juillet 2014.

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Le terme « écologie » aurait-il disparu de notre vocabulaire, suite à une vague anti-écolo ou une lassitude généralisée ? Découvrez les nouveaux termes verts et diffusez la green attitude dans vos conversations.

Parler d’environnement sans avoir l’air écolo, c’est possible !

Les mots en hausse

Résilience. 
On croyait ce mot réservé aux enfants ayant eu des traumatismes, mais pas du tout. La résilience est le nouveau terme green. Son équation : bonne biodiversité + faible intensité carbone = les traumatismes environnementaux feront moins de bobos. Résilience de quartiers, de villes, de pays, mais aussi de populations : la préparation face à l’épreuve de la chute des écosystèmes et du réchauffement climatique est justement la résilience. Si l’on vous demande « votre immeuble est-il résilient ? » Un petit temps de réflexion parfaitement toléré par votre interlocuteur vous permettra de calculer s’il a un compost collectif, une importante végétation, une bonne isolation, un tri optimal, un fournisseur d’énergie verte, pour répondre « oui, bien sûr »  et si vous avez eu le temps d’installer quinze éoliennes sur votre balcon vous pourrez rajouter « de plus il est à énergie positive » (il produit plus d’énergie qu’il n’en consomme). Cela veut dire que vous vivez à l’adresse la plus écolo-chic de France.

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Upcycling.
Confectionner une robe de soirée avec des chutes de tissus, fabriquer un fauteuil design à partir de deux chaises brinquebalantes, ou plus impressionnant, créer son propre mug à partir d’un pot à confiture rehaussé d’une anse en plastique fabriquée sur-mesure avec l’imprimante 3D du fab lab de son quartier, c’est upcycler, c’est-à-dire recycler mais en rajoutant de la valeur ajoutée et de la créativité. L’upcycling fait le pont entre les familles de l’art, du recylage et du DIY (Do It Yourself,). Des marques existent déjà sur ce créneau, comme Bilum côté accessoires ou Sakina M’sa côté mode, mais également des artistes, avec les sculptures de Dadave à partir de déchets électroniques ou la sculpture La Meute de Lionel Sabatté créée à partir des poussières ramassées à la station de métro Châtelet.
N’hésitez pas à utiliser ce terme au figuré. « Après avoir recyclé mon ex, je vais upcycler ma belle-soeur. »

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Bilum

COP21.
C’est la 21ème Conférence des Parties sur le Climat. Pourquoi est-ce in ? Parce que contrairement aux vingt fois précédentes, elle ne peut pas échouer  et doit aboutir à un accord mondial pour éviter 4 degrés en plus en 2100, parce qu’elle aura lieu à Paris fin 2015 et parce que la France est championne d’Europe en terme de faible émission de CO2. C’est l’opportunité de déployer notre plumage diplomatique face à 196 pays et 3000 journalistes venus du monde entier. En amont, un jeu de rôle COP IN MY CITY permet à tous de se préparer en simulant les négociations. Effet garanti : « Je vais négocier à la COP IN MY Dijon.»


Paris, terre d’accueil de la COP21

Chamanisme.
Philippe Descola, anthropologue et médaille d’or du CNRS nous a prévenu : l’Occident pose une frontière nette entre l’homme et la nature mais pas les sociétés traditionnelles, pour lesquelles humains et animaux sont de même essence et dont le chamanisme organise l’accès à cette énergie du Tout. Il n’y a rien de plus vertigineux, tendance et relié à la nature qu’un rite chamanique, qui vous porte dans l’esprit d’une forêt ou d’un jaguar. En Amazonie, mais aussi à Paris. Annoncer « J’ai un chaman. » est le nec le plus ultra. Exit le psy, mais Jung devrait s’en réjouir.


« Angry Rabbit with my own Eyes » photographie de l’Allemand Marius Hansen

Les mots en baisse

Croissance.
Plus personne n’en parle, plus personne n’y croit. Ce mot de l’économie dite linéaire est aujourd’hui remplacé par ceux de l’économie circulaire (objectif zéro déchet), de l’économie de fonctionnalité (l’usage avant la possession) et d’autres termes émergents comme économie positive, économie contributive, consommation collaborative,  qui disent tous que l’avenir économique, ça peut être plus sympa que d’attendre en vain le retour de croissance. Ils donnent aussi de quoi esbroufer pendant les conversations sur l’économie. Effet garanti « je ne suis pas une blonde » lors d’une discussion entre amis : « Notre économie peut réduire ses externalités négatives en avantageant fiscalement les matières premières secondaires.» En gros, même si ce n’est pas neuf cela a de la valeur parce que cela prélève moins de ressources.

