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  • Le test de l’Arctique

    18 juin 2013

    Le test de l’Arctique

    L’Arctique contient de nombreuses richesses souterraines : environ 13 % du pétrole non découvert dans le monde, 30 % du gaz naturel, mais aussi du zinc, du nickel, des diamants, etc. La fonte de la banquise en été dégage de nouvelles voies maritimes et l’accès à ces ressources. Or cette zone est également très vulnérable écologiquement. Les conséquences du réchauffement climatique sur la banquise sont déjà là, de l’appauvrissement des communautés microplanctoniques (lesquelles sont justement à la base de toute la chaîne alimentaire marine) à la modification des courants et des échanges entre l’océan et l’atmosphère, en passant par l’absorption de davantage de chaleur par l’océan en été, modifiant le bilan énergétique de la planète, etc. Rémy Marion, spécialiste de l’ours polaire, estime que la dislocation de la banquise se produisant plus tôt, l’ours est forcé de jeûner, car il ne trouve plus ses proies. Les femelles, elles, perdent du poids, réduisant leurs capacités reproductives.


    Pour autant, la Norvège démarre les ventes de licences d’exploration dans soixante-douze « blocs » en mer de Barents et quatorze en mer du Nord. Les acteurs du tourisme sont également sur le pont, en dépit du risque écologique supplémentaire que produirait une forte fréquentation touristique de la zone.

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    Les assureurs inquiets
    La compagnie d’assurance anglaise Lloyd’s alerte publiquement, dans son rapport réalisé avec la
    Chatham House « Risk Insight Report 2012 », sur l’exploitation rapide de cette zone en particulier
    concernant « des grands risques en termes de dommages environnementaux, pouvant potentiellement entraîner des coûts et des assurances colossales ». Selon le blog d’information Oil Man de Matthieu Auzanneau, le directeur de la Lloyd’s, Richard Ward, exhorte les compagnies pétrolières et
    minières à ne pas « se précipiter », pour au contraire « prendre du recul et réfléchir attentivement aux conséquences» de l’exploitation des ressources du pôle Nord. Les plus grandes banques et firmes industrielles convoitent un milieu « hautement sensible » et difficile d’accès, désormais menacé par les marées noires ou d’autres types d’accidents probables, potentiellement incontrôlables à de telles latitudes, prévient la Lloyd’s. Selon Oil Man, l’agence fédérale américaine Minerals Management Service affirme qu’il existe une chance sur cinq (20% !) pour que les blocs de concession situés dans
    l’océan Arctique ou à proximité de l’Alaska soient à l’origine d’une marée noire importante au cours de leur durée d’exploitation. En cas de catastrophe, les conditions climatiques extrêmes et l’éloignement géographique sont des obstacles aux interventions de dépollution.

    Un geste de Total ?
    Total a été la première compagnie pétrolière à annoncer officiellement
    début octobre 2012 dans le quotidien économique britannique Financial Times son refus d’investir dans la zone. Le P-DG de Total, Christophe de Margerie, y explique que « les industriels devraient s’abstenir de chercher du pétrole dans ces eaux, car les risques liés à l’environnement y sont trop élevés » et qu’« une marée noire ferait trop de dégâts pour l’ image de la compagnie ». Cette position confirme le rôle de l’environnement dans les risques de réputation et les risques marché des industriels. La perception de ces derniers l’emportera-t-elle ? L’avenir le dira.

    Alice Audouin

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