Roman « Ecolocash, une écologie de circonstance »

21 février 2007

Roman « Ecolocash, une écologie de circonstance »

« Ecolocash, Une écologie de circonstance », d’Alice Audouin, parait aux Editions Anabet

Ecolocash-Une-Ecologie-De-Circonstance-Livre-565969717_MLParution : février 2007

« Ecolocash » fait le pari de l’humour pour montrer les difficultés d’intégration du développement durable dans l’entreprise et dans la vie quotidienne. Il cherche à rendre accessible à tous un niveau d’expertise et de connaissance des enjeux aujourd’hui l’exclusivité d’un petit monde de spécialistes.

« Ecolocash » ne donne pas d’avis mais cherche à ce que le lecteur se fasse son propre avis. Trop de livres sur le développement durable sont, selon moi, un simple « coup de gueule » (pamphlet d’indignation) ou « coup de cœur » (apologie de l’entrepreneur écolo) de l’auteur. Ce livre cherche une place à part : ne pas porter de jugement, parier sur l’humour pour favoriser la prise de conscience, placer les enjeux dans une histoire à « hauteur d’homme », au travers des aventures d’Emilie, l’héroïne.

Le texte mêle deux types de textes, le « roman » et les « fausses sources documentaires ». Ces dernières, parsemées ici et là servent à ouvrir des pistes de réflexion en écho au texte et pour certaines, sont des clins d’œil à des penseurs comme : A. Hirschmann, G. Anders, B. Charbonneau, Y. Illitch…

Quatrième de couverture : Le développement durable est une formidable opportunité de carrière. L’environnement, un nouvel eldorado. Emilie, jeune consultante en stratégie, en est persuadée. Elle n’est pas la seule. Lorsqu’une importante entreprise lui demande de conduire une mission sur la mise en place d’un nouveau marché carbone, Emilie est loin de se
douter de l’aventure qui se profile. À force de ne vouloir jouer que des coups gagnants, on finit par se
retrouver en première ligne, et pris au piège. Le monde du développement
durable n’est pas forcément ce que l’on croit : « la réponse aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures ».

Extrait : Le verdict tombe : « Ennemi de la nature ». Heureusement il reste encore la catégorie « Assassin de
la nature ». Emilie lit la condamnation de son train de vie, tout ce qu’elle doit changer ou abandonner
pour devenir le parfait cobaye de la Banque des Banques.

« Ecolocash, Une écologie de circonstance ».
Editions Anabet.
En librairie à partir du 21 février.

Plus :

Les premiers avis de lecteurs :

Très bonne surprise : drôle et caustique. Ce que je préfère ce sont les extraits qui ponctuent les chapitres. Bravo.
Rodolphe Bosselut, chroniqueur RTL

Ex-ce-llent !
Je me suis bien bien marrée !
Helene de la Moureyre, fondatrice de Bilum

Grâce à vous j’ai passé un excellent moment, votre livre est un bijou. Aucune complaisance, presque une froideur clinique dans la mise en évidence des caractéristiques des personnages, aucun jugement non plus. La comédie humaine ne vous impressionne pas. A chaque phrase se laisse deviner un univers de connaissance intime et subtile tant des enjeux que des acteurs du « développement durable » et de leurs comportements.

Eric Loiselet, pionnier de l’ISR en France

Un grand merci alice pour ton livre particulièrement stimulant
Patrick Viveret, philosophe

J’ai bien apprécié le roman d’Alice Audouin. Sur un ton humoristique, son pamphlet donne à réfléchir sur les innombrables difficultés qui s’amoncèlent lorsque nous voulons vraiment changer nos comportements. (…) Il faut donc trouver des solutions efficaces pour bouger un système complexe et pervers en évitant les actions « pipeaux » comme le souligne une collègue d’Emilie, l’héroïne d' »Ecolocash ».
Edouard Bard, climatologue

Votre analyse ironique de la façon dont le DD est appréhendé par certaines entreprises est édifiant.
Un acteur du développement durable qui souhaite rester anonyme