Développement durable.
Ce terme pouvait changer le monde, réparer la planète et la rentre plus équitable, mais depuis trois ans, il lasse et fait bailler.  Faut-il s’en désoler ? Pas si l’on regarde du côté des tendances montantes chez les consommateurs :  acheter Bio ou du « second hand », rouler en vélo électrique, louer une voiture plutôt qu’en posséder une, écouter de la musique avec des énergie renouvelable, financer des entrepreneurs responsables en « crowdfunding », faire pousser ses légumes sur son balcon, partager sa perceuse ou un trajet en voiture, produire son énergie, etc. Démarrez dès maintenant en proposant pour votre prochain week-end  : « On part à Avignon avec Bla Bla Car ? »

Alice Audouin
5 juillet 2015

 

29 juin 2014

La seconde vie de l’exposition Monumenta 2014

L’exposition Monumenta 2014 démarre une seconde vie grâce au réemploi innovant et solidaire de son mobilier et de ses matériaux.

2139712475_800x533_cr Une innovation pour une exposition à fort impact environnemental. Du 10 mai au 22 juin 2014, l’exposition Monumenta 2014 L’étrange Cité d’Ilya et Emilia Kabakov a occupé la Nef du Grand-Palais sur près de 1500 m2 et a produit environ 200 tonnes de déchets (bois, peinture, crépis, moquette, mobilier, etc.) Consciente des enjeux environnementaux d’une exposition d’une telle envergure et déjà engagée sur le recyclage, la Rmn-Grand Palais a décidé d’aller plus loin à l’aide de spécialistes de l’économie circulaire et du développement durable, Alice Audouin*, consultante et co-fondatrice de l’association Coal et Renaud Attal, co-fondateur de Co-Recylage.com. Sous l’impulsion de Madame Valérie Vesque-Jancard, directrice générale déléguée de la Rmn-Grand Palais, ils ont conçu et mis en œuvre une solution novatrice au démontage de Monumenta 2014, un circuit de réemploi sur-mesure non seulement pour le mobilier (tables, bancs, bureaux d’accueil…) mais aussi les parquets, les moquettes, les moulures, les portes de l’exposition et une partie des cloisons. 10450837_10152485725932232_7773331909195035089_n Une solution solidaire vis-à-vis du secteur culturel Les bénéficiaires de ce circuit ont été sélectionnés avec la volonté de prolonger la dimension utopique et les valeurs de l’exposition. Il s’agit d’acteurs et de hauts lieux du « Do It Yourself », de la solidarité, du « Bio Hacking », de l’écologie, de l’économie sociale, de la culture et de l’open source : La Paillasse, Le Pavillon des Artistes (réseau RCube), Bâtisseurs d’Emmaüs, FreeSpace Paris, la Recyclerie, les festivals Krenchtown et WeLoveGreen, La Réserve des Arts, l’épicerie solidaire ASSECA du réseau WeArePhenix.com… Après avoir récupéré le mobilier et les matériaux de l’exposition, chacune de ces structures les réutilisera et les « upcyclera » selon ses besoins et ses envies. Dès juillet, l’exposition Japan Expo se servira des tables récupérées. Marie Schneegans de l’espace d’innovations collaboratives FreeSpace Paris, témoigne « Tous les meubles nous sont d’une grande aide. » Les acteurs du secteur culturel, que ce soient les associations, les festivals ou les artistes, sont très demandeurs de mobilier et de matériaux. Le réemploi et la réutilisation qui sont des étapes essentielles avant le « recyclage matière », permettent à l’économie circulaire d’être véritablement vertueuse. La démarche contribue à développer les principes de l’économie circulaire dans le secteur culturel, afin qu’il soit un promoteur mais surtout un acteur d’une société plus durable.

De la culture à la culture Cette action n’est pas seulement écologique et sociale, mais également culturelle. Elle prolonge l’univers symbolique et l’engagement d’Ilya et Emilia Kabakov et propose un regard inédit sur leurs thématiques de recherche. Dans leur exposition, les artistes ont mis en scène leur réflexion sur la disparition des tableaux dans la salle Le Musée Vide. Interroger l’art du point de vue de sa pérennité et de l’utilité des objets tout en ravivant les dimensions symboliques et sacrées, rejoint les préoccupations de l’écologie. Le philosophe Boris Groys commente la démarche atypique des artistes dans le dossier pédagogique de l’exposition (partie 2) : « Dans les faits, le musée ne se différencie pas essentiellement d’une décharge. Dans les deux cas, il s’agit d’une collection de choses superflues, inutiles, « mortes ». Seulement, le musée est un paradis pour ces choses mortes qui sont classées, conservées, entretenues et exposées comme objets dignes d’admiration. » Les artistes du Recycl’art, créant des oeuvres uniquement à partir d’objets récupérés comme l’artiste Anti impliqué dans le circuit mis en place pour Monumenta, répondent à leur manière à la question soulevée dans l’exposition. Les dimensions politiques et utopiques du travail d’Ilya et Emilia Kabakov continuent avec leurs « héritiers » qui défrichent de nouveaux sentiers et bâtissent une autre cité.

