Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires

22 novembre 2009

Paul Watson et Franz Kaston Florez, deux héros exceptionnels de documentaires

Le Festival du Film de l’environnement (18-24 novembre) présente cette année deux documentaires sur deux défenseurs de l’environnement exceptionnels et très complémentaires : le canadien Paul Watson (« Pirate for the Sea ») et le colombien Franz Kaston Florez (« L’Homme aux Serpents ») Ils montrent deux façons de se battre avec un courage inouï pour la biodiversité, l’une marine l’autre sylvestre. Paul Watson joue l’offensive, Franz Florez la défensive, Paul Watson défonce les barrières, Franz Flores passe entre les barrières, Paul Watson harangue, Franz Flores discute, Paul Watson est craint, Franz Florez est un inconnu, Paul Watson a un gros bateau, Franz Flores a quelques serpents, Paul Watson a une équipe complète, Franz Florez a un stagiaire de 14 ans.

1714044725Pirate for the Sea est le portrait de Paul Watson, l’ancien militant de Greenpeace, fondateur de Sea Shephered. Un documentaire malheureusement sans ambition cinématographique, mais qui met très bien en valeur les actions, la personnalité et le courage inouï de Paul Watson, le « berger de la mer », défenseur musclé des baleines et des phoques. P Waston est porteur de détermination, d’enseignement, d’humour…une saveur qui donne au militantisme ce qui lui faut en plus pour devenir de l’héroïsme. Le sien et celui de son équipage. Au départ d’une expédition un jeune bénévole annonce tous les risques de mourir…avec un magnifique sourire. Au retour d’une expédition, une scène montre le slam saisissant et musclé d’un membre de l’équipage sur le militantisme en mer, une bombe pour Eminem. Le film mobilise fortement, à la sortie du film, on veut immédiatement soutenir Sea Shephred et l’image du bénévole (déjà 3500 depuis la création de l’ONG) en haute mer dans des creux de 8 mètres, sans chauffage faute de carburant et assaillant un baleinier japonais est parée de tous les attraits.

L’Homme aux serpents : Mais Paul Watson parait vite « ancienne école » face à l’autre héros, à la fois très nu et très stratège : Franz Kaston Florez. Exit l’art de l’affrontement, bienvenu dans l’art de la négociation. En face ce ne sont pas non plus des gentils : il s’agit des guérilleros colombiens. Ici l’ambition cinématographique est présente, dans les mains du réalisateur Eric Flandin. 457444860.2Le film joue sur une forme légère, colorée, burlesque et entrainante pour faire passer tous les messages de fond. Toute l’efficacité du film tient sur un moyen très simple : un homme qui n’a comme moyens que des serpents. Des serpents dangereux. Et c’est là que le grand stratège, d’une intelligence extrêmement fine, apparait : dans sa capacité à se servir d’eux. Et cela suffit à tout dire. La forêt colombienne, restée intacte par la présence de la guérilla, est l’un des derniers lieux à pouvoir poser les questions avant l’arrivée des multinationales. Le message devient universel quand il est réellement généreux. C’est toute la force de ce film. Et sa capacité de mobilisation est immense : on a qu’une envie à la sortie, c’est de donner ses économies à la Fondation Nativa fondée par Franz et y chercher un programme de bénévole.

Entre les baleiniers japonais et les anacondas géants…il faut choisir.

www.seashepherd.fr/

http://nativa.org

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