Un excellent petit roman qui nous a fait mourir de rire. (…) Entreprises et écologie, comment concilier les deux ? Alice Audouin souligne les difficultés d’une telle ambition en nous faisant partager le quotidien d’Emilie et les questions qui ne tardent pas à la torturer. Ce petit livre se lit d’une traite, il est bourré de clin d’oeil hilarants, bref, on vous le recommande !
Colombe (blogueuse)

C’est un roman-pamphlet très original et bien écrit: on le lit très vite, à la manière d’un roman de chick-list. Car Emilie est proche de ces filles superficielles à la Bridget Jones. Or, ce n’est pas de la chick-list mais bien un pamphlet (j’adore ce mot) qui dénonce ce marché extrêmement lucratif qu’est le développement durable. C’est évidemment beaucoup plus intelligent et profond que de la chick-list, mais surtout, ce roman bien documenté amène le lecteur (en tout cas moi!) à se poser des questions, se remettre en cause, sans pour autant forcément changer ses habitudes, malheureusement…
Une précision: Monsieur l’a lu juste après moi; j’étais un peu sceptique car je pensais que l’écriture serait un peu trop féminine pour lui mais il a beaucoup aimé et nous parlons souvent de ce livre. A lire donc, pour réfléchir, et qui sait, agir.

Sophie (tient un blog littéraire)

Les explications des « faux documents » par l’auteur

Des documents issus de blogs, livres, de lettres anonymes …rythment le livre et font écho à la partie romancée…alors vrai ou faux ?
Certains ont cru que tout était vrai et sont réellement allés surfer sur darwin-et-gaïa :-)…D’autres ont compris dès le départ que c’était inventé….bravo ! Cela étant, tout n’est pas complètement faux, dans les sens où certaines de ces fausses sources s’inspirent directement de vraies…explications :

Page 3, le courrier des lectrices..
C’est inventé, c’était seulement pour montrer les différentes façons de prendre la
chose…

Page 7 :Au poil près…
Inventé, pas de fondement sinon une intuition née à la lecture d’un article sur les mutations génétiques (mais maintenant on sait que la mutation vient du mélange avant tout), seulement un délire de science fiction, mais Nils est bien le prénom de mon frère, un mutant !

Page 20 le devoir de MBA…
Faux mais tout à fait sérieux ! une grande banque va créer une
activité biodiversité, aujourd’hui un des moyens identifiés de protéger la nature est de la financer et on parle déjà d’un marché de la biodiversité (le prix du dernier ours blanc… !). La citation de l’amérindien est vraie. On a quantifié financièrement le service rendu par l’abeille : 15 milliards de dollars par an ! La CIA va à Madagascar regarder les zones de biodiversité intactes…pour les acquérir. Le bien précieux est le lieu intacte. Demain l’or sera le coin de nature préservé. Si la production du pétrole par la terre, qui prend des millions d’années était comptabilisé (en incluant sa rareté)…et que ce soit intégré au prix…cela aurait d’énormes conséquences pour la lutte contre le réchauffement climatique (imaginons le prix de la dernière goutte de pétrole).

Page 27 plaidoirie pour Juju…
C’est inventé mais j’ai une pensée derrière. Est-on coupable si on agit vraiment pour tous ? le RC (rechauf climatique) ne crée-t-il pas une nouvelle « légitime défense » au nom de tous ?

Page 39 trajectoires marketing…
C’est inventé mais cela repose sur des tendance existantes. On le voit déjà, le produit devient plus vert, plus responsable….(enfin, quand ce n’est pas du greenwashing). Cette trajectoire démarre déjà, les produits vont devoir devenir plus responsables et donc les arguments marketing suivront dans ce sens.

Page 44 je me souviens…
Clin d’œil à Perec of course ! c’est l’idée de la nostalgie qu’il y aura à l’époque post-pétrole donc post-plastique.