Renaud Attal et Alice Audouin, partenaires du démontage « responsable » de Monumenta.

* auteur de cet article et de ce blog

VOIR LE COMMUNIQUE DE PRESSE CP30JUN2014MONUMENTA

Alice Audouin 30 juin 2014

8 juin 2014

L’artiste, passeur vers la société post-carbone

Le moment est venu pour l’artiste de jouer un rôle clé face à l’enjeu du changement climatique, en témoignent l’augmentation du nombre d’artistes impliqués dans la recherche et la mise en oeuvre de solutions, les appels exprimés de la part des sphères scientifiques et la place émergente de la culture dans la politique internationale en matière d’environnement.

L’éminent scientifique Luc Abbadie (Université Pierre et marie Curie, ENS) lançait publiquement en avril dernier lors de la remise du Prix COAL Art & Environnement 2014 au Musée de la Chasse et de la Nature « Artistes, nous avons besoin de vous ! » Il révélait son sentiment d’impuissance à convaincre de l’ampleur du changement nécessaire pour limiter la crise environnementale et affirmait que les formes d’expression portées par les artistes étaient plus que jamais nécessaires « pour faire passer le message ».

Par ailleurs, le secteur culturel se trouve aujourd’hui encouragé par les plus hautes instances internationales qui plébiscitent enfin la culture comme moyen de prise de conscience et de changement. Les Nations-Unies ont voté fin décembre dernier leur première résolution sur la culture et le développement durable et le 5 mai 2014, le premier colloque onusien consacré à « prendre en considération le rôle de la culture » pour les questions de développement durable a eu lieu. (Voir http://www.aliceaudouin.com/2014/04/developpement-durable-phase-2/)

L’approche de l’artiste comme « partie prenante », thème du premier colloque sur ce sujet en France (conçu et organisé par Alice Audouin, porteuse du projet Art of Change 21) il y a dix ans, le 8 juin 2004, à l’Unesco, dépassait les notions d’objet d’art ou d’exposition, pour valoriser l’action et le rôle de l’artiste en tant qu’acteur dans la société. Aujourd’hui en 2014, les artistes contribuent à la transition écologique dans les domaines de l’agriculture, l’habitat, l’énergie, la mobilité, etc. Ils conçoivent et mettent en œuvre un nombre croissant de projets et d’actions, comme en témoignent les centaines de projets reçus chaque année par l’association française Coal. Sur l’ensemble des projets finalistes du prix Coal depuis 2010, plus de 60 % sont devenus réalité. Les artistes sont aujourd’hui du côté de la solution.

Dans le cadre des actions du MEDDE en faveur de la culture et de l’écologie, l’association COAL Art & Développement Durable a réalisé en 2011 un état des lieux international des initiatives « Art, écologie & développement durable » (voir l’étude complète sur le site de Coal).

Cette étude démontre que les initiatives culturelles « green » intègrent comme précurseurs le nouveau « logiciel » de la société pos-carbone et des approches collaboratives et citoyennes. Elles combinent trois dimensions essentielles à la société post-carbone : l’alliance des dimensions sociales et environnementales, l’approche multi partie-prenantes, et enfin une dimension anti-anxiogène et pro-active levant les verrous et les freins vis-à-vis  du changement.

Le développement durable dans toutes ses facettes est intégré à la démarche.

« Dimensions de l’action artistique »  :

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Loin d’être dans l’opposition ou le catastrophisme, l’action est orientée solution

« Objectifs des actions culturelles » :

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L’approche artistique est « multi parties-prenantes »

« Publics associés aux actions culturelles «  :


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26 mai 2014

L’ART ACTEUR DE LA COP CLIMAT 2015

Les Conférences des Parties (COP) sur le Climat existent depuis 20 ans. Ces événements internationaux annuels sont des rendez-vous de travail intensif pour les négociateurs venus de 190 pays afin de trouver une solution commune à la crise climatique. Dans ces temps forts de la diplomatie mondiale, l’art n’a, a priori, pas sa place. Or depuis la COP 15 de Copenhague, l’art s’introduit dans les COP, y compris de manière officielle. Aujourd’hui, l’art rallie la dynamique citoyenne appelant au changement pour lutter contre le réchauffement climatique. Demain, les artistes seront-ils un levier important de la transition écologique ? Une nouvelle réponse sera donnée lors de la COP 21, à Paris en 2015.