Page 52 consommaction…
Inventé mais cela part d’une idée à laquelle je crois, or quand on parle de ça les gens disent « c’est du stalinisme » pourtant interdire/limiter les produits les plus nocifs est une nécessité. C’est une pensée très dérangeante, même pour les adeptes de la décroissance. Moi elle ne me gêne pas du tout car je vois son efficacité. Il ne faut pas confondre la planification centralisée (le système de l’ex URSS) et un système de limitation d’accès au marché de certains produits (cela peut passer par des « autorisation de mise sur le marché » plus strictes).

Page 59 la Crête….
Ici il y a un clin d’œil à un mouvement de « simplicité volontaire » poussé à bout, de réel retour à un seuil qui respecte la planète (une tonne de CO2, one, d’où Bellow one). Au début je parle de Geronimo, où dans ses mémoires (elles sont publiées aux Editions La Découverte) il explique qu’il ne comprend pas pourquoi la terre devrait être soumise au rendement. La pensée des amérindiens est fondamentale pour penser le rapport à la nature. Ce n’est pas un hasard si dans le documentaire « la 11 heure », deux d’entre eux sont interviewés.

Page 68 le juste prix…
Inventé mais assez proche de critiques tout à fait sérieuses. Le juste prix est très connu aujourd’hui. Il s’agit d’internaliser le coût environnemental dans le prix du produit. Intégrer les externalités négatives comme la pollution et les émissions de GES. Cela n’est pas le cas aujourd’hui, par exemple le prix d’un billet d’avion n’en tient pas compte, d’une voiture non plus. L’idée est de l’intégrer. Le moyen le lus connu est la fiscalité. Par exemple sur le pétrole. Je taxe fort le pétrole et donc le prix de l‘essence augmente, ainsi le coût environnemental de l’essence (les émissions de CO2 qui provoquent le rech climatique) est pris en compte. Si je suis tout à fait pour ces mesures, je pense qu’elle soulèvent aussi des questions que je souhaite effleurer ici. On parle auj. dans les idées du grenelle d’abaisser l’impôt sur le revenu et augmenter celui sur les énergies fossiles, pour que cela ne coûte pas trop au contribuable. Ce type de projet est en discussion et est à réfléchir en terme politique et social.

Page 74 discussion entre bloggeurs…
Tout ici est inventé mais issu d’une réflexion sur l’activisme. Certains cas sont directement inspirés de faits réels.
Baugielle a été inspiré de Rougier suite à ma connaissance de l’action de Sherpa contre eux.
Concernant l’ONG qui a dit qu’il ne fallait pas continuer le terrorisme, c’est l’ ELF (Earth Liberation front). L’ALF (Animal Liberation front) a repris leur flambeau mais sans en reteir l’enseignement final. Avec PETA, ils comptent parmi les activistes les plus proches du « sabotage ».

Page 81 Tchernobyl…
Inventé mais inspiré du livre « La supplication » de Svetlana Alexievitch, c’est un genre
cauchemar de Darwin puissance 1000 où on ne trouve pas la solution et où la notion d’héroïsme inspire la pitié.

Page 99 Japon…
Très sérieux et même très proche de sa source, un rapport que le Japon a produit sur le monde en 2050, j’en d’ailleurs ai fait un article dans ma lettre 2050. C’est très intéressant de voir comment un monde meilleur est imaginé. Et la source est la vraie : Japan for Sustainability.

Page 107 Oubli de penser…
Inspiré du philosophe Gunther Anders
D’ailleurs la source est Jim Anders ! C’est un penseur incontournable. Il faut lire un tout petit livre d’interview chez Allia « Et si je suis désespéré que voulez-vous que j’y fasse ? », pour deux paragraphes hyper importants… Il dit que notre puissance se multiplie mais que notre imagination ne suit pas, ce qui ne nous permet pas de penser à toutes les conséquences de nos actions. Il pose les fondements de la responsabilité. Il y a plein de tous petits livres de lui très forts et faciles à lire et dont je conseille la lecture.