Sommet de Copenhague : un lancement officiel
Il a fallu attendre quinze COP Climat avant que l’art y prenne pleinement sa place. Le « sommet de Copenhague » de 2009 (COP 15) marque l’entrée de l’art dans l’univers des COP. Dans la programmation officielle de la conférence des Nations-Unies, l’exposition RETHINK, Contemporary art and climate change (www.rethinkclimate.orgproposait 26 œuvres d’artistes nordiques et internationaux contemporains sur le changement climatique, dans quatre espaces de la ville. Le ministre danois en charge du Climat et l’Energie a annoncé cette exposition en affirmant que « l’art peut agir comme une source d’inspiration et initier une réflexion » et l’a défendue comme « l’opportunité de voir le changement climatique dans une perspective culturelle ». L’exposition a présenté, entre autres, des œuvres de Tomas Saraceno, Henrik Håkansson, The Icelandic Love corporation, Superflex, Olafur Eliasson. Nommée « Exposition de l’année » des pays nordiques, elle a ensuite circulé dans plusieurs pays nordiques au cours de l’année suivante.
Cette exposition de grande qualité n’a pourtant pas marqué l’opinion publique et a eu une influence mineure sur les négociations, car elle était cantonnée au territoire d’un art perçu comme une niche, « l’art écologique », tandis que les ONG et les négociateurs occupaient l’ensemble de l’arène. Ce manque d’écho s’explique aussi par la trop faible relation entre les univers artistiques et les organisations représentantes de la société civile, comme les ONG.

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COP 16 : la mobilisation citoyenne devient créative
Un an plus tard, en 2010, le mouvement leader de mobilisation de Bill McKibben 350.org, habitué aux campagnes d’envergure avec des centaines d’actions dans le monde, a donné une impulsion nouvelle pour la COP 16 de Cancun au Mexique, avec 350 ART . L’initiative reposait sur une conviction de Bill McKibben : « L’art peut faire comprendre différemment de la science la menace que le réchauffement climatique représente pour notre planète. » 350 ART a délivré le premier « kit » d’actions artistiques collectives  (« Make your own climate art ») dans le cadre d’une COP. Pour la première fois, la dimension créative était clairement désignée comme moyen d’action citoyenne pour une COP. Les moyens proposés étaient : flash mobs, street art, land art, peintures murales, etc. Des guides d’action très détaillés expliquaient comment mettre en oeuvre une création collective, comme par exemple créer une sculpture à partir de nombreux objets. Mais les idées créatives étaient limitées, car il s’agissait également de faire la promotion de 350, le nombre-signature du mouvement (en référence à 350 ppm, leur objectif de réduction de CO2). Les guides s’attachaient par exemple à montrer comment utiliser 350 objets pour faire une sculpture ou comment dessiner sur une plage le nombre 350, l’art devenant ainsi le support publicitaire du mouvement. Les actions issues de cette dynamique ont le plus souvent consisté à créer de manière collective des figures de grand format, souvent visibles depuis le ciel, apportant peu d’esthétique et d’inventivité, démontrant ainsi les limites de l’action collective « inspirée par l’art » mais « sans les artistes ». L’influence de cette initiative ne fut pas plus grande qu’un an auparavant à Copenhague et n’influença pas vraiment les négociations, car elle fut avant tout perçue comme militante, finalement très similaire à une ONG.

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L’artiste peut-il sauver le climat ?  

En dépit de ces deux expériences limitées, de nombreux signes démontrent les forces de l’art en matière de lutte contre le changement climatique, en témoignent l’augmentation du nombre d’artistes impliqués dans la mise en oeuvre de solutions, les appels exprimés de la part des sphères scientifiques, ou encore la place naissante de la culture dans la politique internationale en matière d’environnement. L’éminent scientifique Luc Abbadie lançait publiquement en avril dernier « Artistes, nous avons besoin de vous ! » Il révélait son sentiment d’impuissance à convaincre de l’ampleur du changement nécessaire pour limiter la crise environnementale et affirmait que les formes d’expression portées par les artistes étaient plus que jamais nécessaires « pour faire passer le message ».  Le secteur culturel se trouve aujourd’hui encouragé par les plus hautes instances comme les Nations-Unies qui plébiscitent désormais la culture comme moyen de prise de conscience et d’accompagnement du changement et du développement. (Voir l’article Développement Durable : Phase 2)