Page 117 Les Lumières
Inventé mais fortement inspiré de deux sources, la première est le livre magistral d’Albert Hirschmann « Les passions et les intérêts », qui montre comment l’intérêt, passion jugée
inférieure et assez vile, a pris des lettres de noblesse en montrant sa capacité à pacifier les relations internationales. C’est un livre incontournable mais pas très facile à lire si pas de notion d’économie ou philo du XVIIIè. Autre clin d’œil la fameuse « fable des abeilles » de Mandeville, qui prétend que la société organisée en plein les petites mains qui travaillent pour les caprices d’une poignée de gens riches est somme toute assez bonne. Je critique bien sûr cela.

Page 132 giga-maladie…
Totalement inventé mais proche d’un mouvement minoritaire actuel que l’on peut retrouver dans la deep ecology ou même dans le pamphlet de Yves Paccalet « L’humanité disparaîtra bon débarras » : la suppression de l‘homme doit être envisagée s’il devait être vraiment nuisible. Cela renvoie aussi aux problèmes de démographie, étant absolument parallèles aux problèmes environnementaux. Clin d’œil aux carmélites également et surtout au Décameron de Boccace, un livre inoubliable qui se déroule au moment de la peste…dans de magnifiques jardins. D’ailleurs c’est Suzanne Decameron qui signe… !

Page 135 la maison brûle…
Directement inspiré du génialissime Bernard Charbonneau, d’ailleurs c’est signé André Charbonneau. Penseur incontournable, il interroge la notion de liberté et montre parfaitement comment son mauvais usage peut amener une dictature «désirée». Il faut lire absolument « Ecologie et Liberté », une introduction magistrale à la pensée de B. Charbonneau par D. Cérézuelle, ed Parangon  (assez facile à lire).

Page 144 Les femmes…
Un texte très inspiré du mexicain Yvan Illich !  Très proche d’un paragraphe de son livre « La convivialité » … sur les femmes ! Ecrit dans les années 70, ce livre est stupéfiant d’intelligence, de justesse et d’espoir (pour les femmes surtout !). Il est essentiel selon moi que les femmes se détachent du modèle des hommes et retrouvent / recréent / créent leur propre modèle. D’où la signature « Jeanne Illitch » clin d’œil aussi à la mort de celui qui porte ce nom…

Les explications des noms des personnages, par Edouard Bard, climatologue

« Les noms des personnages d’Ecolocash ne sont pas beaux : Ebelmen, Pouillet, Arrhenius, Geer, Geikie…c’est qu’ils ont leur raison. C’est le vénérable Edouard Bard qui est à l’origine des noms du livre…puisés ….dans ses travaux de recherche historiques. Et c’est bien pour cela qu’il méritait bien en remerciement de ce magnifique travail…le nom d’un personnage ! Joseph Bard, directeur des risques de Chemical Dream !
Edouard Bard, titulaire de la chaire d’évolution du climat et de l’océan au Collège de France, directeur de l’équipe de géochimie organique du CEREGE (Centre européen de Recherche et d’Enseignement des Géosciences de l’Environnement) à Aix-en-Provence livre sa réaction :
« Pour le scientifique que je suis, ce roman prend une saveur particulière car l’histoire inventée par Alice Audouin met en scène toute une série de personnages bien modernes, mais dont les noms sont ceux des plus grands héros de la climatologie (mis à part un certain Joseph Bard plutôt surpris de rencontrer ses grands Maîtres). On y retrouve donc les physiciens découvreurs de l’effet de serre (de Saussure, Fourier, Ebelmen, Pouillet, Tyndall, Stefan, Arrhenius), les naturalistes qui ont mis en évidence les changements climatiques (Agassiz, Charpentier, Venetz, Perraudin, Lyell, Geikie, de Geer) ou bien encore quelques pionniers intéressés par les glaces polaires (Dumont d’Urville, Adhémar). Ces héros de la science seraient d’ailleurs bien étonnés de se voir mêlés à un tel conflit entre écologistes intégristes et industriels manipulateurs!
Les lecteurs intéressés par les contributions de ces scientifiques du 19ème siècle pourront lire un petit article (bilingue) disponible au téléchargement sur le site web suivant:
http://www.college-de-france.fr/media/evo_cli/UPL48180_Ba…
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