Cette dynamique est également favorisée par l’évolution de l’art contemporain, valorisant de plus en plus la démarche par rapport à l’objet. L’approche de l’artiste comme « partie prenante », thème du premier colloque sur ce sujet en France il y a dix ans  (8 juin 2004, Unesco), permet de dépasser peu à peu les notions d’objet d’art ou d’exposition, pour entrer dans une dynamique d’action. L’image de l’artiste évolue elle aussi, à Copenhague en 2009 les artistes ont eu tendance à être perçus du côté de la contestation. Cinq ans plus tard en 2014, contribuant massivement à la transition écologique dans les domaines de l’agriculture, l’habitat, l’énergie, la mobilité, et développant d’innombrables projets : les artistes sont passés du côté de la solution.


L’oracle du papillon

Exposition, actuellement à Fribourg en Suisse (jusqu’en novembre 2014) une exposition entièrement dédiée à la réduction de CO2
20% DE REDUCTION D’ÉMISSIONS DE CO2 : mais que faire pour atteindre ce but et l’appliquer au quotidien? L’exposition présente des solutions concrètes dans les thématiques de l’énergie, de la mobilité, de l’habitat et de la consommation, permettant à chacun d’avoir un impact et de contribuer avec plaisir à cette action collective.
« Entre émerveillement et prise de conscience, les échos des visiteurs sont enthousiastes » affirme le journal La Liberté.  www.oraclepapillon.ch

COP 21 à Paris en 2015 : la carte collaborative 

Depuis la Cop 16 de 2010, les initiatives se sont multipliées et renforcées sur l’enjeu du climat. Des organisations culturelles de premier plan contribuent aujourd’hui fortement au lien entre l’art et l’enjeu climatique et témoignent d’un mouvement de fond. L’Europe, les Etats-Unis, l’Australie, les pays du Nord, sont des territoires leaders de cette dynamique. La COP 21 en 2015 à Paris est un enjeu majeur car elle est la « dernière chance » pour la négociation d’un accord « post-Kyoto », c’est un rendez-vous avec l’histoire dont les artistes sont parfaitement conscients. Ils se mobilisent actuellement pour cette COP 21, dans des approches orientées « solution ». Des initiatives sont déjà en marche, comme par exemple en Angleterre avec Invisible Dust ou Cape Farewell, ou en France, avec un projet d’exposition à Paris pendant la COP piloté par l’association COAL et le projet Art of Change 21.

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Le projet Art of Change 21 a justement pour ambition de mettre les artistes au service de l’action citoyenne afin de faire évoluer les idées d’action qui sont aujourd’hui principalement dans la sphère militante. Art of Change 21 reprend en quelque sorte l’esprit d’ART 350, mais en postulant que les actions collectives gagneraient à être conçues par des artistes et non seulement « inspirées par l’art ». Ce projet de mobilisation citoyenne rassemble les artistes, les jeunes et les acteurs du changement les plus reconnus et inventifs. En réunissant l’art, l’économie collaborative et la jeunesse, il a pour ambition de faire jaillir de nouvelles idées. Les pratiques actuelles, comme une chorégraphie géante sur une plage entre aérobic et cri primal (voir par exemple Dance for the Climate) ou l’arrêt de la lumière par les citoyens une heure par an (voir par exemple Earthour) doivent être dépassées. Imaginons un instant les idées d’actions qui pourrait naître d’un dialogue  entre par exemple Lucy et Jorge Orta, artistes champions des actions collaboratives sur les enjeux sociétaux, Neal Gorenflo, le premier animateur de la communauté de l’économie collaborative (Shareable) et Juliette Decq la directrice enjouée du programme « COP in my City » de l’association étudiante internationale Climates. Ensemble, ils seraient en mesure de définir une nouvelle forme d’action collective à la fois stimulante, transformative et esthétique.
Art of Change 21 a pour démarche « d’unir les énergies du changement pour repenser la mobilisation citoyenne, la rendre plus créative, innovante, performative et populaire, afin de mobiliser largement et susciter un changement, tant du côté de la prise de conscience que de l’envie et du plaisir d’agir. »  Il fait le pari « des cinq sens, des émotions, de l’esthétique et de l’expérience, comme moteurs du changement. »  Son objectif est de générer des actions positives à fort impact médiatique et symbolique, mobiliser un nombre important de citoyens, donner la primeur aux solutions et affirmer un goût pour le changement et l’avenir.

(www.artofchange21.com bientôt en ligne).

Alice Audouin
Initiatrice du projet Art of Change 21
26 mai 2014